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Borja Iglesias, Panda style

Par Adel Bentaha
Borja Iglesias, Panda style

À 29 ans, Borja Iglesias s’apprête à vivre ses premières aventures avec la sélection espagnole. La récompense logique pour l’attaquant du Betis, auteur d’un début de saison canon en club. Ce n’est pourtant pas avec la Roja que le « Panda » s’imaginait être il y a encore quelques années. Mais bien derrière un micro, à poser ses plus beaux 16 mesures.

À deux mois de la Coupe du monde, Luis Enrique semble avoir trouvé son groupe. Fort d’une certaine stabilité entretenue depuis la demi-finale de l’Euro, le sélectionneur s’est dès lors permis de récompenser certaines individualités, performantes depuis le début de saison, pour cette ultime trêve internationale, avant le décollage pour Doha. Parmi elles, Borja Iglesias. Auteur d’une belle entame de saison avec le Betis (6 buts), celui qui pointe au deuxième rang des buteurs en Liga, derrière Robert Lewandowski, surfe sur son excellente dynamique entrevue l’an dernier, notamment par ses dix-neuf réalisations toutes compétitions confondues. Une révélation sur le tard pour le barbu qui, quatre ans auparavant, végétait en Segunda División et prévoyait de se lancer dans le rap.

Desiigner et mixtape

« I got broads in Atlanta, Twistin’ dope, lean, and the Fanta, Credit cards and the scammers, Hittin’ off licks in the bando. » En 2016, ces quelques lyrics suffisaient à enflammer les boîtes de nuit du monde entier et à électriser les passionnés de bass boosted. Signé Desiigner, le tube « Panda » grimpait en effet en tête des charts, porté par son refrain aussi entraînant que répétitif. Mais au moment de lâcher ses rythmiques, le one hit wonder d’Atlanta ne s’attendait sûrement pas à ce qu’un jeune pensionnaire de l’équipe réserve du Celta en fasse son credo. À 6500 kilomètres de la Géorgie, Borja Iglesias, alors 23 ans, tâtonne en effet dans ses prémices de footballeur. Pas conservé par Villarreal, l’attaquant tente ainsi de rattraper le temps perdu à Vigo en vain, bloqué avec la B et sans perspective de circuit professionnel. Alors dans l’attente d’une éclaircie, le géant se réfugie dans sa seconde passion : le hip-hop. Dans le vestiaire du Celta, Iglesias fait effectivement office de DJ, n’hésitant pas à faire tester à ses coéquipiers ses découvertes dénichées sur SoundCloud. Quand la musique de Desiigner envahit le centre d’entraînement Madroa, c’est donc l’hystérie.

Joué en boucle, le titre se transforme en surnom pour l’intéressé : El Panda. Clin d’œil artistique, mais également au gros ours chinois, avec qui Borja partage des yeux cernés de noir et une allure pataude. « Je voulais faire du rap, détaillait-il pour El Desmarque. Travailler les textes, analyser les instrumentales, tout cela me donnait envie. Je me disais même que j’aurais pu faire une carrière dans la musique. » Le buteur en manque d’opportunité voit finalement sa chance arriver, à l’été 2017, lorsque Saragosse lui offre sa première expérience au plus haut niveau, en deuxième division. La machine à marquer se met dès lors en route (23 buts en 43 rencontres à l’issue de l’exercice 2017-2018) tout en s’embarquant pleinement dans son univers sonore : « À Saragosse, j’ai été libéré dans mon approche musicale. Après les matchs, je ne faisais pratiquement que du son. » Grattant des textes, se lançant dans le beatmaking ou prévoyant même de lancer sa mixtape (projet toujours en cours), le « Panda » s’éclate sur et en dehors des terrains. « Le football m’a tout appris, et le rap m’a tout donné. Ma femme, je l’ai par exemple rencontrée durant un concert. Pendant deux heures, nous avons exclusivement parlé de musique. Je ne lui ai même pas dit que j’étais footballeur, je m’en fichais. C’est dire à quel point le hip-hop a changé les choses pour moi. »

« Valoriser le hip-hop espagnol est l’un de mes objectifs »

Révélé à Saragosse, Iglesias explose surtout à l’Espanyol, dans l’élite cette fois (20 buts en 2018-2019, sa seule saison au club), avant de rallier le Betis. Régulier dans ses performances sportives, l’intéressé se rêve désormais à pareille destinée dans la musique, tel qu’il l’évoquait pour HIGHXTAR : « Valoriser le hip-hop espagnol est l’un de mes objectifs. Le monde nous connaît à travers le reggaeton, et je trouve ça dommage de ne pas mentionner nos rappeurs. Des mecs comme Kase.O, que personne ne connaît j’imagine, valent vraiment le coup. Pour ma part, je dirais que mon style s’apparente à du rap-électro façon Travis Scott, que j’admire beaucoup. La suite ? Ça serait de produire et de me lancer dans le deejaying. » Si cette passion pour la musique dévore gentiment Borja Iglesias, elle ne l’empêche pas de cartonner côté foot. À tel point, donc, que le gaillard s’apprête à mettre les pieds sur la scène internationale, tunique rouge sur le dos.

Sa convocation a beau être une récompense indéniablement légitime au regard de son début de saison canon, elle interroge toutefois sur le réservoir offensif de la Roja. « Eh bien ! Si on en est réduit à prendre Borja, c’est que l’équipe nationale est vraiment dans la merde ! » plaisantait Joaquín, en apprenant la sélection de son coéquipier. Une remarque affectueuse, reflétant malgré tout le manque d’avants-centres sur la péninsule. La faute à cette « guardiolisation » à outrance appliquée sur la décennie écoulée, au point d’offrir à l’Espagne un Euro 2012 avec le seul Cesc Fàbregas en pointe, et un style dans lequel les passes à dix n’ont plus d’effet. Loin d’être acquise, la succession de Fernando Torres ou David Villa, derniers buteurs véritables, sera donc passée par des profils moins étoffés. Qu’ils soient laborieux comme Álvaro Morata ou Rodrigo Moreno, intermittents comme Iago Aspas ou Gerard Moreno, voire éphémères, tels Jaime Mata. Pour le Panda, la mission sera donc de démontrer que cette réussite sévillane n’est pas qu’un simple tube de l’été, mais bien un banger susceptible de l’intégrer aux 26 mondialistes. Et pérenniser le duo tant attendu : Enrique-Iglesias.

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