Mexique - Afrique du Sud devait lancer tranquillement la Coupe du monde. Raté. Trois cartons rouges, des Sud-Africains qui terminent à neuf et César Montes qui se joint à la fête dans le temps additionnel. Pas mal pour une cérémonie d’ouverture. L’occasion parfaite de ressortir ces matchs de Mondial où l’arbitre a renvoyé des joueurs au vestiaire au moins trois fois, comme Wilton Sampaio.
Brésil – Tchécoslovaquie
1938. Quel meilleur moyen d’inaugurer un stade qu’en sortant un show digne des plus gros combats de MMA ? À Bordeaux, le Brésil et la Tchécoslovaquie transforment leur quart de finale en concours de celui qui blessera le plus d’adversaires. Plánička se fracture le bras, Košťálek est touché à l’estomac mais les deux restent sur le terrain, Nejedlý se casse la jambe mais est obligé de sortir. Côté brésilien, même tarif : Leônidas et Perácio sortent avant la fin. Pas de cartons rouges à l’époque, mais trois expulsions communiquées oralement par l’arbitre. Machado et Zezé Procópio côté brésilien, Říha côté tchécoslovaque. Le match se termine par 1-1 à 9 contre 7. À l’époque, on n’avait ni cartons ni tirs au but, donc replay deux jours plus tard, remporté par le Brésil 2-1.
Hongrie – Brésil
1954. La Hongrie de Sándor Kocsis et compagnie a donné une leçon de football au Brésil. Et visiblement aussi une leçon de baston. À Berne, les Magyars s’imposent 4-2 dans un quart de finale devenu incontrôlable. Bozsik et Nílton Santos se chauffent et sont expulsés, Humberto voit aussi rouge, et la bagarre continue même sur la pelouse puis dans les vestiaires après le coup de sifflet final. Le football total, mais avec convocation au commissariat.
Afrique du Sud – Danemark
1998. Bien avant 2026, les Bafana Bafana ont déjà vu rouge. L’Afrique du Sud et le Danemark devaient simplement se disputer des points en phase de groupes. Finalement, l’arbitre a décidé de transformer la soirée en grand ménage. Molnar est expulsé côté danois, puis Phiri côté sud-africain, avant que Wieghorst ne suive le mouvement seulement deux minutes après son entrée. Jeudi, les Bafana Bafana ont sûrement voulu rendre hommage à leurs aînés.
Italie – États-Unis
2006. Sur le papier, une affiche de groupe assez classique avec les futurs champions du monde. Sur la pelouse, un concours de fautes. Daniele De Rossi ouvre le bal avec un coup de coude sur Brian McBride. Côté américain, Pablo Mastroeni et Eddie Pope décident ensuite de ne pas laisser les Italiens seuls dans la bêtise. Trois rouges, du sang, un 1-1 et une impression de match joué avec les nerfs plutôt qu’avec les pieds.
Croatie – Australie
2006. Le soir où Graham Poll a oublié que deux jaunes font normalement un rouge, pas trois. Le match est déjà fou, avec un 2-2 qui qualifie l’Australie pour les huitièmes, mais l’arbitre anglais décide d’ajouter sa pierre au musée du n’importe quoi. Šimić et Emerton sont expulsés, puis Šimunić finit enfin dehors après avoir reçu trois cartons jaunes. Trois. Pas deux. Poll prendra sa retraite internationale juste après. Comme quoi, même en Coupe du monde, les maths peuvent ruiner une carrière plus vite qu’un mauvais tacle.
Portugal – Pays-Bas
2006. c’est le match que les arbitres montrent à leurs enfants pour leur faire peur. La bataille de Nuremberg, comme on l’appelle désormais, est ce huitième de finale transformé en guerre de tranchées, avec des tacles en retard, des embrouilles toutes les deux minutes et des joueurs qui confondent pressing et règlement de comptes. Costinha, Boulahrouz, Deco et Van Bronckhorst prennent rouge, pendant que Valentin Ivanov distribue aussi 16 jaunes. Le Portugal gagne 1-0. Le football, lui, demande encore une poche de glace.
Le contre-exemple : la Coupe du monde 2022 et ses 4 cartons rouges
Ce n’est pas un concours, mais quand tu frôles, en 90 minutes, le total de cartons rouges d’une Coupe du monde entière, il faut applaudir. Au Qatar, quatre rouges avaient été sortis durant tout le tournoi. Mexique – Afrique du Sud en a déjà offert trois dès l’ouverture. Il reste encore 102 matchs pour en avoir moins. Bonne chance.