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Bryan Ruiz, la précieuse du Costa Rica

Par Quentin Müller
Bryan Ruiz, la précieuse du Costa Rica

Pour la seconde fois de son histoire, le Costa Rica va disputer un huitième de finale. Au Brésil, le petit pays d'Amérique centrale ne cesse d'étonner, à l'image de son leader technique, Bryan Ruiz. Branché sur courant alternatif, le milieu offensif des Ticos distille de sa magie par intermittence.

Comme son prénom l’indique, Bryan Ruiz est un garçon brillant. Encore faut-il savoir quand. Taillé tel un albatros mazouté, le frêle garçon d’1m86 (pour 70 kg) aux longues oreilles est pourtant sans aucun doute le plus élégant joueur de ballon que la Sele ait jamais connu. Mais voilà, à l’image d’un Pastore au PSG, Bryan Ruiz distille son talent avec parcimonie. Avec son allure chancelante, sa mèche qu’il remet frénétiquement en place après chaque duel perdu, le numéro 10 costaricien agace. Mais comme El Flaco, c’est à l’instant où l’irritation du public vire à la haine que le type sort le geste qui fera la décision. Discret contre l’Uruguay, Ruiz jouera l’une de ses meilleures prestations contre l’Italie, avec au bout, le seul but de la rencontre. Si le natif de San José ne choisit pas forcément ses matchs, Bryan semble être mené par le hasard d’un ressenti d’avant-match.

Brutalisé en Angleterre

En 2011, Ruiz sort de deux saisons riches en trophées et en buts au Pays-Bas. « Il faisait partie de la grosse époque de Twente » , se souvient le Français Kévin Diaz qui a eu l’occasion de le croiser sur les pelouses néerlandaises. De quoi attirer les convoitises des clubs de Premier League toujours à l’affût des bonnes affaires à réaliser en Eredivisie. Fulham emporte le morceau. Pas forcément une bonne pioche. « Des championnats comme la Liga ou la Serie A lui auraient davantage convenu » , suggère Diaz. En effet, les premiers mois sont difficiles, et Bryan, étiqueté comme un buteur né par l’ensemble des supporters de Craven Cottage, déçoit. « Il n’est certainement pas un buteur. Tu sais en Eredivisie, y a jamais de 0-0, ça marque toujours, donc tu arrives vite à la vingtaine de buts. » Sa folle saison 2009-2010, où le Costaricien avait planté 24 buts, n’était donc qu’un mirage. « C’est un joueur à l’ancienne, tout dans le toucher, dans la technique, la vista. Forcément quand tu as un monstre de 90 kg qui te court après… » Ruiz est précieux, et n’aime pas le contact. Or, quand on évolue à Fulham, il faut jouer des coudes avec obligation de résultat et donc, de régularité ; une qualité qui lui fait défaut.

Malgré quelques buts de toute beauté, Ruiz désespère plus qu’il n’émoustille. Cette saison, alors que le garçon entame sa troisième année avec les Cottagers, Martin Jol, son principal soutien, est limogé pour mauvais résultats. Son remplaçant, René Meulensteen, doit composer dans l’urgence et fait comprendre à l’intéressé que son talent sporadique ne lui servirait point. « J’aime jouer au football élégant et le jeu proposé par Meulensteen ne me convient pas. Après, je n’ai rien contre ça. Son équipe doit se battre pour ne pas descendre » , glissera Ruiz.

Retour à la case départ

Bryan Ruiz choisit de revenir aux Pays-Bas, plus précisément au PSV Eindhoven, en prêt. Et ce, malgré un manque de temps de jeu et de rythme évident. « Faut dire qu’il avait laissé son empreinte là-bas » , rappelle Kévin. Pour rappel, en 2010, la longue perche s’était octroyé le droit de titiller les stats de Luis Suárez himself avec ses 22 passes décisives et ses 24 caramels. Au milieu d’une équipe jeune, mais en manque de repères, « La Belette » , comme on l’appelle au pays, retrouve goût au football et regagne un peu en confiance. « C’est un gars qui caresse la gonfle, tu vois. Lui, il ne frappe pas, il caresse. » Avec sa quinzaine de matchs corrects et ses 5 buts, Bryan redevient sélectionnable aux yeux de son sélectionneur, Jorge Luis Pinto, qui s’inquiétait de devoir se passer de son génie parcellaire. Fort d’un bon début de compétition, le capitaine de la Sele devrait définitivement retourner au Pays-bas, un pays et un football qui savent le comprendre. Et tant pis pour l’Angleterre, car comme l’assure Kévin Diaz : « Il y a de la magie dans ce joueur-là. » Il faut juste être patient pour la déceler.

Par Quentin Müller

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