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  • Crystal Palace-Rayo Vallecano (1-0)

Adam Wharton, un cristal dans la place

Par Mathieu Plasse
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Adam Wharton, un cristal dans la place

Homme du match de la finale de Ligue Conférence, Adam Wharton aura offert une performance de haut niveau pour son dernier match avec Crystal Palace. Convoité par les plus grosses écuries d’Angleterre, cela n’aura pas suffi pour convaincre Thomas Tuchel, l’ayant écarté du voyage aux États-Unis. Une hérésie, tant son style de jeu et sa maturité détonnent du reste des milieux anglais.

On a tendance à dire que les absents ont toujours tort. Mais parfois, les absents sont aussi forts. Voilà ce qui pourra être rétorqué à Thomas Tuchel. Le 22 mai, le sélectionneur allemand de l’équipe d’Angleterre a montré un talent certain pour électriser la perfide Albion, tant certains de ses choix pour le Mondial laissent à désirer. Harry Maguire à la maison, partageant un canapé pour des night sessions avec Phil Foden ou Morgan Gibbs-White.

Mais la décision la plus inique de cette liste semble être la mise à pied d’Adam Wharton, milieu de 22 ans. Une anomalie, pour celui qui était entré par la fenêtre des Three Lions à l’Euro 2024, alors qu’il n’avait que six mois de Premier League dans les pattes. Et ce n’est pas sa grande finale de Ligue Conférence face au Rayo Vallecano (1-0) qui donnera des arguments à l’ancien coach du PSG et de Chelsea.

Un partisan du bel effort

Si le grand public a découvert son talent dans l’enceinte de Selhurst Park ou mercredi soir à Leipzig, le jeune milieu de terrain s’est d’abord révélé à Blackburn, sa ville de naissance. Le tout aux côtés de son frère, défenseur central de métier, qui plus tard se distinguera par le fait de venir voir les matchs du cadet au stade… sans jamais prendre l’avion, la faute à une lourde opération au genou. Chez les Wharton, on a le sens de la famille, liée avec le sport : papa étant un joueur de cricket bien sérieux étant plus jeune, et maman étant prof d’éducation physique. Helen Wharton deviendra même la coqueluche des supporters londoniens, tant il est récurrent de la voir soutenir son fils au stade.

Faisant ses classes sous le maillot des Rovers, Adam Wharton embrassait à moitié les valeurs de la ville du Lancashire. Sur le logo du club à la rose, on peut lire dans un cadre doré « Arte et Labore » (compétence et travail en latin, NDLR). Des valeurs fortes dans une agglomération vivant grandement du textile, à l’époque de la révolution industrielle. Pourtant le milieu défensif n’avait que la compétence en lui, le travail n’étant pas vraiment son truc. « À l’école, je n’ai jamais révisé de toute ma vie, révélait-il dans le Times. Même avec ma mère sur le dos, je ne pouvais pas m’asseoir et passer le temps à lire ce que je savais déjà. » Ce qui ne l’empêchait pas de revenir avec des « A » plein le bulletin. Avec un ballon, Adam est un peu pareil. Pas besoin de passer des heures à la salle et de dominer par son bagage physique, sa qualité dans les pieds et sa compréhension de jeu suffiront. Une exception, quand on voit les bestiaux situés en pointe basse dans les autres équipes du Royaume.

Ça passe ou ça casse

Il n’y a pas que son poids sur la balance qui fait que l’Anglais n’est pas un 6 comme les autres. Quand il faut parler de précision des passes, Wharton affiche la stat’ peu probante de 79,6%. Ce chiffre le rapproche en réalité de Kevin De Bruyne du temps de Manchester City, peut-être car ils ont la même vision du football : prendre toujours plus de risques et aller de l’avant. Entraîné par Jon Dahl Tomasson et Oliver Glasner, deux adeptes du jeu vertical, le numéro 20 ne peut vivre sans scanner, trouver des solutions et opérer vers le but adverse.

Je n’en ai rien à faire des stats qui disent que je ne réussis pas toutes mes passes. Tout footballeur peut le faire s’il les envoie sur les côtés ou à ses défenseurs centraux. Si on a l’occasion de jouer vers l’avant, pourquoi on ne le ferait pas ?

Adam Wharton, cafteur

Un credo pour lui : « Franchement, je n’en ai rien à faire des stats qui disent que je ne réussis pas 100% de mes passes. Tout footballeur professionnel peut le faire s’il les envoie sur les côtés ou à ses défenseurs centraux. Si jamais on a l’occasion de jouer vers l’avant, pourquoi on ne le ferait pas ? » En d’autres termes, Wharton se comporte comme un numéro 10 sur le terrain, ou du moins fait tout en son pouvoir pour trouver un équivalent. Exemples frappants dans cette finale de C4, avec une merveille de passe pour la tête de Tyrick Mitchell dans la surface ou sa course en début de seconde période, profitant d’un pressing inexistant pour envoyer une lourde frappe, repoussée par Batalla avant de trouver les pieds de Mateta.

Pour en arriver là, cet esthète a passé des heures avec un ballon dans les pattes, mais aussi dans la tête. Comme ses notes à l’école le laissent supposer, le premier de la classe a souvent eu des réflexions sur sa force technique : « Ce qui fait une bonne passe pour moi, c’est la puissance et l’exécution. Le message que tu transmets. Si tu joues sur un ailier qui part en profondeur, peux-tu lui mettre le ballon juste devant lui ? Peux-tu faire une passe plus douce à un coéquipier quand tu veux qu’il te remette le ballon ? »

Avec autant d’or dans les chaussures, Crystal Palace pourrait se faire beaucoup d’argent l’été prochain en le vendant à un club jouant la Ligue des champions, comme le prédisait Jon Dahl Tomasson alors qu’il n’avait pas fait son entrée dans la grande ligue. Mais que les gros d’Angleterre soient prévenus, jamais le gamin aux chaussettes baissées ne trahira ses valeurs : « Je n’ai jamais voulu aller dans un plus gros club juste pour aller dans un plus gros club. Ok, tu auras un plus gros contrat mais si tu ne joues pas, qu’est-ce que tu vas faire de tes journées ? » Peut-être pour cela que Thomas Tuchel l’a laissé sur la touche, dans un monde où Declan Rice est irremplaçable et où l’ancien coach du PSG n’est pas insensible aux charmes de Jordan Henderson.

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