Ils ne seront pas au rendez-vous des seizièmes de finale, mais ils ont chacun laissé leur trace dans cette Coupe du monde 2026 durant la phase de poules. À dans quatre ans (ou pas).
Ismaël Koné
Bien que le Mondial des Canadiens continue, Ismaël Koné ne remettra plus un pied sur la pelouse pendant un bon bout de temps. Après seulement 147 minutes sur le rectangle vert, le milieu de terrain de Sassuolo a été gravement blessé sur une faute maladroite d’Assim Madibo lors de la démonstration des Canucks contre le Qatar (6-0). Un énorme coup dur pour celui qui s’était offert une cure de jouvence cette saison en Italie, avec 6 pions et 36 rencontres disputées, après une embrouille avec De Zerbi et des bouts de match à l’OM. Triste d’avoir une dernière image dans une Coupe du monde sur une civière.
Tahith Chong
En regardant la liste de Curaçao, rares étaient les noms qui évoquaient quelque chose au grand public. Sauf un peut-être : Tahith Chong. Grand espoir de Manchester United et du football néerlandais, l’ancien international espoir oranje s’est ensuite perdu, entre blessures à répétition et expériences en club ratées. Cette Coupe du monde était tout d’abord l’occasion de nous rappeler que l’homme aux superbes bouclettes, accessoirement le seul Curacien né sur l’île, était toujours vivant. Mais aussi l’occasion de revoir, le temps de quelques quarts d’heure, un talent pur à l’œuvre. Au terme de la deuxième journée, il était le joueur qui avait réussi le plus de dribbles dans le jeu, aux côtés du Paraguayen Julio Enciso et du Coréen Lee Kang-in. À dans quatre ans Tahith !
Le pauvre… Après la prestation sans saveur de Cristiano Ronaldo face à la République démocratique du Congo, il pensait peut-être avoir sa chance pour faire montre de son talent (comme face à la Suisse contre laquelle il avait inscrit un joli triplé en 2022), mais c’était compter sans l’amour inconditionnel porté par Roberto Martínez à CR7. Le doublé de la superstar portugaise face à l’ogre ouzbek (5-0) a définitivement anéanti les espoirs du supersub du PSG. Son Mondial est déjà terminé, mais il peut toujours se consoler avec le transfert XXL qui le mènera vers une autre capitale de la mode cet été.
Trois matchs, 197 minutes, un but. Pour un attaquant de pointe, le bilan n’est pas mirobolant, c’est vrai. Maintenant, on ouvre une nouvelle page sur son navigateur internet, on va voir le résumé de Maroc-Haïti. C’est bon, c’est fait ? Est-ce qu’on peut donc parler de CET ÉNORME PÉTARD de l’attaquant de Sunderland ? Incontestablement le plus beau but du Mondial à ce jour. Rien que pour ça, on aurait aimé le voir un peu plus longtemps, lui et ses copains grenadiers qui ont finalement explosé en vol avec la puissance d’un pétard mouillé.
O flower of Scotland. When will we see, Your like again. Oh supporters écossais, Quand reverrons-nous, votre folie… On ne vous fera pas l’affront de réécrire toutes les paroles de l’hymne écossais mais vous avez l’idée. Oui, les Écossais, leur kilt, leurs ambiances folles, leur nuit bostonienne, leurs chants… tout ça va nous manquer. Terriblement. Et que dire de leur hymne, entonné à pleins poumons par tout un stade, que tout fan de rugby un peu téméraire peut réciter par cœur ? Eh bah voilà, on ne l’entendra plus. Alors on a notre réponse : votre folie, on la reverra dans quatre ans. Du moins, on l’espère.
Pas de commentateurs qui hurlent son prénom à s’en péter les cordes vocales. Pas de grosses bastos de 30 mètres. Certes, un joli but contre les États-Unis, mais rien de plus, si ce n’est un petit pincement au cœur en voyant que, déjà, la Turquie prend la porte et rentre à la maison. L’inefficacité de ses joueurs offensifs y est pour beaucoup et Arda Güler est logiquement dans le lot. Malgré tout ça, impossible de dire que la jeune pépite du Real n’est pas kiffante à voir jouer et qu’on n’aurait pas aimé la voir un peu plus longtemps en action.
Le caméraman de Colombie-Ouzbékistan
Cadreur de bord de terrain est un métier dangereux. Face à la Colombie, le défenseur de Manchester City Abdukodir Khusanov a découpé Luis Díaz mais pas que ! Sur son chemin, il a aussi trouvé un caméraman qui a bien mal fini, les quatre fers en l’air, avant d’être pris en charge par les services médicaux des deux équipes. Tristoune, mais le match a tout de même valu au défenseur une petite compil’ de ses tampons sur les réseaux.
Un but pour commencer son Mondial et pour sortir les gros biscotos, une mi-temps au courage contre la Côte d’Ivoire et puis c’est tout. Blessé à la cheville et forfait pour la suite du tournoi, le défenseur du Borussia Dortmund ne pourra pas montrer ô combien il a progressé. Surtout, on va devoir se taper Antonio Rüdiger à sa place jusqu’à la fin de la compétition et ça, c’est chiant. Sauf si les Bleus font le job en 8es de finale.
Pas forcément la meilleure pub pour la Ligue des talents, bis. Malgré un but inscrit face à l’Argentine, le Messi jordanien du Stade rennais Moussa Al-Tamari n’a rien pu faire pour éviter la déroute des siens (défaite 3-1), déjà éliminés après la deuxième journée. N’empêche que le personnel des stades où jouait Al-Nashama (la bravoure) risque de regretter le départ des Moyen-Orientaux. Plus de pâtisseries traditionnelles offertes au moment de récupérer les clés du vestiaire et l’obligation de revenir aux gros donuts bourrés de produits transformés. Quelle guigne !
Marcelo Bielsa
Cruelle désillusion pour les groupies d’El Loco, le septuagénaire termine son troisième Mondial par un fiasco (aucune victoire, deux nuls, une défaite), quelques sorties remarquées et un constat lucide : il ne laissera rien dans les mémoires après la déroute vécue par l’Uruguay, dont les joueurs ne semblaient de toute façon que peu goûter ses principes de gourou gueulard mais incapable de produire du concret. Et s’il était temps de prendre une retraite bien méritée ? Quoique, il trouvera bien le moyen de prendre les rênes d’une sélection mineure pour tenter de prouver qu’il est toujours dans le coup en 2030.
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