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Et l’Italie redevint l’Italie

Par Andrea Chazy
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Et l’Italie redevint l’Italie

Dans l'incapacité de développer le jeu offensif et emballant auquel elle avait habitué son audience, face à une Espagne bien plus forte qu’elle dans l’utilisation du ballon, la Nazionale a dû partiellement renoncer à sa ligne directrice du moment pour se hisser jusqu’en finale de l'Euro 2020. En misant sur des valeurs historiques, forcément.

Depuis le coup d’envoi de cet Euro 2020, cette Italie nous avait habitués aux strass et aux paillettes. Dans la lignée de ce qu’elle construit avec son guide, Roberto Mancini, depuis sa prise de fonction en mai 2018. En quelques mots, sa création est joueuse, offensive, dominatrice et castratrice au possible pour des adversaires qui ont tous fini étouffés par une Squadra Azzurra surprenante. Sauf ce mardi soir. À Wembley, face à l’Espagne, le logiciel 2021 de l’Italie a planté. Dépassée par le virus espagnol, la Nazionale a dû se résoudre à revenir à des fondamentaux qu’elle avait feint d’avoir enfouis à jamais dans le passé. Mais c’est souvent sur de vieilles certitudes que l’on se construit un avenir.

Le retour du contre-pied

Face à une Roja bien plus habile techniquement, bien plus forte dans le pressing haut et bien en place tactiquement, l’Italie a rapidement compris que la soirée serait longue. Alors, elle a sorti de son tiroir ses meilleures épices en pensant d’abord au braquage parfait, puis ensuite à ce que l’horloge de Big Ben tourne de plus en plus vite jusqu’à la séance de tirs au but. Pour cela, il fallait suivre la recette : un gardien en état de grâce, un bloc bas, compact (la plupart du temps), qui a accepté de souffrir, de courir après le ballon, avant de piquer sur les rares opportunités en contre.

En première période, même avec une tête complètement sous l’eau, Emerson a fait douter Unai Simon sur une sortie hasardeuse du portier avant de fracasser la barre à quelques longueurs du repos. Et que dire de l’ouverture du score de Federico Chiesa en seconde période ? Une relance à la main de Donnarumma dans les pieds de Marco Verratti, une première passe vers Insigne, une seconde vers Immobile qui se retrouve à la limite de la surface espagnole et voilà Chiesa qui, quinze secondes après que son équipe a récupéré le cuir, troue les filets adverses dans une ambiance électrique. Le fameux « contropiede » (contre-pied), si cher aux Italiens, et qui a couvert cette sélection de gloire par le passé, est encore vivant.

« L’Italie a montré des valeurs, du cœur »

Forcément, au coup de sifflet final, tout le groupe azzurro est conscient de la soirée qu’il vient de vivre. S’il avait déjà un peu tremblé (et déjoué) face à l’Autriche, il s’est bien rendu compte lors de cette empoignade avec l’Espagne qu’il n’avait pas encore les armes pour rouler sur le globe en étant toujours beau. Roberto Mancini le concédait à demi-mot, mais Leonardo Bonucci, lui, n’avait pas peur de le dire : « C’est le match le plus difficile que j’ai jamais joué. Mes compliments à l’Espagne pour ce qu’ils ont mis sur le terrain. Encore une fois, l’Italie a montré des valeurs, du cœur, de la capacité à souffrir. C’est une joie conquise dans la souffrance, c’est encore plus beau.(…)On devra mettre la même volonté, les mêmes sacrifices pour ramener ce qui manque à l’Italie depuis cinquante ans. » Les Anglais et les Danois sont prévenus : cette Italie a les ressources d’un futur champion d’Europe.

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Par Andrea Chazy

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