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Allemagne jacta est

Par Julien Duez, à Munich

Pour la première fois depuis 18 ans, l’Allemagne accueille un tournoi international sur son sol. Entre une Nationalmannschaft qui ne fait plus peur à grand monde et une société complètement polarisée, le pays fait face à de nombreux défis. Auf geht’s vers l’aventure !

Allemagne jacta est

Avant le dernier match de préparation de l’Allemagne, disputé face à la Grèce le 7 juin à Mönchengladbach, Julian Nagelsmann rappelait « la célèbre loi de la répétition générale » qui devrait, selon lui, « foirer », pour espérer réussir son tournoi dans la foulée. « J’ai dit à mon équipe que cette loi était abrogée », plaisante le sélectionneur. Mais au vu du résultat (victoire ric-rac 2-1) cumulé à une grosse boulette de Manuel Neuer sur l’ouverture du score de Yórgos Masoúras, faut-il en conclure que cette répétition générale a foiré ? Pas sûr. Quoi qu’il en soit, au moment d’affronter l’Écosse ce vendredi en ouverture de son Euro, la Nationalmannschaft ne roule pas spécialement des mécaniques : « L’Écosse est très désagréable à jouer. C’est une équipe très forte physiquement, qui défend de manière compacte et qui joue ensuite très bien en contre, analyse Toni Kroos en conférence de presse. Nous sommes avertis, car c’est le genre d’adversaire avec lequel l’équipe nationale a eu beaucoup de mal ces derniers temps. » Une modestie loin d’être fausse et plutôt bienvenue car, comme le rappelait le futur ex-milieu du Real Madrid, « le dernier match d’ouverture qu’on a gagné, c’était à l’Euro 2016 », contre l’Ukraine (2-0), et l’Allemagne avait alors terminé sa campagne de France dans le dernier carré face aux Bleus (0-2). Depuis, les démarrages en tournoi international se sont résumés à des calages : 0-1 contre le Mexique en 2018, 0-1 contre la France en 2021 et 1-2 contre le Japon un an plus tard. Avec les résultats finaux que l’on connaît.

Ceux qui n’ont pas joué les derniers tournois ne sont pas désavantagés. Ils peuvent aller à l’Euro sans complexe.

Toni Kroos

Pourtant, depuis la prise de fonction de Julian Nagelsmann en remplacement de Hansi Flick, limogé en septembre dernier, le moteur de la Nationalmannschaft semble ronronner de nouveau. Après des débuts chaotiques (succès anecdotique face aux États-Unis, match nul face au Mexique, défaites face à la Turquie, puis l’Autriche), l’ancien Wunderkind des bancs de touche allemands a changé son fusil d’épaule et a choisi de ne sélectionner que les meilleurs du moment, quitte à s’entourer de joueurs inexpérimentés à l’échelon international. Une stratégie risquée, mais qui a payé lors de deux amicaux particulièrement relevés contre la France (2-0), puis les Pays-Bas (2-1). « Ceux qui n’ont pas joué les derniers tournois ne sont pas désavantagés. Ils peuvent aller à l’Euro sans complexe », croit savoir Toni Kroos. Et le grand public de désormais faire connaissance avec des personnages tels que Deniz Undav, Maximilian Beier, Robert Andrich ou Robin Koch, venus rajeunir et surtout rafraîchir le groupe dans lequel Thomas Müller, Antonio Rüdiger, İlkay Gündoğan et Manuel Neuer font toujours office de tauliers bien en place. Dans le duel pour les bois qui l’oppose à Marc-André ter Stegen, ce dernier, malgré sa bourde face à la Grèce, a toute la confiance de son sélectionneur qui refuse d’entendre parler d’un quelconque débat : « Lorsqu’une erreur se produit, c’est facile de dire que c’est la faute de Manu. Mais finalement, c’était un enchaînement d’erreurs. Il a fait trois bons arrêts, tout va bien », tranchait Nagelsmann sur RTL après la rencontre.

Union fragile

Tout va bien, mais peut-on en dire autant du pays hôte ? Au lendemain du 9 juin, l’Allemagne s’est réveillée avec une gueule de bois similaire à celle de sa voisine française. Lors du scrutin européen, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) a en effet terminé en tête dans tous les Länder de l’ex-RDA et deuxième à l’Ouest, derrière les conservateurs de la CDU. Au total, ce sont près de 16% des électeurs qui ont fait confiance à un parti aux antipodes de l’esprit que souhaite insuffler le directeur de l’Euro Philipp Lahm : tolérance, diversité et sens de l’accueil. Autant de mots-clés qui ont caractérisé le Mondial 2006, vécu après coup par le pays comme un Sommermärchen, un conte d’été (où le beau temps a joué un rôle non négligeable) lors duquel les Allemands s’étaient réconciliés avec le sentiment de fierté nationale sans arrière-pensée et avaient accueilli les supporters étrangers à bras ouverts.

Dix-huit ans plus tard (eh oui, déjà !), une chaîne de télévision régionale a récemment publié un sondage dans lequel un cinquième des 1304 interrogés souhaitaient plus de blancs en équipe nationale et 17% jugeaient dommage que le capitaine (İlkay Gündoğan) ait des origines turques. Un signe que les temps changent ou la révélation au grand jour d’un sentiment jusqu’alors caché sous le tapis, c’est selon. Quoi qu’il en soit, la chose a fait bondir Joshua Kimmich, lequel, en conférence de presse, a jugé « ultra-contreproductif et absurde de poser une telle question lorsqu’il s’agit d’unifier le pays. » Son sélectionneur Julian Nagelsmann a quant à lui évoqué une « folie » et souhaite désormais « ne plus jamais devoir lire un tel sondage de merde ». Ainsi commence le championnat d’Europe de l’Allemagne, entre volonté de ne pas être ridicule à domicile sur le terrain et espoir de réunir un pays toujours aussi divisé, tant géographiquement que politiquement. Le tout dans un contexte de récession, inhabituel pour la locomotive économique du Vieux Continent, même si, maigre consolation, l’UEFA planifie déjà des retombées à hauteur d’1,7 milliard d’euros, soit 25% de plus qu’à l’Euro 2016. « Je pense que nous vivrons une grande joie pendant ce tournoi à domicile, conclut, optimiste, la ministre fédérale de l’Intérieur Nancy Fraeser sur les ondes de la radio Deutschlandfunk. Et je crois aussi que c’est important pour les gens de vivre de tels évènements chez eux, pour se réjouir, se distraire et vibrer ensemble. » À condition de ne pas se foirer lors du match d’ouverture, évidemment.

Par Julien Duez, à Munich

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