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« La plus grosse tête d’affiche de l’Union saint-gilloise, c’est le club »

Par la rédaction
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Ne pas faire les choses comme tout le monde, Mathieu Fonsny (39 ans) en connaît un rayon. Le premier amour footballistique de ce Liégeois de naissance ne s’appelle pas Standard, mais Sporting d’Anderlecht. Aujourd’hui bruxellois, celui qui coprogramme le line-up du très éclectique Dour Festival depuis dix ans a récemment été conquis par l’Union saint-gilloise. Un ménage à trois incompatible ? Pas forcément.

Tu connais la phrase d’Éric Cantona selon laquelle on peut changer de femme ou de parti politique, mais pas de club de foot. Comment un Mauve comme toi peut supporter l’Union en même temps ? C’est facile, il n’y a pas de rivalité entre les deux clubs, comme c’est le cas entre Anderlecht et le Standard par exemple. Ça fait des années que je suis abonné au Sporting, et ma meuf m’a emmené à l’Union à la fin de la dernière saison en D2. Depuis, on s’est abonnés, on fait tous les matchs à domicile et quelques déplacements à l’extérieur. Logistiquement, c’est possible grâce au fait que deux clubs bruxellois ne peuvent pas jouer à domicile le même week-end pour des raisons de sécurité.

Et comment c’est possible de supporter un autre club que le Standard quand on est liégeois de naissance comme toi ? Ah ça… (Rires.) Peut-être par esprit de contradiction. En tout cas, ça a longtemps été un secret, parce qu’il y avait beaucoup de gens que ça ne faisait pas rire. Je suis né à Verviers, j’ai grandi à Spa, et dans le club de Sart où j’ai joué toute mon enfance, tout le monde était pour le Standard. Mais déjà petit, j’allais voir le fils d’un ami de mes parents qui jouait au FC Liège, le club historique de la ville que supportent les vrais Liégeois. Et puis en grandissant, avec mes potes, on s’est mis à supporter Anderlecht, parce que dans les années 1990, il y avait deux écoles : les Rouches ou les Mauves. Il y avait peut-être un fond de rébellion, je ne sais pas. En tout cas, je leur suis resté fidèle. Quand j’étais ado, on partait tous les samedis depuis Liège voir les matchs au Parc Astrid. Il n’y a que lors des quelques années où j’ai habité à Paris que j’ai suspendu mon abonnement.

Niveau public, l’Union renvoie une image populaire, tandis qu’Anderlecht a une réputation plus guindée. Tu confirmes ? On peut dire ça comme ça, même si c’est un peu plus compliqué quand on rentre dans les détails. C’est peut-être mon côté mauve, mais je suis du genre à avoir une certaine culture de la gagne et du coup, j’ai été plutôt étonné de voir une partie du public de l’Union se satisfaire de la saison réalisée après avoir perdu le titre contre Bruges, en mode : « Ah c’est déjà extraordinaire d’avoir réalisé ça ! » Pour moi, c’était vraiment hyper rageant de ne pas être allé au bout. Eux avaient l’air de trouver ça moins grave. Mais finalement, ce sont bien eux qui avaient raison. Après, peut-être que dans quelques années, si les résultats suivent, ils finiront par avoir la même réaction que moi.

Toi qui ne fais pas partie de la frange historique des supporters de l’USG, à quoi ressemble le public du club aujourd’hui ? C’est un mix de supporters fidèles qui sont là depuis des années et d’autres, comme moi, qui sont arrivés plus récemment, en surfant sur la vague de la montée en D1. Au niveau géographique, une partie est originaire de Saint-Gilles et de Forest (où est situé le stade Joseph Mariën de l’Union, NDLR), l’autre est arrivée avec la gentrification qui s’opère dans ces deux communes depuis plusieurs années, en premier lieu des personnes issues des différents milieux artistiques et des Français, qui ont envie d’aller voir le club de foot qui joue à côté de chez eux.

Et la cohabitation se passe bien ? Alors, on peut dire qu’il y a un phénomène de boboïsation du public qui s’est produit, mais ce n’est pas grave ! On vient tous pour la même chose : supporter une équipe et on ne m’a jamais fait chier parce que je n’étais pas là il y a dix ans. Il n’y a pas d’opportunisme dans la démarche. Pour faire une analogie avec la musique, ça m’emmerde les sectaires qui disent que tu ne peux pas écouter de rap si tu aimes la techno, ou que tu ne peux pas apprécier Amelie Lens parce que tu es fan d’un mec hyper deep qui mixe au Berghain. Qu’est-ce qu’on s’en fout que tu sois arrivé après ? Ce qui compte, c’est que tu vives le moment présent.

Mais malgré tout, tu comprends que cette hype en agace certains, comme lorsqu’une artiste comme Angèle s’affiche écharpe au cou lors d’un match et qu’on la présente comme supportrice du club dans la foulée ? Ça oui, je peux le comprendre. Mais en même temps, j’assume être moi-même un supporter du dimanche. Je suis tombé amoureux de l’Union, mais je reste abonné à Anderlecht. Et en toute franchise, ce que je préfère dans le foot en général, c’est aller au stade et observer ce qu’il s’y passe, peu importe où. Ce qui m’intéresse, ce sont les grands rassemblements. Et dans mon boulot de programmateur de festivals, je trouve qu’il y a une dimension sociologique très importante. En plus de Dour, je m’occupe aussi de Marsatac, à Marseille, de Fifty Lab à Bruxelles, ou encore de Peacock Society, en banlieue parisienne. Dans tous les cas, il faut savoir analyser le public qui s’y rend, ses codes et, à partir de là, lui offrir une affiche qui lui correspond. Dans le foot, c’est un peu pareil. Dès l’arrivée au stade, il y a énormément d’informations qui te parviennent et à partir desquelles tu vas pouvoir plus ou moins déterminer à quel type d’expérience tu vas assister.

Par exemple ? À Thessalonique, j’ai remarqué que les supporters du PAOK ne portent pas de matos du club, mais sont habillés tout en noir. À l’Atlético de Madrid, on retrouve beaucoup de grands-parents qui viennent avec leurs petits-enfants et il y a beaucoup moins de touristes qu’au Real. Même chose avec l’Espanyol vis-à-vis du Barça. Ce sont des petites choses, mais ça m’intéresse beaucoup de les étudier, pour comprendre les comportements d’une population donnée. Et ça, on le retrouve vachement dans les grands rassemblements. À l’Union, ce qui est marquant, c’est l’absence de grillages dans le stade, une tribune découverte, le fait qu’il n’y ait pas assez de buvettes, comme s’ils n’avaient pas anticipé le fait qu’il allait y avoir 9000 personnes tous les samedis… Et face à toutes ces situations données, les gens vont se comporter selon un certain nombre de codes, et cela, je ne l’avais encore jamais vécu auparavant. Je suis dans une logique d’observation participante, un peu comme ce que faisait Martin Parr en photo.

En fait, quand on regarde l’évolution récente de l’Union, on peut tenter un parallèle avec ce qu’est devenu le Dour Festival au fil des ans depuis sa création en 2002, non ? On peut effectivement retrouver ce passage de l’ombre à la lumière, de l’underground au mainstream, mais tout en gardant ses valeurs. Dans les deux cas, l’Union et Dour ont grandi, tout simplement, mais sans se pervertir et sans tromper leurs fidèles, juste en jouant bien. Et au niveau du public éclectique, on peut aussi tenter une analogie. Dans les festivals de musique, il y a deux tendances : les festivals unigenre, donc que hip-hop ou que électro, et les festivals multigenres. Nous, à Dour, on veut toujours avoir du reggae en même temps que de la drum’n’bass ou des grosses guitares. Et donc, on pourrait dire que c’est le collectif qui leade le festival. Dour n’a pas besoin de têtes d’affiche. Elles sont présentes sur la grande scène pour avoir des moments rassembleurs, mais c’est tout. Et à l’Union, c’est pareil : quand on regarde l’effectif, il n’y avait foncièrement pas de grosse tête d’affiche. Des gars comme Deniz Ündav, Casper Nielsen ou Kaoru Mitoma ne sont pas des stars mondiales et même s’ils ont tous eu leur moment, ils sont toujours retournés au collectif ensuite. Au même titre que la plus grosse tête d’affiche de Dour, c’est le festival lui-même, la plus grosse tête d’affiche de l’Union, c’est le club.

Pour retrouver toutes les infos sur l’édition 2022 du Dour Festival (13-17 juillet), c’est par ici !

Dans cet article :
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