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Jordan Gonzalez : « Je n’étais pas prévu pour ça »

Jeune entraîneur du médiatique FC Versailles, Jordan Gonzalez (36 ans) entame sa deuxième saison pleine à la tête du club des Yvelines avec une ambition non dissimulée : offrir une montée historique au nouvel OVNI du football français. Rencontre avec un ambitieux.
Deux coachs de football ont été mis à l’honneur sur les plateformes de streaming cet été : José Mourinho, via son documentaire sur Netflix, et toi dans la série Le Club, diffusée sur Canal +. Si on imagine le Mou habitué aux caméras, comment gères-tu cette mise en lumière de ton côté ? Au départ, c’était difficile. Quand j’ai signé ici en novembre 2024, on m’a dit d’entrée : « En venant à Versailles, Jordan, il ne faut pas que tu aies peur de t’exposer, d’être filmé. » De base, je n’aime pas trop faire ça. Parce que quand je suis avec le groupe, avoir des caméras en permanence n’est pas facile à gérer. Des discussions que l’on peut avoir au quotidien peuvent être prises différemment, il faut donc redoubler d’attention sur le choix des mots pour ne pas vexer, choisir les bons moments pour respecter l’intimité aussi de certains échanges. La relation avec l’équipe de tournage étant bonne, j’ai rapidement pu faire abstraction des caméras. Je ne les calculais plus, j’ai vite été moi-même.
Tu as le sentiment que d’être passé sur Canal +, ça a changé les regards des gens du milieu sur toi ?
Oui, dans les deux sens. Il y a des personnes qui m’identifient désormais comme un mec arrivant du monde amateur, qui vont me féliciter, m’encourager. Et puis tu as ceux qui sont très critiques, qui vont écrire que je me prends déjà pour un coach de Ligue 1. Mais ce ne sont pas des choses qui m’affectent.
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Si on fait le bilan, tu es quand même en première ligne sur ces deux premières saisons et demi à Versailles : à ton arrivée, tu annonces que tu vas perdre tes six premiers matchs…
Et on perd les six ! Avec notamment une élimination de Coupe de France face à l’Union Saint Jean qui joue en R1…
Il y aussi eu l’affaire du match prétendument truqué avec ton ancien club du Football Bourg-en-Bresse Péronnas 01 à la fin de l’exercice 2024-2025, le conflit avec l’ex intendant du club Nordine Aïteur la saison dernière… Ça fait beaucoup pour un jeune coach, non ?
Oui, ce n’est pas toujours facile. Quand tu es à fleur de peau, les caméras, tu les acceptes un peu moins. À un moment donné, dans la série, tu me vois crier sur les joueurs à la mi-temps d’un match alors que je suis quelqu’un de plutôt calme… C’est aussi ça, la réalité du métier. Pour ce qui est de l’histoire avec Bourg, c’est quelque chose qui est sorti médiatiquement et qui a pris des proportions que je n’imaginais pas. C’est à ce moment-là que j’ai découvert cette partie-là du milieu, du journalisme, où des informations totalement fausses qui te concernent sortent et sont reprises n’importe comment. Ça peut faire du mal, et une fois que c’est dit… (Il souffle.) Je savais qu’on dérangeait, mais pas à ce point.
Comment as-tu vécu cet épisode hors caméra ? Moi, je savais que je n’avais rien à me reprocher, donc ça allait. Vu d’où je viens et le parcours que j’ai eu, c’est dans ces moments-là que tu vois que tout peut s’écrouler facilement.
Je sais ce que c’est que le milieu ouvrier, la galère. Jusqu’à mes 21 ans, je faisais plein de petits boulots : préparateur de commandes, chauffeur-livreur, animateur de quartier…
Tu viens d’où justement ?
Je suis né et j’ai grandi à Givors, dans la banlieue lyonnaise. Mes deux parents sont espagnols ou d’origine espagnole, ils ont travaillé dans le bâtiment et à l’usine toute leur vie. Je sais ce que c’est que le milieu ouvrier, la galère. Jusqu’à mes 21 ans, je faisais plein de petits boulots : préparateur de commandes, chauffeur-livreur, animateur de quartier… J’ai bossé avant d’arriver dans le foot. Et quand je dis que je n’ai pas peur de l’échec, c’est vrai. Parce que de base, je n’étais pas prévu pour ça.
Et le football, ça arrive quand dans ta vie ? C’est là depuis toujours. J’ai rapidement été plongé dans le bain du foot espagnol, on en regardait beaucoup à la maison avec mes frères, mes cousins. Ma famille est originaire d’Andalousie, donc chez nous, c’était le Betis ou les deux grands clubs de Madrid, le Real et l’Atlético. Moi, je ne sais pas pourquoi, je suis le seul à avoir grandi avec le Barça depuis que j’ai huit ans. Tu l’as deviné : c’était assez conflictuel à la maison. (Rires.) Le Barça, ça a toujours été une équipe qui jouait en 4-3-3 ou 3-4-3 dans son animation, une équipe très offensive, le football total quoi. Petit, je matais les DVD de Cruyff et l’école hollandaise, basée sur la technique. Vu que je passais mes journées à jouer dans la rue, la technique a toujours été au cœur de ma vision du foot.
Tu es né en 1990, tes premiers souvenirs du Barça ne devaient pas être les meilleurs… C’était une équipe qui jouait la Coupe Intertoto ! Mais ouais, j’ai toujours aimé tout ce qui entouré ce club de la philosophie aux maillots, les joueurs comme Rivaldo, Kluivert, Abelardo… Ça m’a marqué et ça m’a suivi dans tout mon parcours d’entraîneur. Cela m’a permis de me structurer, de me donner des idées. Surtout, j’étais fan de Carles Puyol. Vu que j’étais défenseur quand je jouais, capitaine, agressif, je m’identifiais à lui. J’aimais ce qu’il dégageait, il avait une éthique, pas de vice, je le trouvais juste.
Quand tu étais petit, l’Espagne non plus n’était pas encore une équipe qui gagnait… (Il coupe.) L’Espagne a commencé à gagner quand j’avais 18 ans…
Quand on est petit, on est attiré par les clubs qui gagnent. Comment as-tu fait, toi qui supportait un Barça pas encore au top et une Espagne pas dingue, pour t’accrocher ? Il y avait aussi l’Olympique lyonnais. J’étais donc ado dans les années 2000, l’OL marchait sur tout le monde. Il y a toujours eu à Lyon cette philosophie de vouloir avoir le ballon, d’être porté sur l’offensif. En France, l’OL est mon club de cœur. Mon premier match à Gerland, c’était un Lyon-Sochaux en 1999 (4-1) où Alain Caveglia avait marqué un doublé ce soir-là. Puis ensuite les années 2000 avec Sonny Anderson, Flo Malouda, Éric Abidal, Gérard Houllier… j’ai grandi avec eux.
Les gens ont été durs avec le foot espagnol parce qu’ils l’associent à un football où l’on se fait des passes pour se faire des passes. À du handball, même, quand Luis Enrique était le sélectionneur.
Depuis, l’Espagne a remporté deux Coupes du monde, trois Euros et domine le football mondial. Quelle analyse fais-tu de leur sacre cet été ?
Les gens ont été durs avec le foot espagnol parce qu’ils l’associent à un football où l’on se fait des passes pour se faire des passes. À du handball, même, quand Luis Enrique était le sélectionneur. Mais ils ont oublié, à mon sens, de prendre en compte les adversaires de l’Espagne, ce que proposaient les équipes qui affrontaient la Roja. On l’a vu sur ce Mondial où l’Espagne a été en évolution entre le premier match de groupe face au Cap-Vert et la finale contre l’Argentine : au début, elle faisait face à des blocs regroupés puis jouait ensuite contre des équipes qui voulaient instaurer un rapport de force avec elle. L’Espagne a su bien s’adapter à l’évolution du jeu, je la trouve plus directe aujourd’hui. Elle utilise davantage l’attaque rapide, elle a changé le profil de ses joueurs dans les couloirs en intégrant depuis trois-quatre ans Lamine Yamal ou Nico Williams. On voit que les joueurs attaquent différemment les espaces, et je les ai surtout trouvés forts dans la maîtrise émotionnelle ainsi que dans leur capacité à être très peu sollicités défensivement. Ils ont concédé très peu de frappes, d’occasions, et un seul but au total. C’est surtout ça que j’ai cherché à analyser quand je les regardais en cherchant à savoir ce qu’ils font, en amont, pour concéder aussi peu.
Et alors ? Ils ont un jeu de position tellement bien huilé que lorsqu’ils perdent le ballon, ils sont tous au bon endroit, dans les bonnes zones, pour tout de suite être présents et presser l’adversaire. C’est là aussi que d’un point de vue individuel, le retour à ce niveau-là de Rodri fait la différence. Il a participé à énormément équilibrer le milieu de terrain. Mais il n’y a pas que lui. Ce n’est pas anodin que Fabián Ruiz se soit imposé au fur et à mesure du Mondial à ses côtés, et on peut également noter les rôles de Pau Cubarsí et d’Aymeric Laporte qui ont le courage d’être en un contre un, de défendre fort en avançant, de prendre des risques sur leur positionnement. Il en va de même de leur gardien Unai Simón qui gérait la profondeur en étant très haut sur le terrain. C’est plus ça qui m’a marqué que l’aspect offensif d’ailleurs, parce que l’Espagne – hormis face l’Arabie saoudite (4-0) – n’a jamais cartonné ses adversaires. Ça fait un peu penser à leur sacre de 2010, où ils ont gagné 1-0 pratiquement tous leurs matchs.
Comment fait un coach pour s’inspirer de ce collectif fort et le reproduire à Versailles en Ligue 3 ? On sait qu’on n’a pas les mêmes joueurs, mais on peut les sensibiliser sur l’apport qu’ils peuvent avoir les uns envers les autres, notamment d’un point de vue mental et psychologique. Avoir une meilleure connaissance de l’autre, au-delà du football, c’est essentiel.

De quelle façon ? On met en place des activités où les joueurs échangent sur leur vie personnelle, créent du lien pour que derrière, lorsque l’on va parler d’un projet commun, ils aient plus de facilités à travailler et comprendre leur partenaire. Qu’ils puissent se dire : « OK, dans telle situation lui va réagir ainsi car il a vécu ça. » À mon sens, cette confiance mutuelle entre les joueurs va faire à près de 100% que le projet de jeu global va réussir ou non.
On a pourtant l’impression que ce n’est pas forcément la priorité numéro une partout… Chez nous, en tout cas, ça l’est : créer une cohésion hors terrain sur l’aspect humain pour ensuite parvenir à avoir les meilleures relations socio-affectives, à faire en sorte que les joueurs se comprennent et se trouvent les yeux fermés sur le terrain, c’est l’objectif numéro un. L’année dernière, en milieu de saison, on avait fait une soirée où chaque joueur devait ramener un objet qui correspond à un souvenir perso hors football pour l’exposer au groupe. Cela a donné des témoignages personnels assez intenses, on a appris des histoires positives et négatives, on a créé des relations autres que celles qui sont parfois préétablies ou uniquement liées au terrain. Cela te permet de comprendre pourquoi certains sont plus ou moins ouverts, de voir aussi que certains joueurs ont vécu des expériences similaires sans le savoir car ils n’avaient jamais échangé là-dessus au préalable. Le fait de s’ouvrir comme ça donne de la confiance pour celui qui reçoit le témoignage, mais aussi pour celui qui le produit car il faut suffisamment être en confiance pour le faire. On les oblige ainsi à parler de hors-foot parce que finalement quand ils viennent ici, ils vont parler de foot, de leur entraînement, de leur prestation, mais ils ne vont pas parler de si tout va bien à la maison, si ça se passe bien avec leurs enfants… Généralement, on cache ce genre de paramètres en venant au club. Enfin, par rapport à mon métier, je trouve ça dur de manager des joueurs si je ne les connais pas. Je ne peux pas leur demander d’être au service de l’autre, de se sacrifier pour l’autre, si on n’a pas un minimum de confiance réciproque.
Comme dans un jeu d’échecs, il y a la volonté de davantage manipuler l’adversaire.
Comment est-ce que tu conçois le foot ? J’aime que mes équipes dégagent un football offensif porté sur l’attaque et l’envie de marquer. Je veux que mon équipe soit intense, avec une certaine agressivité, qui aime dicter le rythme du match avec et sans ballon. Ces dernières saisons, j’ai fait évoluer ma perception en essayant d’être plus stratège, que mes joueurs le soient davantage aussi avec ou sans ballon. Avant, j’avais l’obsession de récupérer très haut le ballon et de ne surtout pas défendre dans mon camp. Aujourd’hui, j’ai la capacité d’être en bloc bas car cela fait partie de la stratégie. Comme dans un jeu d’échecs, il y a la volonté de davantage manipuler l’adversaire.
Quels sont les coachs ou équipes dont tu t’inspires ? Je regarde moins les matchs en entier faute de temps, mais davantage les styles et surtout des clips sur des situations de jeu précises avec les outils qu’on a comme Wyscout. Pour vraiment aller chercher ce qu’on veut. Dans le lot, il y a les équipes qui jouent dans le même système que nous comme le Leverkusen de Xabi Alonso dans son 3-4-3 ou en ce moment la Roma de Gian Piero Gasperini… Ces dernières années, j’ai beaucoup regardé Jürgen Klopp sur l’intensité, ce que ses équipes dégageaient sur la transition, l’attaque rapide pour adapter mon modèle de jeu. Et puis, historiquement, il y a aussi bien évidemment Guardiola et toute l’école barcelonaise, Luis Enrique… Je regarde aussi la Ligue 2, le Dunkerque de Luis Castro que j’ai aimé sur les ressorties de balle ou encore ce qu’avait fait Fred Reculeau, le coach de la Roche sur Yon, (qui a battu Versailles 3-2 lors de la première journée de Ligue 3, NDLR) lors de son passage à Avranches dans sa manière de ressortir le ballon, de manipuler les adversaires pour les aspirer. Je m’inspire de tous les niveaux.
On imagine aussi qu’il y a Pierre Sage. C’est lui qui t’a fait venir à l’OL pour coacher les jeunes à l’académie, en janvier 2024, alors que tu étais entraîneur de Bourg-en-Bresse depuis six mois et large leader en National 2. Bien sûr. Je connais Pierre depuis bien plus longtemps puisqu’il a été l’un de mes formateurs lorsque j’ai passé mon brevet d’État quand j’avais 22 ans. C’est devenu un ami dans le football, on échange beaucoup sur la méthodologie, on a la même vision sur la méthode de travail. Il a eu un rôle de mentor car il a beaucoup de connaissances, de science, et vu que j’ai un parcours d’autodidacte, il m’a apporté des ressources que je n’avais pas moyen d’aller chercher moi-même. Par exemple de la théorie sur de la méthodologie ou des échanges contradictoires pour m’amener à réfléchir sur tout… On échange encore régulièrement par messages. C’est une fierté de le voir à ce niveau-là aujourd’hui.
Pierre Sage a créé un précédent au plus haut niveau. Ça ouvre des portes et c’est à nous derrière d’y entrer.
Pierre Sage a été élu entraîneur de l’année en France en étant issu du monde amateur. De ton côté, tu as dû entraîner pendant 18 ans dans toutes les divisions françaises – et notamment plus de deux ans à Versailles, en Ligue 3, où le diplôme est pourtant obligatoire à ce niveau-là – pour prétendre pouvoir passer le BEPF cette saison. Pourquoi est-on aussi conservateur en France au sujet des coachs ? Je ne sais pas… Peut-être que cela vient de la mentalité française, du conservatisme dont tu parles. En Allemagne, les coachs ont accès aux diplômes beaucoup plus tôt, plus jeunes, il n’y a pas trop de critères. Même chose en Écosse, en Angleterre, en Espagne, au Portugal où c’est même différent avec les parcours universitaires. Il y a une ouverture différente, ce qui génère le développement de plus de coachs avec des parcours variés. Est-ce que ces choses-là changeront ? Je ne sais pas. On peut malgré tout noter que ces dernières années, cela bouge un petit peu : on voit que Pierre Sage a créé un précédent au plus haut niveau. Ça ouvre des portes et c’est à nous derrière d’y entrer. À mon niveau, c’est à moi aussi de montrer que les clubs ne font pas confiance pour rien à des coachs qui viennent du monde amateur, qu’il y a de la compétence dans ces divisions. Mais ça évolue, c’est bon signe.
Tu as exercé pendant un an et demi en sachant que ton club payait une amende de 7500 euros par match. Sanction qui a pris fin lors de ton admission au BEPF en avril 2026. Cela jouait dans ta manière de coacher ? Non. On avait échangé à ce propos avec la direction quand ils sont venus me chercher. Ils l’avaient en tête et ils le savaient. Ils ne m’ont pas mis de pression par rapport à ça. Je ne suis pas redevable mais j’ai une reconnaissance envers eux car ils m’ont donné ma chance dans ce championnat, ils ont cru en moi et j’ai envie de réussir pour leur rendre la pareille, leur montrer que je suis capable et qu’ils ne se sont pas trompés en faisant ce choix-là, qui est un choix fort quand même.

Comment coache t-on un club de Ligue 3 tout en passant le BEPF en même temps ? On a treize semaines de formation et un stage à l’étranger. Hormis pour le stage où tu es absent du lundi au samedi, en général, ça te prend trois jours dans la semaine. On a eu la possibilité, du fait de mon absence liée au BEPF, d’avoir un adjoint supplémentaire. Je reste bien sûr en lien permanent avec mon staff, on a aussi internalisé une base de données au club qui fait que j’ai accès quotidiennement à ce que les joueurs font, ce qu’ils remplissent dans leurs questionnaires pour être toujours à jour et au courant de ce qu’il se déroule la journée, la semaine. Et le soir, quand la formation se termine, on échange avec le staff pour faire le point et partir sur la séance du lendemain.
La Ligue 2 avec Versailles, c’est l’objectif de cette saison. J’ai envie de mettre le club là où on m’a demandé de l’accompagner.
On parle souvent de la santé mentale des joueurs, plus rarement de celle des entraîneurs et de la fameuse solitude du coach. Quand on voit le programme qui t’attend, comment gères-tu tout cela ? Le BEPF nous sensibilise beaucoup là-dessus, sur comment le coach se développe et va chercher à mieux se connaître. J’ai un équilibre à garder, comme tout le monde. Je me suis remis au sport car je trouvais que cela affectait ma santé mentale, c’était important de retrouver des moments pour pouvoir évacuer aussi. L’équilibre familial est très important aussi avec ma femme et mes enfants, mes amis, ma famille, qui sont hors du foot et me permettent de déconnecter. Même si ce sont de courts moments. Parfois, c’est aussi la vie qui te fait changer comme il y a quatre ans, lorsque mon fils a eu des soucis de santé à sa naissance. C’est dans ces moments-là où l’on se dit que tout ça est secondaire. Avant cet épisode, ma vie, c’était foot, foot, foot. Maintenant, j’arrive à déterminer quand c’est le bon moment de couper, de trouver le point où je relativise, où je me dis que ce n’est que du foot justement. Le fait d’avoir des enfants, ça te change. Et quand il se produit des choses de la sorte, encore plus.
Pour finir, tu as confié vouloir faire mieux que la saison dernière où vous avez terminé cinquième. C’est la Ligue 2 ou rien ? Pour la première fois, on a pu stabiliser un groupe avec un noyau fort pour être dans la continuité. Un gain de temps pour appréhender toute la partie méthodologie, la découverte des joueurs. Vu qu’on s’est maintenu assez en avance, on a pu anticiper avec Salomon Kashala, le directeur sportif, et identifier les besoins pour ce que l’on veut faire dans le jeu en prenant en compte les caractéristiques du championnat. On a ciblé des profils voulus, on n’a pas subi le mercato, on a fait un effectif assez rapidement avec les joueurs souhaités. La Ligue 2 avec Versailles, c’est l’objectif de cette saison. J’ai envie de mettre le club là où on m’a demandé de l’accompagner. De construire quelque chose et de le pérenniser dans le temps. Pouvoir travailler sainement avec une direction saine, c’est important dans le foot. La suite ? Je ne me fixe pas de limites et forcément un jour, il y aura la volonté d’aller chercher ses rêves. Coach du Barça ou de l’OL, c’est le rêve ultime !
Versailles inscrit le premier but de l'histoire de la Ligue 3Propos recueillis par Andrea Chazy, à Bougival (78)























































