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Hakimi, une étoile dans la nuit

Par Paul Citron
3' 3 minutes
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Hakimi, une étoile dans la nuit

Au cœur d'une équipe parisienne très remaniée et sous une pluie constante de sifflets injustifiés, Achraf Hakimi a signé une remarquable performance malgré la défaite face au LOSC lors du Trophée des champions (1-0). De bon augure pour la suite.

Il y a des hommes qui ont le don pour se faire remarquer. Sans forcément avoir les cheveux peroxydés ou un tatouage partant de la nuque et descendant jusqu’au bas du dos. Achraf Hakimi fait partie de ceux-là. À 22 ans, le latéral droit passé par le Real ou encore Dortmund ne cesse d’attirer la lumière et les regards. Malheureusement pour lui, ce dimanche à Tel-Aviv, ce sont les supporters du Bloomfield Stadium qui l’ont vu en premier. Et qui lui ont fait comprendre qu’il n’était pas le bienvenu en Israël, en le sifflant allègrement dès qu’il touchait un ballon de la première à la dernière minute. La raison ? Un tweet datant de mai dernier où l’international marocain avait exprimé son soutien à la cause palestinienne en relayant le hashtag #FreePalestine. Rien de plus, et surtout rien qui ne justifiait un tel traitement. Car sportivement, Hakimi a impressionné son monde et notamment les spectateurs qui daignaient faire passer le sport avant le reste. Durant quatre-vingt-dix minutes, il a rappelé aux supporters parisiens qu’avoir un latéral droit de qualité pouvait faire avancer les choses dans le bon sens.

Titi Hakimi

Il faut dire que le système de jeu parisien convenait merveilleusement pour pouvoir laisser s’exprimer le tourbillon marocain. Un 4-3-3 qui s’avéra rapidement devenir un 3-4-3 en possession du ballon, avec la montée d’Abdou Diallo positionné à gauche, et celle d’Hakimi dans le couloir droit. Après dix minutes, dès que Paris a assis sa domination et gardé le contrôle du ballon, le Marocain s’en est donné à cœur joie au bord de la ligne de touche du Bloomfield Stadium. Des allers-retours en veux-tu en voilà, des centres à répétition, un petit pont en prime sur son vis-à-vis Jonathan Bamba : arrivé il n’y a même pas un mois dans la capitale et orphelin d’un onze type qui va le faire briller davantage, Hakimi est déjà une évidence.

À tel point qu’en conférence de presse, Mauricio Pochettino s’est permis de souligner la performance de son nouveau poulain : « Oui on a parlé des sifflets, du fait qu’il devait rester concentré sur le match et c’est ce qu’il a fait. Il est resté concentré, sa performance a été bonne (…) C’était son premier match officiel, il a encore beaucoup à prouver. Lui et l’équipe doivent encore s’améliorer. Mais je pense qu’il a été très bon, que ce soit dans le comportement ou dans sa performance » De là à devenir rapidement le nouveau chouchou du technicien argentin, il n’y a qu’un pas.

Pas de temps mort

Ce qui a sans doute plu à Pochettino, c’est ce pourquoi Paris a tant misé (60 millions d’euros, quand même) sur Hakimi : à l’inverse de la plupart de ses coéquipiers, le jeune latéral n’a jamais semblé faiblir au cours de la rencontre. Une répétition des efforts déjà importante qui a fait de lui un danger permanent sur son couloir droit pour la défense lilloise. Une activité qui n’est pas sans rappeler celle déjà aperçue sous Antonio Conte, à l’Inter l’an dernier – après avoir pris quelques semaines pour se mettre au niveau des exigences du Mister -, où il avait terminé la saison de Serie A sur les chapeaux de roues en se montrant à cinq reprises décisif sur les neufs dernières rencontres de championnat (un but, quatre caviars délivrés).

Son profil de contre-attaquant dévoreur d’espaces sera encore plus visible lorsque l’équipe sera au complet et que son couloir droit lui sera entièrement confié, alors qu’il était reproché à Paris la saison dernière de trop souvent passer dans l’axe. En attendant, le club parisien peut se réjouir d’une chose : après avoir enfin mis le paquet sur un latéral droit plutôt que sur un énième joueur offensif de renom, il ne semble pas s’être trompé.

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Par Paul Citron

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