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Sunny Anderson

Nathan Beaufils
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Sunny Anderson

Il a failli jouer pour l’Écosse, n'évolue pas dans un club du Big Six et a éclos tardivement. Elliot Anderson, l’un des titulaires des Three Lions les moins connus, attire Manchester City qui serait prêt à débourser 140 millions d’euros pour lui. Ce n’est pas son début de Mondial en boulet de canon qui fera baisser la note.

Au pays de Jordan Henderson et de Billy Elliot, il en est au carrefour. Si vous pensiez que le premier dansait encore dans le milieu de terrain des Three Lions à 36 ans face à la Croatie, détrompez-vous, il s’agissait d’Elliot Anderson. L’ancien capitaine de Liverpool était bien sur le banc, laissant le soin au milieu de Nottingham Forest d’inscrire son nom dans l’esprit de tous ceux qui avaient un doute. En ouverture de son Mondial, le titulaire en puissance a notamment délivré une magnifique passe décisive pour le 3-2 et gratté 8 ballons. Symbole de son hyperactivité : un sprint de 50 mètres à la 88e minute, alors que son équipe menait déjà de deux buts.

Il est très physique, a un grand volume, est très précis, donne des passes propres : c’est un bon mélange.

Thomas Tuchel

Ce milieu, qui se décrit capable de jouer « 6, 8 ou 10 », fait les trois en même temps. Il presse et se projette, récupère et distribue, à l’image de son premier match de Coupe du monde. « Il est très physique, a un grand volume, est très précis, donne des passes propres : c’est un bon mélange », disait Thomas Tuchel au moment de la première sélection du gamin du Tyne and Wear en septembre 2025.

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Neuf mois plus tard, Elliot Anderson est le meilleur récupérateur de l’ère du coach allemand, avec 78 ballons chipés, soit 51 de plus (!) que son binôme du milieu, Declan Rice, le tout avec moins de temps de jeu. Statistiquement, il est une anomalie, une licorne que le football moderne s’arrache. Cette saison, dont il a raté 70 petites minutes de Premier League, il est le joueur des cinq grands championnats à avoir récupéré le plus de ballons, gagné le plus de duels, provoqué le plus de fautes. Parmi les milieux de terrain, il a réalisé le plus de passes qui cassent des lignes et le plus de courses de pressing à haute intensité.

À un petit match de ne jamais pouvoir jouer pour l’Angleterre

Un début d’idylle avec l’Angleterre qui aurait pu ne jamais arriver. En 2018, le garçon qui a grandi à Newcastle est appelé par les U16 de l’Écosse, possible du fait de la nationalité de sa grand-mère. Viennent ensuite les U17, les U21, et les A en août 2023. Avant de disputer son premier match avec la Tartan Army, Elliot Anderson se rétracte et quitte le centre d’entraînement à quelques jours d’une échéance qui l’aurait rendu inéligible à jouer pour une autre nation. « J’avais besoin de plus de temps pour vraiment prendre ma décision, je ne voulais pas plonger la tête la première dans quoi que ce soit », livrait-il au Guardian en septembre dernier. « Je suis anglais, sans aucun doute. C’est là que je me sens chez moi. Simplement, je n’avais jamais vraiment été sélectionné en équipe d’Angleterre quand j’étais plus jeune, alors j’ai pensé saisir l’opportunité de jouer pour l’Écosse. Puis, une fois que j’ai eu la conviction d’être assez bon pour jouer en Angleterre, ça m’a frappé de plein fouet et je me suis concentré sur l’Angleterre. » La suite, c’est un coup de foudre de Thomas Tuchel en août, un premier date en septembre, et une officialisation en tant que titulaire à la Coupe du monde en juin.

Sur quoi les gens se trompent le plus à ton sujet ? Ils écrivent mon prénom avec deux T.

Elliot Anderson, avec deux L et un T

S’il a tout pour plaire sur le terrain, se faire un nom en dehors est plus complexe pour l’un des meilleurs milieux de Premier League. À la question « Sur quoi les gens se trompent le plus à ton sujet ? », le milieu de terrain n’hésite pas une seconde : « Ils écrivent mon prénom avec deux T. » En plus d’un patronyme quelconque, il n’a pas la belle gueule de Jude Bellingham, le charisme de John Stones ou le flow de Noni Madueke. Même son frère, Wil, a plus de renommée dans le showbiz british. Candidat de la téléréalité Love Island (L’Île de la tentation en VF), le jeune homme tatoué s’affiche au volant de grosses voitures, dents blanches comme neige, muscles saillants et désormais boxeur, aux antipodes du benjamin des Anderson. L’un des huit joueurs de l’effectif anglais à ne pas avoir porté les couleurs d’un club du « Big Six » de Premier League est aussi le 5e le moins suivi sur Instagram, juste devant le troisième gardien.

« On le compare à Paul Gascoigne, il a ça en lui »

Son manque de popularité peut s’expliquer par une éclosion tardive liée à un début de carrière au ralenti. Ce jeune de Wallsend Boys Club, comme Alan Shearer (63 sélections), Peter Beardsley (59) et Michael Carrick (34), a d’abord réalisé son rêve en rejoignant les rangs du centre de formation de Newcastle, le grand club de sa région. Mais à 19 ans, il ne compile que 3 minutes en Premier League. Envoyé en prêt à Bristol Rovers, il crève le tout petit écran de la 4e division anglaise. « Il est celui qui nous a fait monter, se souvient Glenn Whelan auprès de la BBC, alors coach joueur et ancien international irlandais (91 sélections). Il a un style un peu à l’ancienne, dans sa façon de manier le ballon. Vu d’où il vient, on le compare à Gazza [Paul Gascoigne] ; il a ça en lui. »

De retour à Newcastle, l’Anglo-Écossais peine à faire sa place jusqu’en 2023-2024, où il gratte enfin du temps de jeu, à 21 ans. Assez pour l’envoyer à Nottingham Forest contre un pactole de 41,2 millions d’euros, pour rentrer dans les clous des règles de rentabilité et de durabilité de la Premier League. Pas destiné à partir, le fan de Kevin De Bruyne relativise aujourd’hui : « Dans la carrière d’un joueur, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Quitter sa ville natale est une étape importante. C’était absolument nécessaire pour moi et ça s’est avéré très bénéfique. » Deux saisons pleines plus tard, son nom est le premier à être coché par les quatre entraîneurs successifs du club demi-finaliste de Ligue Europa en 2025-2026. Si bien que son club peut se permettre de refuser une offre de 138,5 millions d’euros (dont 16 de bonus) de la part de Manchester City selon la BBC, bien au-delà du montant record pour un joueur anglais, détenu par Declan Rice à Arsenal (121 millions d’euros en 2023). Avec un Mondial qui risque de ne faire qu’augmenter sa cote.

En direct : Angleterre - Ghana (0-0)

Nathan Beaufils

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