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Euro 2022 : Mais pourquoi les Français se déplacent aussi peu ?

Par Julien Duez, à Sheffield et Rotherham, et Gabriel Joly
Euro 2022 : Mais pourquoi les Français se déplacent aussi peu ?

Alors que Rotherham voit déferler une marée orange désormais indissociable des rencontres des Néerlandaises, les supporters français brillent par leur discrétion. À l'heure d'un France-Pays-Bas décisif dans cet Euro 2022, le match des tribunes semble déjà (ou encore une fois) perdu. On passe ce bagage culturel au scanner.

23/07/2022 à 21h
Euro 2022
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Assis devant sa pinte de Barnsley Bitter au comptoir d’un pub de fans de Sheffield United en face de Bramall Lane, Jimmy attend patiemment le coup d’envoi du match entre la Suisse et les Pays-Bas, décisif pour la qualification en quarts de finale. « Je viens de Preston, à environ deux heures de Sheffield. Au mois de janvier, j’ai pris des billets pour l’Euro sans réfléchir. Pour moi qui suis supporter de Blackburn, assister à des matchs des féminines, c’est quelque chose de nouveau, et je me suis dit que je devrais le faire plus souvent. » Volontairement, Jimmy a évité les rencontres des Three Lionesses, préférant assister à des matchs de nations continentales « pour voir comment leurs supporters se déplacent ». Ce dimanche après-midi, il n’est pas déçu : réunis trois heures avant le coup d’envoi sur Devonshire Green, dans le centre-ville de Sheffield, 1500 supporters néerlandais se chauffent comme à leur habitude. Au menu : musique de kermesse, bière et orange à gogo. Le tout dans une ambiance familiale, « bien plus que chez les hommes », confie une mère de famille venue spécialement depuis Zandvoort. Depuis 2017 et l’Euro organisé aux Pays-Bas, leurs rassemblements pré-match sont devenus des rendez-vous immanquables, pour eux comme pour les locaux. « Avec nos enfants, on a été scotchés par l’atmosphère avant Pays-Bas-Suède, se souviennent Jack et Mary, un couple de Sheffieldiens. Du coup, ils nous ont demandé d’acheter des places pour le prochain match à Bramall Lane, juste pour pouvoir participer à la fête en ville. On ne parle pas néerlandais, on n’est pas habillés en orange, ma fille porte même son maillot de l’Angleterre, mais ça ne change rien au fait qu’on est super bien accueillis. Alors « hup Oranje, hup » », lâchent-ils, fiers d’avoir retenu ce slogan typique des supporters bataves.

Les Néerlandais sont très patriotes et ils aiment le faire savoir. C’est pour ça qu’on s’habille tous en orange.

Eva, une supportrice suissesse qui réside en Angleterre, participe à la fête elle aussi. Elle tient à le souligner : son maillot de la Nati ne lui a valu aucune animosité des « locaux ». Venue avec un groupe d’amis pour l’occasion, elle regrette que sa fédération n’ait pas autant mis les moyens pour que les Suisses aient également le droit à leur party. « Quelque part, je crois qu’on est juste moins organisés qu’eux. Moi, je suis venue un peu par hasard parce que je n’habite pas très loin de Sheffield, mais si j’étais encore en Suisse, je ne suis pas sûre que j’aurais fait le déplacement. » Et voilà : l’argument culturel est lâché. « Oui, je crois que c’est vraiment dans notre ADN de nous déplacer en masse, pose ce jeune joueur de grosse caisse, venu avec sa fanfare de Zutphen, à 30 bornes d’Arnhem. Moi, j’ai pris sur mes congés annuels, on est beaucoup dans ce cas-là. Les Néerlandais sont très patriotes et ils aiment le faire savoir. C’est pour ça qu’on s’habille tous en orange. C’est un symbole national qui a aussi l’avantage d’être très visible », analyse-t-il avant de retourner battre la mesure pendant que ses camarades trompettistes entament une reprise de Give It Up, le tube de KC & The Sunshine Band, sur lequel les supporters chantent le nom de leur numéro 10, Daniëlle van de Donk.

Les fameux mauvais élèves de l’Europe

À une heure du coup d’envoi, le cortège se met en branle derrière le célèbre bus à impériale orange qui a fait tant parler de lui lors du Mondial 2019. Anglais et Suisses marchent côte à côte au rythme des morceaux de schlager enchaînés par le DJ. Les premiers rangs agitent des drapeaux néerlandais distribués par les organisateurs qui s’assurent pour leur part de la sécurité de la colonne, sous l’œil amusé des Bobbys locaux, lesquels n’ont pas beaucoup de travail à fournir, tant les choses se déroulent sans incident. Propriété du groupe de supporters Oranje Fans, le bus, en circulation depuis 2004 et qui accompagne les féminines depuis 2017, constitue un supplément d’âme aux fan zones qui, elles, sont animées par la fédération, à travers sa branche supporter, baptisée Ons Oranje. Sur son site, on retrouve toutes les informations pratiques à destination des fans, depuis la marche à suivre pour se procurer des billets jusqu’à l’itinéraire de la fan zone au stade. Une page dédiée indique même un numéro WhatsApp pour contacter un interlocuteur en cas de problème. Pratique pour obtenir rapidement de l’aide dans sa langue. En tout cas, une telle organisation donne aux supporters le sentiment d’être partout chez eux.

Les investissements qui sont faits par les autres fédérations, je ne les ai pas vraiment vu du côté de la FFF. J’ai reçu deux-trois mails en amont de la compétition pour nous prévenir qu’il y avait l’Euro féminin à cette date, mais c’est tout.

Raymond* en serait presque jaloux. Pour ce suiveur « de toutes les équipes de France », manquer l’Euro en Angleterre n’était pas une option : « J’ai pris une semaine, j’ai vu quatre matchs et j’ai visité quatre villes et ça m’a coûté 500 euros tout compris. Pour l’Angleterre, c’est réglo. Donc quelque part, si on veut, on peut ! D’ailleurs, il ne faut pas trop noircir le tableau : les Français, quand ils peuvent venir, ils viennent. Ici, j’ai vu plein de jeunes qui ont profité de l’Euro féminin pour s’offrir un voyage. C’est ça qui fait le charme des grands tournois. » Sauf qu’avant le match France-Islande, il est venu seul et a retrouvé des compatriotes une fois sur place. On est donc loin de l’Oranjegekte, la folie orange caractéristique des Néerlandais que les Bleues devront aussi affronter ce samedi. Mais pour Raymond, rien d’étonnant à cela, puisque la raison est avant tout culturelle. « Lors de l’Euro 2017, la fédé avait fait appel à son voyagiste habituel pour affréter quelques cars pour les matchs de poule. À Tilburg, avant France-Islande, il y avait 3000 Islandais face à nous en ville. Ça fait quelque chose… Depuis l’Euro 2016, ils se déplacent énormément, sans faire la distinction entre les équipes masculine et féminine, comme on l’a d’ailleurs vu avec les Néerlandais et les Suédois, les deux plus gros contingents de supporters de cet Euro. Chez nous, la fédé n’a pas vraiment capitalisé sur le Mondial 2019 qui était pourtant un énorme outil marketing, comme aux Pays-Bas deux ans plus tôt, et aujourd’hui, on voit bien la différence entre les deux », analyse le supporter. Justement du côté des groupes officiels, les fans français regrettent que la FFF n’ait pas pris la compétition à bras-le-corps. « Les investissements qui sont faits par les autres fédérations en matière d’image et de personnels sur place, je ne les ai pas vraiment vus du côté de la FFF, relève Guillaume, membre du bureau des Irrésistibles Français (IF). J’ai reçu deux-trois mails en amont de la compétition pour nous prévenir qu’il y avait l’Euro féminin à cette date, mais c’est tout. On n’a pas eu de campagne médiatique menée par la fédé pour promouvoir l’événement. »

Supporter sans soutien

La 3F donnerait-elle dans le service minimum ? Une habitude selon Raymond qui se souvient encore du quart de finale de 2017 face à l’Angleterre disputé un dimanche soir à Deventer : « On était 200, dont une cinquantaine d’IF, ce qui n’est pas mal quand on sait que la plupart devait bosser le lendemain. Mais on a dû s’organiser sans la fédé qui, de mémoire, avait eu un problème avec son prestataire pour la location des cars. Apparemment, ils étaient trop chers. Il a donc fallu louer des J9 et organiser des covoiturages nous-mêmes, alors que c’était quand même un match hyper important ». « Il y a un problème d’organisation, renchérit Richart Farjot, président du groupe de supporters des France Ang’Elles. En 2017, les Danois eux arrivent en camion, dressent des tables et les supporters viennent récupérer les billets facilement sur place. C’est une autre mentalité. »

Au moins, on est là pour faire des blagues.

Sans surprise, Raymond estime que le changement doit d’abord venir d’en haut : « De mon point de vue, il y a des gens dans la cellule marketing de la FFF qui pensent que l’équipe de France, c’est une marque qui va rouler toute seule. Mais dans d’autres fédérations, ils bossent de manière plus proactive, en se renseignant sur ce que veulent les supporters et comment ils peuvent le leur apporter. » Et de citer en exemple les référents-supporters (SLO) qui font le lien entre les fans et les instances, histoire que la fête soit plus belle pour tout le monde. Obligatoires en Ligues 1 et 2 depuis la Loi Larrivé de 2016, ils seraient inexistants en sélection, obligeant ainsi certains supporters à remplir cette tâche bénévolement. Parfois, pour éviter le pire : « Lors de l’Euro 2020, il était prévu que le cortège des Français suive le même itinéraire que celui des Hongrois à Budapest, se souvient Raymond. Mais c’est complètement irresponsable et ça aurait vraiment pu mal se terminer ! Il faudrait donc engager quelqu’un qui connaisse vraiment le milieu des supporters. Je sais que les IF essayent de faire bouger les choses avec la FFF, mais il y a très peu de retours de leur part. Ils se cachent derrière leurs problèmes financiers pour dire que ce n’est pas possible. »

Les stades en Angleterre ne font pas rêver. On a des Français qui pensaient que les Bleues jouaient à Rotterdam aux Pays-Bas tellement Rotherham, c’est paumé.

Places de choix

Les finances, c’est justement l’argument principal des différents groupes de supporters français pour expliquer leur absence en Angleterre à l’occasion de cet Euro. Car outre les questions sanitaires, notamment l’apparition du variant Delta en Angleterre qui a refroidi certains au moment de l’ouverture de la billetterie, et les galères administratives nouvelles liées au Brexit, le fait que les supporters membres de certains groupes doivent assumer individuellement les coûts engendrés par le voyage, sans aide de la fédération, n’a pas aidé à les motiver. « On est sur une année de Coupe du monde masculine, qui plus est au Qatar. Se rendre en Angleterre au mois de juillet aurait fait un double investissement, de temps et financier pour beaucoup de fans, donc certains ont fait leur choix, explique Guillaume pour les IF. Ces compétitions n’ont d’habitude pas vocation à se chevaucher sur la même année. Le décalage de la compétition pour cause de Covid a contraint beaucoup de supporters à changer leurs plans. » Même son de cloche du côté des France Ang’elles, pourtant focalisés exclusivement sur les équipes de France féminines. « Ce sont des coûts financiers très importants et sans aucune aide. Pour la section féminine, la fédération ne prend rien en charge, que ce soit en matière de coûts de déplacement, de logement ou de matériel, donc avec la crise actuelle, les supporters ont préféré se rabattre sur d’autres activités, détaille Richard Farjot. Aux France Ang’elles, on a un groupe qui va partir presque un mois pour la Coupe du monde 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande. À un moment, on a aussi dû faire un choix parce qu’un Euro et un Mondial coup sur coup, ça fait trop d’argent à sortir en peu de temps. C’est possible qu’il y ait plus de monde là-bas qu’en Angleterre. »

Et quant à savoir pourquoi tous les groupes ont privilégié les Coupes du monde masculine et féminine, l’environnement local explique en grande partie l’affaire. « Les stades en Angleterre ne font pas rêver. On a des Français qui pensaient que les Bleues jouaient à Rotterdam aux Pays-Bas tellement Rotherham, c’est paumé. En matière d’accès et de logement, c’était assez cher d’ailleurs parce que comme c’est petit, tout était déjà booké sur place. C’est vrai que si on avait pu visiter Anfield ou Old Trafford, cela aurait sûrement été différent, juge l’Irrésistible Français. La disparité de niveau entre les équipes joue aussi. Avant les quarts de finale, il n’y a pas vraiment de suspense. L’enjeu sportif quasi nul ne favorise pas à la décision, alors lorsqu’on hésite à s’y rendre. En bref, c’est tout un tas de petits facteurs négatifs qui fait qu’on ne s’y retrouve pas. » Si le contingent français ne devrait pas être vraiment plus élevé au New York Stadium de Rotherham ce samedi pour le quart de finale des Bleues contre les Pays-Bas, France Ang’elles et IF comptent se déplacer en cas de qualification en demi-finales contre l’Allemagne. Reste à savoir si cela sera suffisant pour que les filles de Corinne Diacre se sentent enfin à domicile.

Jackie Groenen, un numéro 14 peut en cacher un autre
Dans cet article :
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Par Julien Duez, à Sheffield et Rotherham, et Gabriel Joly

Propos des supporters sur place recueillis par JD, ceux des membres de groupes officiels par GJ.
Photos : JD & Iconsport.
* Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.

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