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Alaixys Romao : « Sans milieux défensifs, il n’y a pas de football »
À 41 ans, Alaixys Romao joue encore au football, du côté de Six-Fours Le Brusc (R1). L’ancien milieu de terrain professionnel a donc décidé de se poser pour revenir sur ses 20 années de carrière, entre Marseille, folie grecque et amour du Togo. Entretien avec un homme qui a joué la Coupe du monde en partie grâce au culot de son papa.
Alaixys, comment vas-tu et que deviens-tu ?
Je prépare actuellement mes diplômes d’entraîneur. J’ai commencé en septembre. J’ai 41 ans, donc il était temps pour moi de planifier mon après-carrière.
Pourquoi ne pas faire consultant comme beaucoup d’autres ?
Pour remettre dans le contexte : il y a environ cinq ans, j’ai passé une formation avec l’UEFA. L’objectif était de découvrir différents corps de métier. Consultant TV, agent, directeur sportif, entraîneur, etc. Mon intuition était la bonne, puisque le rôle de coach m’a vraiment plu. On nous a expliqué comment gérer un groupe, développer une causerie, et j’ai vraiment aimé. Donc me voici à mon tour entraîneur novice.
Te voici surtout joueur de Six-Fours Le Brusc, en Régional 1. Comment tu t’es retrouvé dans le Var ?
C’est le destin qui m’a fait venir ici. En juillet dernier, je termine mon passage en Grèce (à Ionikos) et pour préparer mes diplômes, je souhaitais revenir en France, si possible dans le Sud-Est, pour me rapprocher de mes enfants. Pierre Issa, mon agent, m’a donc mis en contact avec Mohamed Sadani, entraîneur du SC Toulon, qu’il connaissait. On s’est rencontrés et il était plus ou moins prévu que je parte à Toulon. Mais quelques jours plus tard, en rentrant d’Athènes, je rate mon avion. À l’aéroport, je tombe sur Anthony Alexanian, qui était mon représentant quand je jouais à Louhans-Cuiseaux, et qui est, depuis, devenu le directeur sportif de Six-Fours. Le feeling est tout de suite revenu. Surtout que le club devait monter en N3, mais n’a pas pu, après son passage devant la DNCG.
Ma référence ? Peter Luccin. Ceux qui sont de ma génération comprendront pourquoi je le cite.
Revenir en amateur, c’était aussi un souhait ?
Je voulais prolonger le plaisir. Ici, le cadre de travail est bon, avec l’objectif de monter en N3. Le monde pro use un peu. L’exigence, les routines, la pression. Sur mes six derniers mois en Grèce, j’avais aussi repris au niveau amateur. Je sortais de l’Athens Kallithéa, en première division, où j’étais notamment avec Mathieu Valbuena, mais je ne jouais pas trop. Donc en janvier, je suis parti à Ionikos, mon ancien club en D1, rétrogradé en D4. Je suis allé leur filer un coup de main et on a été promus. À Six Fours, c’est la même chose, avec le plaisir des matchs du dimanche.
En parlant de plaisir, quelles sont tes premières images de football ?
C’est venu assez tard, vers 10 ans. J’ai déjà le souvenir de la Coupe du monde 1994, puis l’Opel Cup, pour les plus anciens. C’était un tournoi amical avec les équipes sponsorisées par Opel. Je me souviens regarder Canal+ avec les premières minutes en clair, avant que ça ne grésille. (Rires.) L’un des premiers cadeaux liés au football que m’a faits ma mère, c’était un abonnement Canal.
Tu es né dans le 94 (L’Haÿ-les-Roses), tu as grandi dans le 92 (Bagneux) et tu as fait ta formation dans le 31 (Toulouse). Alaixys Romao est banlieusard ou sudiste ?
Dans la mentalité, je dirais sudiste maintenant. On a déménagé vers Toulouse quand j’avais 11 ans, donc je suis vraiment resté attaché à la région.
On dit souvent des joueurs d’Île-de-France qu’ils sont plus forts que ceux des autres régions. C’était déjà un constat visible à ton époque ?
Clairement. Surtout que moi, je passe du 92 à une petite ville, Castéra, où le niveau était bien en dessous. Puis je suis parti jouer à Livinhac, juste à côté, où on m’a carrément mis attaquant, alors que j’étais normalement défenseur à Bagneux. Je vous parle de ça, j’ai 12, 13 ans. En région parisienne, il y a tellement de monde qui joue au football, que le niveau technique exige que tu sois vraiment performant.

Tu commences défenseur, tu enchaînes en attaque, tu finis au milieu. Comment devient-on milieu défensif, c’est-à-dire le poste le moins sexy de ce sport ?
(Rires.) Si je suis devenu défenseur, c’est parce que j’ai toujours préféré la récupération au dribble. Je trouve qu’il y a un sens du devoir assez beau. Il y a toujours des mecs plus rapides ou plus techniques que moi, donc je n’allais pas m’inventer une vie. Je suis aussi tombé sur une phrase de Lilian Thuram qui disait : « Récupérer un ballon est plus difficile que réussir un crochet. » J’ai aimé. En entrant au Pôle Espoir de Castelmourou, en 1997, qui est un peu le centre de préformation du TFC, les entraîneurs nous ont testés à différents postes, et il se trouve que le rôle de 6 me comblait largement. Je pouvais à la fois être défenseur et toucher beaucoup de ballons, je n’ai plus bougé depuis.
Quelle est ta référence du poste à ce moment-là ?
Peter Luccin. Ceux qui sont de ma génération comprendront pourquoi je le cite. À l’époque, il est certainement l’un des plus grands espoirs du football français. Je l’ai suivi dès ses débuts à Cannes. Je m’identifiais à lui dans le style, le placement. Sans milieux défensifs, il n’y a pas de football. C’est d’ailleurs grâce à ce poste de 6 que je suis repéré par Toulouse. Les recruteurs faisaient le tour de la région, ils cherchaient un milieu défensif. J’avais presque 14 ans et je leur ai tapé dans l’œil, tant mieux. Si j’avais été attaquant, les postes auraient certainement été bouchés.
Qui sont les membres de ta génération à Toulouse ?
Philippe Mexès, Gaël Clichy, Kevin Lejeune, Nabil Taïder, Sofyane Cherfa. On a tous signé pro. Avec Monsieur Erick Mombaerts comme directeur du centre. Philippe (Mexès), c’était un peu le modèle à suivre. Il avait deux ans de plus que nous et était le premier à signer pro, en partant à Auxerre. On voulait faire comme lui. Mais on nous faisait bien comprendre que des Mexès, c’étaient des exceptions.
Quand je signe à Louhans, en 2004, je suis en CFA. Je ne sais pas comment, mais mon père dégote les contacts de la fédération togolaise. Il leur a envoyé mon CV.
À ce moment-là, tu t’imagines jouer une Coupe du monde ?
Imaginer oui, la faire, c’est autre chose. En 2006, lorsque je suis sélectionné pour le Mondial en Allemagne avec le Togo, je touche le Graal. Ce qui est paradoxal, parce que ça vient très tôt dans ma carrière, mais viser plus haut qu’une Coupe du monde, c’est impossible. En deux ans, tout a basculé : Toulouse ne me conserve pas, je file à Louhans-Cuiseaux qui alterne entre la CFA et le National, je me retrouve en sélection, et je finis sur un Mondial…
Comment devient-on mondialiste quand on est joueur amateur en France ?
Au culot. Ou plutôt le culot de mon père. Quand je signe à Louhans, en 2004, je suis en CFA. Je ne sais pas comment, mais mon père dégote les contacts de la fédération togolaise. Il leur a envoyé mon CV. Les dirigeants lui ont dit qu’ils ne pouvaient pas me sélectionner parce que la CFA était trop basse en matière de niveau, mais qu’ils garderaient un œil sur moi. L’année suivante, on monte en National, et là je suis convoqué pour les premiers matchs de qualifs au Mondial. Tout part de là.
Comment tu te fais une place au milieu d’Adebayor et des autres ?
J’ai eu chaud pour ma place en Coupe du monde. En mars, on fait un dernier stage avant la liste, à Eindhoven. On doit jouer l’Arabie saoudite. Le sélectionneur, Otto Pfister, convoque quatre milieux en renfort. Je me dis que c’est foutu, qu’il allait me faire sauter. Ce stage aux Pays-Bas, c’était donc ma finale de Coupe du monde. J’étais le joueur avec le statut le moins « haut », il fallait que je charbonne pour gratter ma place. J’ai fait une semaine folle, il m’a gardé dans la liste.
Raconte-nous ta Coupe du monde.
Le Togo vivait un bon moment. Adé (Adebayor) venait de signer à Arsenal. On avait notre star. Nous étions dans le sud de l’Allemagne, non loin des Alpes. Pour notre entrée en lice contre la Corée du Sud, on m’annonce que je suis titulaire l’avant-veille du match. Je n’ai pratiquement pas dormi ces deux nuits-là. Je n’ai jamais trop stressé pour du football, mais là, c’était différent. C’était mon pays, c’était la Coupe du monde. On joue le match à Francfort, l’énorme stade avec le grand écran au milieu. Magnifique. Mon stress n’a disparu qu’en apercevant ma famille en tribunes. Au coup d’envoi, mes premières touches de balle sont bonnes, je me suis libéré. Sur l’un de nos premiers contres, je me retrouve côté droit, ce qui n’est pas du tout ma zone. Je vois Coubadja Kader partir, je lui envoie, il contrôle et croise fort. 1-0. Premier match de Coupe du monde, une passe décisive. J’étais comme dans un rêve. Bon, on finit par perdre 2-1. (Rires.) Mais on a fait un tournoi très honorable.
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Tu joues le deuxième match contre la Suisse (défaite 0-2), mais tu loupes le dernier contre la France.
Oui, j’ai pris deux jaunes en deux matchs, donc j’étais suspendu… mais Zidane aussi. (Rires.) Donc ce n’était pas grave !
Quels ont été les joueurs les plus difficiles à marquer dans ta carrière ?
Dans cette Coupe du monde par exemple, j’avais Park Ji-sung au duel. Il m’a fait cavaler… Il était rapide. C’est l’un des seuls joueurs avec qui j’ai échangé mon maillot. Sinon, Mesut Özil à Arsenal. On les joue avec l’OM, au Vélodrome. Il a passé les dix premières minutes du match à trottiner et laisser passer le ballon entre ses jambes. Malgré ça, je n’arrivais pas à le suivre, parce qu’il anticipait tout. C’était un faux lent.
C’est la fameuse saison du 0 point de l’OM en Ligue des champions, non ?
Oui, 2013-2014. On nous le rabâche tout le temps ce truc de « zéro point ». Mais allez revoir le groupe : Arsenal, Naples, Dortmund. Pareil pour le contenu des matchs. On a toujours bien joué, mais ça tournait toujours en notre défaveur. Un carton rouge, un but à la dernière minute, plein de trucs comme ça.
Chaque séance de Bielsa, c’était un schéma différent. Ça pouvait durer des heures. Si tu ratais une seule passe ou un contrôle, il fallait que toute l’équipe recommence le schéma du début. Mais les jours de match, on comprenait pourquoi on faisait tout ça.
Que retiens-tu de Christian Gourcuff qui t’a initié au haut niveau à Lorient et de Marcelo Bielsa, à l’OM ?
Plus que la tactique, c’est leur sens de la préparation qui m’a marqué. Monsieur Gourcuff, c’était un as pour désamorcer les conflits. Il détestait les tensions, alors il faisait tout pour se les éviter. Il connaissait le tempérament de chaque joueur, et dès qu’il sentait que ça se tendait un peu, hop, il venait nous parler en individuel et mettait la situation à plat. À Lorient, je n’ai pas le souvenir d’une seule dispute. Marcelo Bielsa, lui, c’était différent. C’était : le football, le football, et le football.
Ce sont tous les deux des taiseux.
Oui, mais des introvertis différents. Évidemment, la barrière de la langue faisait que c’était plus compliqué pour Monsieur Bielsa d’exprimer ses idées, mais il nous faisait clairement comprendre qu’il était là pour faire de nous de meilleurs joueurs. Regardez le niveau atteint par Giannelli Imbula, Florian Thauvin, Mario Lemina, et tous les jeunes passés avec lui. Il avait un ordinateur entièrement dédié à des schémas tactiques. Chaque séance, c’était un schéma différent. Ça pouvait durer des heures. Si tu ratais une seule passe ou un contrôle, il fallait que toute l’équipe recommence le schéma du début. Mais les jours de match, on comprenait pourquoi on faisait tout ça. On était en pilote automatique sur le terrain.
Mais il n’y a pas eu de résultats avec Bielsa finalement.
C’est vrai. Parce qu’on était cramés. Comme je l’ai dit, ses séances pouvaient être vraiment longues. En début de saison, on arrivait à tout digérer, mais dès février, les organismes ne suivaient plus. Surtout qu’on tournait très peu dans l’effectif, c’était souvent le même onze. Entre mars et mai, je crois qu’on ne gagne que deux matchs d’ailleurs (contre Ajaccio et Montpellier, NDLR), ça a définitivement mis fin à notre saison.

Tu n’es devenu professionnel qu’à 23 ans, mais tu t’es vite montré indispensable à tes différentes équipes.
Ce sont mes années à Louhans-Cuiseaux qui ont fait la différence. Quand je quitte Toulouse, je fais des essais à Carcassonne, en CFA2 ou DH. En parallèle, mon coach adjoint de la réserve du TFC part pour Louhans et m’appelle. Surtout, je me suis retrouvé avec une équipe de recalés de centres de formation, comme moi. Vincent Bessat, Alexandre Licata, que des mecs avec le couteau entre les dents. De là, je me suis dit que je ne lâcherais rien jusqu’à jouer en Ligue 1. J’ai gardé cette mentalité pendant 20 ans.
D’ailleurs, pourquoi ne pas avoir signé pro après la Coupe du monde ?
J’étais encore sous contrat à Louhans-Cuiseaux, et les quelques clubs qui me voulaient refusaient de mettre le prix que le club demandait. J’ai donc fait du rab en National, pour confirmer. En 2007, je pars en essai au Dynamo Kiev. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’ils tombent sur ma malformation cardiaque. J’ai un problème mineur au cœur, que les médecins français connaissaient. Mais en Ukraine, ils ne voulaient pas prendre de risque, et je peux le comprendre. Alors, je suis rentré pour un essai à Grenoble. On a fait un match contre l’UNFP, j’ai signé dans la foulée. Mon premier contrat pro. J’étais content, mais je savais que c’était le début. Je fais une saison de Ligue 2 et on monte directement.
En 2018 ou 2019, le président Marinakis nous a gueulé dessus et nous a collé une amende de 10 000 euros chacun. L’argent réuni devait être donné aux joueurs de volley. On ne savait pas quoi dire.
Dans ta carrière, tu n’as fait que deux pays : la France et la Grèce, à trois reprises. Pourquoi la Grèce ?
La première fois que j’y signe, c’était à l’Olympiakos en 2014, juste après Marseille. J’avais 32 ans et je voulais quitter la France, découvrir autre chose. J’étais en discussion avec les Queens Park Rangers, mais rien de concret, sinon c’était la MLS et je n’étais pas forcément chaud. Quand l’Olympiakos est arrivé, c’était donc le bon compromis. Je touchais un très bon salaire et je jouais dans un bon club, en Ligue des champions. Très vite, j’ai aimé la mentalité grecque. Ils sont comme dans le Sud, ils ne se prennent pas la tête. Et puis le cadre de vie est superbe.
Vu de France, le football grec a parfois l’air d’un beau foutoir.
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au contraire de la France, plus de la moitié des clubs appartiennent à leur président. C’est donc leur argent qui est en jeu. Ils sont donc vraiment impliqués, et ça peut parfois donner lieu à des trucs un peu fous, qui deviennent vite drôles avec le recul.
Tu as un exemple ?
En 2018 ou 2019, on loupe le titre de champion à quelques journées de la fin. En parallèle, l’équipe de volley-ball, je crois, est championne. Le président Marinakis a donc organisé une réunion. Il nous a gueulé dessus et nous a collé une amende de 10 000 euros chacun. L’argent réuni devait être donné aux joueurs de volley. On ne savait pas quoi dire. Certains ont refusé de payer, mais ont vite changé d’avis, parce que l’amende allait grimper.

Ton parcours a aussi été marqué par le drame de Cabinda en 2010.
(Il réfléchit.) Oui, c’est toujours dans un coin de ma tête… Quelques jours avant le début de la CAN, les forces rebelles ont émis un communiqué précisant que toute délégation passant par Cabinda risquait une attaque. Toutes les sélections ont pris l’avion pour se rendre à leur camp de base, sauf nous… On nous a fait prendre le bus en nous disant qu’une escorte militaire suffisait. Tout ça pour économiser quelques sous… On arrive au barrage, puis les premiers tirs ont fusé sur notre bus. On y a perdu des frères.
Que faites-vous dans la foulée ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que l’on veut jouer cette CAN, pour honorer les gens touchés et, surtout, penser à autre chose. Nous avons simplement demandé un délai à la CAF. Mais ils ont répondu que si l’on jouait, il fallait le faire dans les temps initiaux. Alors on a refusé, et ils nous ont disqualifiés…
Comment se relève-t-on d’un tel drame ?
En rentrant au Togo, on a fait une thérapie de groupe. Au lieu de partir chacun de son côté, on est restés quelques jours entre joueurs, pour discuter, se confier. C’est ce qui nous a permis de sortir la tête de l’eau.
À 41 ans, tu es en R1, mais toujours sélectionné avec le Togo. L’objectif, c’est d’être le relais du sélectionneur, avant la retraite.
Oui. Je ne vise aucunement à rester en sélection encore dix ans. (Rires.) J’essaye surtout d’être un grand frère pour les nouveaux. Le Togo n’a joué aucun tournoi officiel depuis 2013, c’est trop long. Il faut surtout qu’on remette l’accent sur notre formation locale. Et c’est un binational qui vous dit ça.
Et toi, on te retrouve où prochainement ?
Dans un costume d’entraîneur, j’espère. Je tourne doucement la page du joueur, je pense en avoir suffisamment fait.
Pas de supporters parisiens pour le Trophée des championsPropos recueillis par Adel Bentaha et Hugo Geraldo




























