- Coupe du Roi
- Finale
- Atlético-Real Sociedad (2-2, 3-4 aux T.A.B.)
Antoine Griezmann : la valeur n'attend pas le nombre de trophées

Il devait en être ainsi : en dix saisons sous les couleurs de l'Atlético de Madrid, Antoine Griezmann n'aura donc jamais soulevé de trophée national majeur. Ce qui ne ternit absolument pas son histoire d'amour avec les Colchoneros, bien au contraire.
Cette fois, il ne sera pas celui qui s’est manqué depuis les onze mètres, et sur lequel reposeront d’éternel regrets. Dix ans après la triste nuit de Milan, c’est depuis le banc de touche qu’Antoine Griezmann a vu son Atlético de Madrid perdre une nouvelle finale aux tirs aux buts. À ce moment-là, cela faisait déjà près d’une heure qu’il avait laissé les siens face à leur destin – et le sien, un peu aussi. Passeur décisif sur la première égalisation d’Ademola Lookman, le plus colchonero des Français (ou le plus français des Colchoneros) n’aura pu y échapper : il était écrit que cette histoire d’amour se finirait mal, comme la plupart en général. La sienne se décrit en un mot : malédiction. Ce qui ne l’empêche pas d’être magnifique.
Antoine le maudit
S’il avait fallu romancer cette dernière page de l’épopée (circonscrite au football espagnol, en tout cas), il aurait été difficile de faire mieux. Une finale de coupe, face à la Real Sociedad, ce club formateur qui lui a tout donné dès l’adolescence avant de le voir éclore à la face du monde voilà plus d’une décennie. Un scénario presque écrit d’avance qui avait d’ailleurs participé à convaincre le bonhomme de retarder son départ inéluctable vers la MLS. « Ce sera un match riche en émotions. Si je suis là, c’est grâce à la Real Sociedad, qui m’a tout donné, alors que tous les clubs me fermaient la porte. Je leur dois énormément », ne se cachait-il d’ailleurs pas à l’approche du rendez-vous. Sans occulter son envie d’en profiter. Une dernière fois. « Je m’imprègne de tout, j’en profite énormément. Je ne me demande pas si ce sera la dernière. »
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Au final, pas sûr qu’au moment de ressasser ses plus beaux souvenirs à enchanter les fans de football à travers l’Europe, Antoine Griezmann ne fasse remonter ce triste 18 avril 2026. « Je n’ai pas grand-chose à dire. J’essaie simplement de soutenir mes joueurs », n’a pu que glisser un Diego Simeone atteint, sans citer le nom de son éternel protégé. Pour lequel il aura forcément eu une pensée toute particulière, quand on sait la relation qui unit les deux hommes. « Je te considère que un joueur, mais surtout comme un ami. Je t’aime beaucoup », lui rendait-il récemment hommage avant le quart de finale de Ligue des champions contre Barcelone.
Les (grandes) oreilles du destin
Une compétition continentale qui représente désormais la dernière chance pour Griezmann d’écrire une happy end. Meilleur buteur de l’histoire du club, célébré à la moindre occasion par des milliers de supporters, l’enfant de Mâcon n’a pas besoin n’a pas besoin des titres pour être considéré comme une légende chez lui. Et heureusement, car ces derniers se refusent inlassablement à lui, arrivé trop tard pour participer au sacre de 2014 avant de voir ses anciens potes triompher à nouveau pendant son exil barcelonais. À l’échelle nationale, ne reste que cette Supercoupe d’Espagne grattée à l’été 2014 ; un bilan bien maigre après dix saisons dans le sud de Madrid.
La scène européenne, elle, a permis au bonhomme d’offrir ses plus belles envolées. Des buts à la pelle en Ligue des champions (52 pour l’heure), régulièrement décisifs comme lors l’épopée de 2016. Et puis cette apothéose contre l’OM et ce sacre à l’étage inférieur, en Ligue Europa, ponctué là encore d’un doublé en finale. Ce n’est finalement peut-être pas un hasard que le dernier acte se joue dans cette C1 qui l’a tant tourmenté. Imaginez un peu le plateau : le dernier de ses près de 500 matchs en rouge et blanc le 30 mai prochain sur la pelouse du stade Ferenc-Puskás pour une finale en guise de dernière chance. Pour s’offrir un tel frisson, il faudra déjà écarter Arsenal en demi-finale. Silence, ça tourne.
Diego Simeone très touchéPar Tom Binet




















































