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Raí : « Jouer ensemble change le point de vue des jeunes garçons par rapport aux filles »

SF
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Grand témoin et acteur de la formation des jeunes footballeurs et footballeuses à Paris et au Brésil, Raí est un parrain engagé de la VINCI Mixed Cup, tournoi mixte organisé par le Paris FC et VINCI, qui fêtera sa dixième édition les 26 et 27 août prochains à Meudon (Hauts-de-Seine). Comment ce tournoi innovant fait-il évoluer le foot de demain ?

Depuis dix ans, la VINCI Mixed Cup révolutionne le football de demain en réunissant les meilleures équipes françaises et européennes des centres de formation autour d’un format unique où les performances des U16 féminines et U15 masculins s’additionnent pour ne faire qu’un.


Qu’est-ce que la VINCI Mixed Cup t’inspire ? 

Je suis partenaire de ce tournoi depuis quatre ans. J’y observe une vraie mixité entre des jeunes du centre de formation, garçons et filles. Quand je raconte le concept de ce tournoi au Brésil, j’entends toujours cette réaction : « Pourquoi est-ce qu’on n’a jamais eu cette idée ? » Des partenaires de Gol de Letra, mon association, me racontent qu’on aurait dû l’avoir avant le Paris FC et VINCI. C’est ça, les bonnes idées : c’est simple, ça touche les gens, c’est profond, mais personne n’y avait pensé avant.

Profond, dans quel sens ? 

On parle de plus en plus de football féminin, mais on ne le valorise pas encore assez. Le fait de jouer ensemble change le point de vue des jeunes garçons par rapport aux filles. Se côtoyer pendant les matchs aide à devenir meilleurs. Au Paris FC, on remarque que la mixité est mise en avant. J’ai vu les conditions que les filles ont pour travailler : ce sont les mêmes que pour les garçons. C’est rare de l’observer dans d’autres clubs. Je suis sûr que, pour tous les jeunes qui y participent, ce tournoi a un impact sur leur formation.

Font-ils moins de hiérarchies ?

Oui. Il y a plus de respect, plus d’écoute, et échanger devient ensuite naturel pour elles et eux. Cela dépasse le football. Si le patron joue au foot avec les salariés d’une entreprise, un rapport plus humain est instauré.

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Par rapport au reste de la société, le foot est-il en retard sur les questions de mixité ? 

Le football n’est pas différent du reste de la société, mais il a parfois une tendance un peu plus conservatrice, parce qu’il a souvent été pratiqué par et pour les hommes. Le fait de voir une coupe comme la VINCI Mixed Cup, qui aligne filles et garçons ensemble, qui leur donne les mêmes valeurs et le même poids dans le résultat valorise les rapports entre les gens.

Qu’est-ce que tu remarques pendant ces deux jours de tournoi, qui, depuis 2021, voient s’affronter les équipes féminines lors des premières mi-temps et les équipes masculines lors des secondes ? 

On voit que les jeunes échangent plus que d’habitude. Pendant les matchs, on observe des garçons supporter les filles et les deux être solidaires à la fin. Ce sont des moments marquants et touchants. Ces échanges rendent la formation plus riche.

Quel genre de changement aimerais-tu observer chez les participants après ce tournoi ?

On observe déjà un changement des comportements dans la saison. Les jeunes garçons qui participent à la VINCI Mixed Cup sont plus intéressés par ce que propose le centre de formation féminin, et vice-versa.

Paris et São Paulo, où tu as joué, sont deux villes riches en talents. Qu’est-ce que leurs modèles pourraient s’apporter l’un à l’autre pour mieux accompagner les jeunes ?

On dit que ce sont les deux viviers les plus riches du monde. Je crois même que Paris est devenu encore plus impressionnant que São Paulo. Quand on voit la quantité de joueurs qui sont arrivés à la Coupe du monde et qui sont issus de la région Île-de-France… Dans ces villes, au-delà de la mixité entre les filles et les garçons, il y a aussi la mixité entre les différentes origines. Au Brésil, des gens viennent d’un peu partout, notamment du Nord-Est du pays. Il y a des familles qui viennent y habiter, des gens qui ont des origines étrangères. Je crois que le succès du foot à Paris et à São Paulo montre que les mixités rendent les gens encore plus performants. Ça enrichit la société et ça enrichit aussi le sport. Au Brésil, on discute actuellement du moment difficile que notre football traverse au niveau international. On dit qu’on a perdu notre identité dans le foot, notre façon d’être plus créatifs, d’avoir plus d’audace. D’une certaine façon, c’est vrai. Le Brésil a toujours eu ces éléments qui viennent de la rue, du foot plus informel. C’est vrai que les joueurs brésiliens sont faits pour être un peu plus libres, surtout au moment de leurs formations. Les clubs sont devenus un peu trop rigides, peut-être.

Quelle dimension de la formation faut-il mettre en avant ? 

Il faut bien distinguer les deux côtés de la formation d’un jeune ou d’une jeune : il y a la formation humaine et la formation technique. Ce qui fait la différence au Paris FC, c’est ce mix entre la formation humaine et la formation intellectuelle. Les formateurs poussent les jeunes à être plus créatifs, qu’ils soient libres sur le terrain, des équipes de jeunes à celles adultes. Depuis le National ou la Ligue 2, le club a une philosophie du beau jeu. Des profils de joueurs comme Ilan Kebbal, beaucoup plus techniques que physiques, nous intéressent. Et ça, ça vient du centre de formation.

Pour se distinguer, il faut regarder le comportement.

Raí 

Pourquoi la formation humaine fait-elle la différence ? 

De plus en plus de monde joue au foot. C’est l’activité la plus populaire au monde, mais il y a encore des nouveaux joueurs. Il y a du niveau partout, pas qu’au Brésil. Alors pour se distinguer, il faut regarder le comportement.

Comment peut-on reconnaître une formation réussie, même quand le joueur ne passe pas professionnel ? 

Quand on associe aux formations sportives des formations humaines, éducationnelles qui donnent aux jeunes la possibilité d’en avoir d’autres dans la vie. Un centre de formation réussi, c’est celui qui forme de bons joueurs, mais aussi de bons citoyens.

Tu penses que ces valeurs humaines doivent prendre le devant sur les valeurs footballistiques parce que la société s’ouvre ? 

Oui. Bien sûr qu’un bon joueur ou qu’une bonne joueuse peut jouer du pied gauche, du droit, de la tête, qu’il soit physique, technique, mais le côté humain fait la différence. Des joueurs comme Vinícius, Jude Bellingham, Kylian Mbappé, donnent l’exemple quand ils prennent des positions.

On a beaucoup d’exemples de jeunes qui racontent que les centres de formations sont des univers très concurrentiels, qui brisent des rêves. Comment faire en sorte de ne plus entendre ces histoires ?

Je crois que la clé, c’est d’avoir aussi des bons formateurs, des bons éducateurs, qui accompagnent les jeunes dans ce sens-là.

Et toi personnellement, quel impact tu veux avoir sur ces jeunes ? 

Je deviens de plus en plus vieux (Rires.) Je pense qu’il y a des jeunes qui ne me connaissent pas. J’ai fait des déplacements avec les équipes jeunes du Paris FC, et certaines filles et certains garçons me demandent des vidéos de mes matchs. Ceux qui ont suivi les détails savent que j’étais capitaine, leader, que j’ai marqué beaucoup de buts, que j’ai été le capitaine de l’équipe nationale du Brésil, champion du monde, élu un des meilleurs joueurs de l’histoire du Paris Saint-Germain, mais les gens apprécient plus le côté humain. Pendant ma carrière et après, depuis que je me suis engagé avec le Paris FC, mais aussi avec  mon association Gol de Letra, je mets en avant ces points. Si je suis ambassadeur, ce n’est pas grâce à mes buts, c’est grâce à mon comportement et ce que je représente. Je crois que c’est de ces valeurs aussi que j’ai pu transmettre.

Qu’est-ce que tu attends de la VINCI Mixed Cup cette année ? Une victoire du Paris FC ! Surtout des gestes de respect, de valorisation du foot féminin, et de continuer vers ce sens.

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SF

Crédits photos : VINCI Mixed Cup

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