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Anthony Caci : « Je suis trop vieux pour Strasbourg maintenant »

Propos recueillis par Timothé Crépin
12' 12 minutes
Réactions
Anthony Caci : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Je suis trop vieux pour Strasbourg maintenant<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Blessé pendant sept longs mois, Anthony Caci (28 ans) a repris la compétition dimanche dernier avec Mayence. Au meilleur des moments pour lui, juste avant le quart de finale retour de Ligue Europa Conférence face à Strasbourg (victoire 2-0 des Allemands à l'aller), où il a passé onze ans de sa vie. Un moment qui s'annonce fort en émotion pour lui, face à une équipe, et surtout un club qui ont beaucoup changé depuis son départ.

Anthony, tu viens d’arriver à Strasbourg pour ce quart de finale retour. Ça veut dire que tu es dans le groupe pour ce match à la Meinau ! Ça a été quand même un soulagement. J’avais déjà cette envie d’y être au match aller mais c’était compliqué, j’avais repris trois jours avant… Mais là, je suis rassuré d’être dans le groupe pour le retour.

Tu vas affronter Strasbourg, ton ancien club, que tu as connu pendant plus de dix ans, dans un quart de finale de Coupe d’Europe. A quel point c’est improbable ?

Oui, si un jour on m’avait dit : « Tu vas partir de Strasbourg, tu vas jouer en Allemagne mais, un jour, tu vas rencontrer Strasbourg et tu vas les jouer à la Meinau en Coupe d’Europe ». Jamais je n’y aurais cru. Ça va me faire une sensation spéciale.

Comment imagines-tu cette sensation ?

Un mélange de tout. Être content d’être là, de revoir des anciens visages, de refouler mon ancien jardin, mais avec l’ambition de se qualifier avec Mayence et de laisser Strasbourg sur le côté, pour qu’on avance dans cette compétition.

Tu es un émotif dans ces moments-là ?

Je prends tout ce que je ressens à cœur. On verra sur le moment, mais c’est sûr que ça va me faire tout drôle.

Comment avais-tu réagi au tirage au sort ?

D’un côté, j’étais surpris. De l’autre, heureux. J’ai eu plein de messages de tout le monde, des amis, des anciennes connaissances, des Strasbourgeois, en disant : « Waouh, quel parcours incroyable de se rencontrer ! »

On le sent chez toi, évoquer Strasbourg, ce sont de sacrées émotions. Raconte-nous le jour où tu as intégré le club, en 2011…

J’avais entre 13 et 14 ans. Avant, j’avais été dans plusieurs clubs, quatre ou cinq, dans ma région d’origine, chez mes parents, en Moselle. Je me rappelle que c’était une session de détection tous les dimanches. Un recruteur avait envoyé une lettre à mon papa, en disant être intéressé pour que son fils vienne s’entraîner tous les dimanches matins. Je ne sais plus si c’était une ou deux fois dans le mois. L’idée était de me voir de plus près, aux côtés d’autres bons joueurs. Donc on avait cette section de détection. Au final, j’ai signé comme ça. À la fin de l’année, ils m’ont proposé de rejoindre directement le club. J’aimais beaucoup le Strasbourg de l’époque, ils avaient vraiment l’ambition de jouer au ballon, c’était moins physique que Metz ou Nancy, qui cherchaient déjà un certain gabarit. Pour être honnête, j’avais été également dans les détections à Metz et à Nancy. Mais ce qui ne passait pas là-bas, c’était mon physique, car j’étais toujours petit, fin, j’ai mis du temps à grandir. Et, du coup, ils n’ont jamais passer le pas.

La descente aux enfers, on devait manger des plats surgelés au centre de formation, faire la vaisselle, etc. parce qu’il n’y avait plus le personnel de ménage avec la perte du statut professionnel.

Anthony Caci

Et pourtant, peu de temps après, Strasbourg coule. Mais tu y restes…

Je suis arrivé et, un an après, je crois, on coule : dépôt de bilan, etc. C’est compliqué. Je regarde mes parents et je dis : « Waouh, est-ce que j’ai fait le bon choix ? Est-ce que je n’aurais pas dû attendre Metz et Nancy ? » Mais, au final, mon père m’a demandé : « Tu te sens mieux où ? » Honnêtement, la réponse, c’était Strasbourg. Il m’a dit : « Voilà. Tu as le temps de grandir, tu n’es pas encore professionnel, il va falloir t’accrocher et bosser pour y arriver. Prends du plaisir là où tu te sens le mieux et tu verras ce que le futur te donnera. »

Malgré ces bonnes paroles de ton papa, à quel point la période était-elle incertaine ? Parce que Strasbourg perd son statut, son centre de formation…

C’est ça. On perd aussi beaucoup de membres du staff du centre de formation… D’ailleurs, je vais te donner une anecdote : mon surveillant du centre, c’est aujourd’hui le préparateur physique du RCSA. Les parcours incroyables ! On est toujours en contact. Il sait que je suis dans le groupe, il m’a déjà écrit. On a tout vécu à Strasbourg ! La descente aux enfers, on devait manger des plats surgelés au centre de formation, à faire la vaisselle, etc. parce qu’il n’y avait plus le personnel de ménage avec la perte du statut professionnel. Donc on devait aider au sein du centre. Il n’y avait plus trop de règles, finalement. On avait un frigo, un micro-onde et une PlayStation dans les chambres. Je ne sais pas comment c’est aujourd’hui, ça doit être beaucoup plus carré, mais on a vécu une formation différente des autres. Ce qui est beau, c’est de voir qu’on a connu des conditions très difficiles, mais qu’on a réussi. Et que ce soit moi ou le préparateur physique, quand on se croise, on rigole, on se dit : « Punaise, si les jeunes d’aujourd’hui savaient ce qu’on a vécu… Ils réfléchiraient autrement… » Avant de râler, par exemple, pour certaines choses, pour rien. S’ils avaient vu nos conditions…

À quel niveau es-tu imprégné, aujourd’hui, d’une certaine mentalité du RCSA, qui fait que tu es un peu voire beaucoup strasbourgeois dans ta tête ?

Sur le côté famille. Dans cette région, on sent l’amour des gens. Ils sont vraiment amoureux du club. On le voit encore aujourd’hui avec les nouveaux investisseurs (BlueCo), ça leur pose problème… Ce n’est pas comme les autres clubs. Le Racing, pour eux, c’est tout. Et de ça, j’ai été imprégné. Depuis ma formation, je donnais tout sur le terrain parce que tu es amoureux du club, en fait. J’ai toujours une partie de moi qui est strasbourgeoise dans mon cœur. Avec ce côté alsacien que je ne suis pas de base…

Si on te demande de citer le souvenir le plus fort de ta carrière pro avec Strasbourg, est-ce que tu nous réponds forcément la victoire en Coupe de la Ligue en 2019 ?

Oui. Il y a ça et mon but contre le PSG.

Rappelons à quel point cette finale face à Guingamp, à Lille, au Stade Pierre-Mauroy, avait été affreuse… (0-0 après prolongation, 4 tirs au but à 1)

Elle était affreuse. Elle était catastrophique cette finale ! J’en ai parlé avec un ami, à Mayence, il n’y a pas longtemps. Je lui ai dit : « J’ai gagné une Coupe de la Ligue ! » Il m’a répondu : « Coupe de la Ligue ? Ça existe ça encore ? » Je lui ai expliqué : « Non, elle n’existe plus, mais cette finale était vraiment dégueulasse, donc ne va pas voir les vidéos… » Je revois les supporters… On avait rempli trois tribunes sur quatre, tout le stade était bleu. J’avais l’impression qu’on jouait à Strasbourg. Je me rappelle du tour des supporters dans la ville, avant le match. Une ambiance de fou. Une énergie derrière nous. Et il y a eu après, quand on a gagné aux tirs au but, la fête tous ensemble… Des beaux moments.

 

Jetzt geht&rsquo;s los !
Jetzt geht’s los !

Tu évoquais ton but face au PSG (92e minute ; 3-3, avril 2022). C’était un match complètement fou face à ce Paris de l’époque Messi-Neymar-Mbappé…

J’étais remplaçant. Je n’étais pas content, car avant de partir de Strasbourg, je voulais marquer à la Meinau, chose que je n’avais pas réussi. On jouait le PSG, je me suis dit que ce serait beau de marquer. Avant que je rentre, Julien Stéphan, notre coach à l’époque, me dit : « T’inquiètes pas, tu vas avoir une occasion. Et tu vas la mettre au fond ». À ce moment, je me dis qu’il lance ça pour me rassurer (il sourit). Au final, sur un centre de Dimitri Liénard, j’attends au deuxième poteau, je la reprends de volée et je marque mon but à la Meinau. Avec mon départ, juste après, où c’est comme si je quittais ma famille, j’avais tout vécu là-bas. C’était fort en émotion. Strasbourg, ce n’était que du bonheur.

Le Racing a changé, c’est une autre mentalité, il n’y a que des jeunes, beaucoup d’étrangers. C’est le nouveau football qui demande ça.

Anthony Caci

Quasiment quatre ans après ton départ, ton Strasbourg a beaucoup changé…

Oui, c’est sûr que c’est différent, ne serait-ce que le stade. J’avais été invité quelques fois par le président. Avec cette nouvelle tribune où on reconnaît un peu moins le stade, c’est beaucoup plus moderne. Ça a changé, c’est une autre mentalité, il n’y a que des jeunes, beaucoup d’étrangers. À l’époque, il n’y en avait pas énormément dans notre équipe. Il y avait même quelques Alsaciens. C’est le nouveau football qui demande ça.

Mais ce nouveau football est-il le football d’Anthony Caci ?

Je te dirais oui et non. Oui parce que leurs principes de jeu me ressemblent beaucoup : ressortir les ballons assez proprement de derrière, ne pas se précipiter à dégager la balle sous pression… Jouer avec la confiance. J’aurais aimé connaître un peu plus ça à Strasbourg. Mais, je te dis aussi non parce qu’ils font ça avec un projet autour des jeunes joueurs. Je vais bientôt avoir 29 ans, je ne pourrais plus rentrer dans les rangs de Strasbourg, à part pour le staff. Il y a quelqu’un qui m’a dit ça : « Tu ne veux pas revenir ? » Je lui ai répondu : « Si je reviens, c’est pour le staff, je suis trop vieux ». Mais c’est sûr que, quand on vient aux matchs et que ça ne chante pas les quinze premières minutes, je n’ai pas l’habitude… Moi j’ai l’habitude d’un stade bouillant de la première à la dernière minute, il nous chauffe, ça crie après une bonne action, ça nous pousse jusqu’au bout malgré la fatigue, etc. Là, les quinze premières minutes, tu t’endors un peu, tu te demandes ce qui se passe, tu ne reconnais pas trop la Meinau…

De là à te dire que le Strasbourg que tu as connu n’existe plus ?

Non, je ne dirais pas ça. Il y a toujours les fondations, Marc Keller est derrière et contrôle aussi tout ça. Je sais comment il est. Il ne laissera jamais toutes les clés à de nouveaux investisseurs, il aime avoir ce contrôle et il le gardera. Avec le fait que le club soit toujours alsacien, qu’il faille garder certaines valeurs de cette région. Oui, bien sûr, des choses ont changé, mais c’est le football d’aujourd’hui. Combien de clubs sont en difficulté financièrement et auraient besoin d’un investisseur étranger, qu’ils n’ont pas eu, ce qui fait que ça a été compliqué ?

 

 

Sportivement, Mayence a fait le boulot à l’aller. Ça sent plutôt bon pour une qualification en demi-finales, non ?

Oui, ça sent bon. On a gagné 2-0. Maintenant, on le sait, jouer à l’extérieur, ce n’est pas pareil, encore moins à la Meinau. Je sais comment Strasbourg est remonté… J’ai vu quelques stories des joueurs, j’ai parlé aussi avec eux dans le vestiaire à l’aller. Ils savent à quoi s’attendre. On est bien rentrés dans le match en première mi-temps. Là, ils ne vont pas être surpris. À nous aussi de ne pas l’être.

Globalement, être dans le top 10 de la Bundesliga, en ballotage favorable pour le dernier carré d’une Coupe d’Europe, c’est presque inespéré pour vous, vues les difficultés en première partie de saison… Mayence n’avait gagné qu’un seul de ses seize premiers matchs de championnat, rappelons-le.

On a débuté la saison, avec quelques blessés, des joueurs importants, des suspendus, de la malchance, on change de coach. Puis on a de nouveau eu des grosses, grosses blessures. On ne voyait pas le bout du tunnel. C’est comme si on était dans un puits, avec quelqu’un qui nous mettait de l’eau, et qu’on n’arrivait pas à en sortir. À partir de janvier, il y a eu l’arrivée d’un nouveau coach (Urs Fischer), quelques nouveaux joueurs qui nous ont aussi apporté, avec un rafraîchissement dans l’équipe. Tactiquement, on a revu nos bases, avec l’idée de rééquilibrer la défense, être plus solide, plus rigoureux et, offensivement, avoir de l’intensité, jouer avec de la confiance. Tout ça nous a aidé.

Personnellement, tu as regardé ça des tribunes. Tu es resté blessé pendant sept mois !

Jamais je n’aurais imaginé avoir une blessure aussi longue. Ça a été très compliqué, très dur à accepter. Je voulais toujours revenir au plus vite pour aider mon équipe qui était alors en difficultés. J’ai fait des rechutes (deux), je pense, parce que j’avais cette ambition. Avec les idées qu’on a dans la tête, si le corps qui ne suit pas derrière, ça ne peut pas fonctionner. Aujourd’hui, je vois le bout du tunnel.

Peut-être que cette blessure va m’apprendre des choses pour être encore meilleur et réaliser une meilleure saison encore.

Anthony Caci

Qu’est-ce qui a pu être le plus dur dans ce tunnel interminable ?

D’accepter le fait d’être sur le côté, de voir tes coéquipiers en difficulté et de ne pas pouvoir les aider. Aussi de voir qu’on passe les tours de Ligue Europa Conférence mais que tu n’es toujours pas disponible pour jouer les matchs. Car mon but, c’était vraiment de jouer l’Europe. C’est ma quatrième saison. Pendant les trois premières, je n’étais pas souvent dans la tribune…

À part la patience, qu’as-tu appris sur toi durant cette période ?

Beaucoup de choses sur mon corps. Faire attention, aussi, avec l’âge. Car on pense toujours qu’on est jeune, mais dans le football, à 28-29 ans, on n’est plus tout jeune. On pense qu’on peut dépasser les limites. Mais, derrière, ton corps réagit et te fait comprendre certaines choses. C’est faire attention : l’alimentation, le sommeil, l’hygiène de vie. J’ai pu changer des choses dans mon quotidien. J’ai une montre connectée qui me dit comment je dors. Un nutritionniste qui me suit régulièrement, je lui envoie ce que j’ai mangé chaque semaine. Comment bien récupérer, qu’est-ce que je fais avant et après l’entraînement ? Tu grandis après une blessure. Parce que quand tu n’es pas blessé, tu te dis que tout va bien, que tu fais tout comme il faut. Quand la blessure arrive, tu te demandes : « Pourquoi ? » Tu cherches des réponses, tu essaies d’agir.

Quelles ont pu être tes sensations, dimanche dernier, quand tu as retrouvé les terrains, en entrant face à Fribourg, pour ton premier match depuis le 20 septembre ?

Super content d’être rentré, devant mes fans qui me voyaient sur le terrain et pas en tribune. Tous les week-ends, on me demandait : « Bon, alors, tu reviens quand ? » Et moi, je disais : « Peut-être la semaine prochaine ». La semaine d’après, j’étais toujours à côté d’eux… Mais, là, en plus, ils m’ont vraiment fait un super accueil, dès l’échauffement, où ils m’ont applaudi. Quand je suis entré, tout le monde s’est levé. J’ai vraiment eu des sensations incroyables, des frissons, c’était vraiment magnifique…

Estimes-tu que cette blessure t’a fauché dans ton élan ? Tu sortais d’une saison dernière très aboutie, avec notamment sept passes décisives en championnat…

Oui, c’est exactement ça. La saison dernière, c’était ma meilleure depuis que je suis footballeur. Cette blessure m’a stoppé dans cet élan. Mais rien n’est terminé. Peut-être que cette blessure va m’apprendre des choses pour être encore meilleur et réaliser une meilleure saison encore. C’est ce que je me souhaite.

Jeudi, imaginons que tu marques, avec la qualification pour les demi-finales, face à Strasbourg, à la Meinau. Est-ce que tu célébreras ou tu seras sur la retenue ?

(Il sourit) La retenue. J’ai énormément de respect pour Strasbourg, je ne me vois pas célébrer devant mes anciens supporters, avec tout l’amour que j’ai pour eux. Mais, par contre, je serais super content d’avoir marqué ce but, pour avoir aider mon équipe.

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Propos recueillis par Timothé Crépin

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