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Kuyt, la bonne pêche des Oranjes

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Kuyt, la bonne pêche des Oranjes

Le véritable cador des Oranjes a un nom : Dirk Kuyt. L'homme à tout faire des Pays-Bas réussit sa plus belle campagne internationale, toujours dans le même registre : équipe, équipe et équipe aussi. Ouais c'est pas beau, et alors ?

Sa femme s’appelle Gertrude, il est physiquement à la croisée des chemins entre Sinok et Tony Vairelles, il aurait pu épouser une carrière de pêcheur au pays du gouda (3ème de la Coupe du Bénélux pour une tanche de 3,7 kilos), il kiffe jouer à MarioKart sur une DS, il a deux gestes dans sa panoplie technique –crochet droit et crochet gauche… allez mettons quatre si on compte l’extérieur et l’intérieur du pied– mais le dirty Dirk Kuyt, après Sneijder, est le grand artisan d’une Hollande pour le moment demi-finaliste du Mondial 2010. Mettez à la poubelle votre idée de la Hollande sauce Cruyff, Van Basten ou Bergkamp. Van Persie et son diktat du Big Four (modestement lui-même, Van der Vaart, Robben et Sneijder) peuvent aujourd’hui aller se recoiffer.

Pendant que d’autres pensent à leur pomme, il y en a un dans cette sélection orange qui multiplie le kilométrage (48 depuis le début de la compétition), qui se relève à chaque contact pendant que Robben en est encore à se plaindre de la dernière chatouille prise sur son aile droite, et qui remet tout simplement, à lui seul, le principe du football total sur la table : je défends et j’attaque, tout le temps et partout. Sans un Stekelenburg des grands soirs, les Pays-Bas auraient pu sombrer contre le Brésil. Et sans un Kuyt omniprésent, ils auraient aussi manqué d’un exemple pour revenir dans une partie bien mal embarquée. Contre la Slovaquie, l’attaquant-milieu-défenseur-bonne poire de Liverpool aura été le seul à surnager dans une rencontre, avouons-le, médiocre. Après l’offrande délivrée à Sneijder pour breaker la troupe de Vittek, Kuyt a même trouvé la force de poser sur son épaule le nain de l’Inter, comme un collégien “hype” met une seule bretelle (non, pas deux) de son cartable Lafuma sur l’épaule en rentrant d’un cours de SVT.

Le Kuyt d’aujourd’hui n’est certes plus le jeune Dirk des débuts qui plantait au moins 20 pions par saison à Utrecht et au Feyenoord (entre 2002 et 2006), des stats qui lui avaient ouvert les portes d’Anfield. Rafa Benitez est passé par là et a fait de cet avant-centre un ailier droit moins efficace devant la cage (une moyenne de dix buts par saison) mais “so liverpool” : une brouette d’allers-retours, des tacles de dingue, quelques buts décisifs, un maillot trempé de sueur dans la défaite comme la victoire, et les applaudissements au public d’Anfiled, aux quatre piquets de corner après chaque match. Son exemplarité est telle que son regretté de père, atteint d’un cancer, avait préféré repousser la date d’une de ses opérations pour assister à un match du fiston à Liverpool.

Dans son village natal, à Katwijk, la légende raconte même que Kuyt, dans ses jeunes années de pêche, avait sauté de son chalutier pour récupérer une ligne quasi-perdue, nageant pendant six heures à contre-courant. Ça vous pose un homme. Les envolées techniques ne sont pas pour lui et Kuyt n’est pas dupe : « Il existe des joueurs capables de changer le cours d’un match sur un geste, d’autres sont au service de l’équipe. Je n’ai aucun problème à admettre que je suis dans la deuxième catégorie » .

Oui, la hype Kuyt est peut-être en train de naître en Afrique du Sud. Bien sûr, en cas de succès batave le 11 juillet, on aura raison de faire de Sneijder un prétendant au Ballon d’Or (Ligue des Champions et Mondial dans la même saison, ça compte non ?). Bien sûr, Kuyt n’intégrera même pas le Top 10 du classement, mais force est de reconnaître que ce type-là mérite son hommage. Ça en devient triste si on le considère comme une insulte à l’héritage du beau jeu hollandais, mais c’est surtout une juste récompense pour un type qui a toujours su la fermer, se rendre indispensable pour chacun de ses coaches et jouer sur sa principale qualité : n’avoir « aucun style » dixit son ancien boss à Rotterdam, Erwin Koeman. Paroles d’expert.

[page] Le mieux, c’est encore de laisser les vidéos parler de Dirk Kuyt :

Dirk KuytFunny home videos are a click away

Par Ronan Boscher

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