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Le PSG a-t-il perdu la recette ?

À nouveau battu en championnat, et pour la première fois sur sa pelouse, le Paris Saint-Germain inquiète à quelques jours d'affronter Chelsea en huitièmes de finale de Ligue des champions. Jusqu'à quel point ?
« Mojo t’en va pas. Mojo t’en va pas ». Dans son titre éponyme « Mojo », sorti en 2018, Claire Laffut abordait le sujet de cet espèce d’état de grâce inqualifiable qui la fuirait. À la manière d’un artiste en quête de réponses, le PSG aurait-il perdu le sien et la recette qui va avec ? C’est la question qui se pose franchement autour du champion d’Europe, qui, au terme d’un début d’année 2026 moyennasse (défaites face à Rennes, au Sporting, au Paris FC et maintenant Monaco), inquiète plus qu’il ne rassure, à une période l’année où il semblait irrésistible il y a un an. À quatre jours d’un huitième de finale aller de Ligue des champions face à Chelsea, la défaite face à Monaco donne plusieurs raisons de se gratter la tête.
L’inefficacité et fatigue, mères de toute cruauté
Depuis de longues semaines, le point noir du PSG, c’est elle, l’inefficacité. Souvent incapable de planter pour faire basculer une rencontre, le PSG s’est encore une fois pris les pieds dans le tapis de la finition face aux Monégasques. Lui qui enchaînait les buts l’an passé, signés par une belle diversité de joueurs, il peine désormais à faire trembler les filets quand il le faut vraiment. Un mal profond et de plus en plus chronique, qui interroge, alors qu’à l’exception d’Ousmane Dembélé, les offensifs parisiens enchaînent les rencontres. D’autant plus que lorsqu’il s’agit de remonter des situations mal embarquées, c’est un poncif de dire qu’il est conseillé de se montrer efficace devant le but. Or par corrélation, cette saison, le PSG n’est plus vraiment l’as des retournements de situation.
Le @PSG_inside n'a pris qu'un seul point après avoir été mené au score de @Ligue1 cette saison (5 fois mené au score). #PSGASM
— Stats Foot (@Statsdufoot) March 6, 2026
Paris semble en tout cas avoir perdu la recette. Mais comme dans toute bonne formule, l’important, c’est la préparation. Hors celle-ci, on sait bien que le PSG ne l’a pas eue. Avec ses trois toutes petites semaines de coupure cet été, Paris était promis à l’enfer sur le plan physique. Les blessures du début d’année ont confirmé qu’il faudrait retaper les moteurs, mais les images des joueurs bouches ouvertes et mains sur les genoux des derniers matchs, tout autant que certaines séquences où ils paraissent sans gaz, tendent à montrer que le réservoir est vraiment vide et qu’il faudrait plus que du foncier pour remettre tout le monde d’aplomb.
Parmi les leaders, regardez-donc Vitinha ou Achraf Hakimi. Tauliers naturels et incontestés du PSG, ces deux-là tirent sévèrement la langue depuis plusieurs matchs. Sans ses camarades João Neves et Fabian Ruiz (blessés) dans l’entrejeu, le Portugais semble isolé et ce n’est pas l’arrivée mercredi du duo Moisés Caicedo et Enzo Fernández, physique s’il en est, qui viendra rassurer les supporters Rouge et Bleu. Le Marocain lui, souffre de la comparaison avec Nuno Mendes, qui même en étant un peu moins bien lui aussi, semble parfois porter l’équipe sur ses épaules.
Le mojo est-il vraiment parti ?
Après une saison où tout lui a réussi, où il a évité les pépins et vu les événements tourner dans le bon sens, Paris aurait-il aussi perdu ce qui a fait sa force l’an dernier, son mojo ? Au Parc des Princes vendredi, quand Bradley Barcola réduit la marque, bien aidé par le talon de Jordan Teze, on se dit que la chance a pu tourner et que Monaco va s’effondrer. Que nenni ! Dans la foulée, c’est Folarin Balogun qui a récupéré la baraka pour redonner deux buts d’avance à l’ASM. De là à dire que Paris a totalement paumé sa bonne étoile ? Peut-être pas. Imaginez rapidement la double confrontation de Ligue des champions sans les deux rouges monégasques et vous aurez déjà un bon élément de réponse. Du moins, en C1. Reste que pour la première fois de sa carrière, ce même Barcola a perdu un match en pro en ayant marqué à domicile.
Bradley Barcola a perdu une rencontre à domicile au cours de laquelle il a été buteur pour la 1ère fois de sa carrière professionnelle en club. #PSGASM
— Stats Foot (@Statsdufoot) March 6, 2026
Si la période est bel et bien tristounette, la défaite face à Monaco reste pour autant à relativiser. Car l’ASM a une bonne gueule de cryptonite, et l’aura donc battu par deux fois en championnat, et largement secoué en Ligue des champions. S’il fallait même retenir un enseignement de ces quatre rencontres, ce serait d’ailleurs qu’il faut tresser quelques louanges à Sébastien Pocognoli pour avoir trouvé une sacrée parade à Luis Enrique. Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme et faire évacuer le bâtiment donc, mais peut-être qu’un petit exercice incendie − si si, les mêmes qu’ont faisait de la primaire au lycée − ne serait pas de trop.
Avant de retrouver les Blues, l’heure n’est pas encore au catastrophisme. Mais on en viendrait presque à se rappeler que Chelsea est désormais entraîné par Liam Rosenior, qui a lui aussi déjà trouvé quelques clés pour embêter le PSG par le passé. Pour se rassurer, on retiendra plutôt qu’Enzo Maresca, lui le champion du monde, n’est plus là. Et puis, galérer en championnat, toutes proportions gardées, et performer en Europe, c’est possible. Demandez donc à Tottenham.
Nuno Mendes : « Il faut s’améliorer »Par Julien Faure, au Parc des Princes





















































