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Bilan 2007 : Portugal, le petit qui résiste !

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Bilan 2007 : Portugal, le petit qui résiste !

A un poil de csc de Bruno Alves, le Portugal a bien failli tenir compagnie à l'Angleterre dans le coin des cancres privés d'Euro. Si on y ajoute Benfica sorti en ¼ de finale de l'UEFA par l'Espanyol Barcelone comme meilleure performance en club et un championnat naviguant entre la L1 et l'Ecosse, il y a matière à la déclinologie. Pourtant on aura beaucoup parlé portugais en 2007. Mourinho chômeur de l'année, Ronaldo presque joueur de l'année, le prix du jeune Portugais qui flambe et une sélection qui se qualifie en jouant mal : on a connu pire.

Connaissez-vous José Socrates ? Il y a des chances que vous répondiez : « Je ne savais pas que le frère médecin de Rai s’appelait José » . Pourtant impossible de rater José Socrates sur la photo de l’année. Un art du placement inné chez ce social libéral revendiqué, toujours à glisser son sourire de mec faussement décontracté entre les Brown, Sarkozy ou Merkel. José Socrates est le Premier ministre du Portugal, soit juste le poste le plus important du pays devant celui du Président de la République et pas loin derrière José Mourinho. Ces six derniers mois, Socrates était en charge de la présidence tournante de l’UE, l’occasion d’occuper la table des grands, d’établir des contacts afin de ne pas retourner à celle avec le Letton et le Bulgare. Le foot portugais ressemble à José Socrates : il s’agrippe à la table principale et garde un argument de poids pour s’y maintenir.

On n’apprend rien, la principale richesse du pays, ce sont ses joueurs. Dans l’économie du foot, le Portugal ne peut pas résister, normal, pays de foot mais 35ème puissance mondiale selon le PIB, marché publicitaire mineur. Comme la France du foot, le Portugal produit ou affine la matière brute ; du Brésilien débarqué par charter et passé au tamis portugais (l’adresse est connue, chaque club propose sa sélection, du choix mais se méfier), des Argentins (la bonne filière du FC Porto avec Lucho Gonzales ou Lisandro Lopez, recommandés mais chers) sinon il y a Freddy Adu, le Jordan du soccer qui reprend tout à la base au Benfica.

La comparaison avec la France s’arrête là : le Portugal, avec ses 10 millions d’habitants et un système de formation moins planifié, produit des joueurs prêts à l’exode en quantité plus artisanale, mais à forte valeur ajoutée (Nani, Simão, Manuel Fernandes ou le récent naturalisé Pépé ont contribué à redresser la balance commerciale du pays en 2007).

Le championnat peut toujours ordonner qu’on lui donne de la Superliga, il sert avant tout de terrain de chasse pour les scoots anglais et espagnols. Il y a toujours la rivalité entre les trois gros bien sûr, sans quoi les médias du pays seraient bien emmerdés pour remplir des journaux de 80 pages et tenir des JT d’une heure. Mais le scénario est trop lyonnais, Porto file déjà vers un cinquième titre en six ans, ses deux rivaux de Lisbonne acceptent la chose sans trop s’en émouvoir.

A Benfica, on débarque l’entraîneur au soir de la première journée pour rappeler le gros Camacho qui une défaite plus loin laissera entendre qu’il voyait Porto déjà champion.

Au Sporting, l’argent des transferts commence à déborder, ce qui n’empêche pas Veloso et Moutinho d’être promis au plus offrant l’été prochain. Et les socios regardent Manchester United pour se faire du mal.

Derrière, depuis l’érosion de Boavista (l’invité permanent des 90’s) personne ne songe à remettre en cause l’oligarchie en place. Braga, grâce à une grosse base défensive, est régulier dans les cinq depuis quelque temps et vient de passer les poules en UEFA, alors que Guimarães créait la surprise en passant à la trêve quatrième à un point du Sporting. L’an prochain, ces équipes rentreront peut-être dans le rang pour laisser la place à Naval ou Coimbra. Un siècle que ça dure, rien n’indique que ça change prochainement.

En Coupe d’Europe, le Portugal ne court plus derrière sa splendeur passée, il a compris. La permanence des trois lui permet une certaine tenue. Porto qualifié en 8èmes de la C1 avec un bon coup à jouer face à Schalke, Benfica et le Sporting reversés en UEFA, les clubs lusitaniens font valoir l’expérience et ne tremblent pas à l’idée de croiser la route de Panonios ou Copenhague, eux…

Si le championnat et les clubs rythment toujours le quotidien, question d’habitude, la concurrence des autres sports n’étouffe en outre pas les matchs le week-end, la grande attente se déplace donc vers la sélection. Le Portugal attend son 98, il se dit que l’expérience accumulée par ses ouailles à l’étranger va peut-être payer. A ce moment-là, j’en connais un paquet qui vont évoquer une tradition millénaire en matière de loose. Sauf que finale en 2004, demie en 2006, rien n’empêche de croire au grand soir le 29 juin à Vienne. Pourtant en 2007, l’équipe de Scolari aura alterné le moyen avec le bien médiocre. Une qualification après un 0 à 0 de la peur à domicile face à la Finlande, des rencontres prises par-dessus la jambe (nul en Arménie, victoire piteuse au Kazakhstan avec Makukula de la Beaujoire pour sauveur) et le n’importe quoi de la fin de match face à la Serbie avec Scolari à l’uppercut et les mauvaises manies qui reviennent (remember l’après-match face aux Français en 2000).

Bref, il existe plus rassurant comme profil de favoris. Mais si on pouvait se fier aux qualifications, l’Espagne s’appellerait le Brésil et les Bleus de Platoche auraient plié l’Europe entière en 92 sur leur lancée.

Un coup d’œil sur l’effectif : Ronaldo, Deco, Quaresma, Nani, Pépé, cette équipe respire quand même le talent. D’ailleurs elle se repose trop souvent dessus, il suffit d’observer son extrême fragilité à la perte de balle.

Pourtant le Portugal offre aussi du muscle (Maniche, Carvalho), du vice (Bruno Alves, Petit) et quelques nouveautés en magasin (Miguel Veloso, Meireles, Bosingwa). Et puis le tirage l’a gâté en le glissant dans la bonne partie de tableau, celle où tout le monde voit l’Allemagne en finale, celle où il évite le bourreau français en demie.

Reste le problème du buteur, une rengaine vieille comme la hanche d’Eusebio. En 2007, Scolari aura composé avec les historiques Nuno Gomes et Helder Postiga (soit un buteur domestique fatigué et un faux avant-centre), puis le Brésilien a misé sur la taille avec Makukula et Hugo Almeida. Pas con quand on évolue dans un système qui mise sur les côtés. Du coup l’avant-centre du Werder tiendrait la corde pour être à la réception des centres éventuels des ailiers stars. Et Scolari peut toujours se rassurer, les buteurs du dernier Euro se nommaient Baros et Charisteas.

Alors pourquoi pas Hugo Almeida one shot de l’été 2008 ? Sinon on voit Alexander Frei pour la Suisse. Danemark 92, Grèce 2004, toujours se méfier des petits quand on parle Euro.

Alexandre Pedro

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