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Quel surnom pour cette équipe d'Arsenal ?

À un pas de la saison historique, mais à un orteil du flop ultime, Arsenal joue sa saison sur ces vingt derniers jours du mois de mai. Leaders de Premier League avec cinq points d’avance sur Manchester City, qui a un match en retard, et qualifiés pour la finale de la Ligue des champions face au PSG, les Gunners ne sont peut-être pas Invincibles cette saison, mais on a trouvé d’autres sobriquets pour la bande d’Arteta.
Les Infâmes
Arsenal frôle la plus belle saison de son histoire. Et pourtant, qu’est-ce que c’est chiant à voir jouer. Ce dimanche à West Ham (0-1), Saka et ses copains ont refait leur spéciale : offrir un match sans spectacle, mis à part quelques caviars de Rice, aussitôt gâchés par des ailiers en guerre avec le but et auteurs de 300 centres dans les bras du gardien. On n’a pas compté, mais presque. Le type de rencontre du dimanche après-midi, en lendemain de soirée, où tu t’endors sur le canapé à la 20e et tu te réveilles deux heures après. Mais ça gagne. Et c’est le cas depuis le début de saison. Arsenal n’est pas une équipe belle à voir jouer, mais elle est terriblement efficace pour ses adversaires.
Les Introvertis
Seuls face à son histoire, les Rouge et Blanc ont érigé la discrétion en art de vivre. Pendant que d’autres se battent pour les projecteurs, Arsenal leur cède la place avec une élégance presque suspecte depuis trois ans. Quelle générosité ! Trois fois deuxième sur les trois dernières saisons, trois fois les mains dans les poches au moment de soulever un trophée. Alors cette saison, quelque chose a changé. Comme un grand timide qui se force à parler en public. Arsenal veut regarder les titres dans les yeux sans se défiler dans les derniers instants. Alors cette année, vont-ils continuer leur destin à la Poulidor, l’éternel second que tout le monde veut voir gagner, ou va-t-il enfin enfiler le costume d’Anquetil ?
Les Imperméables
Saviez-vous qu’un microclimat s’était installé au-dessus de l’Emirates ? Londres prend la pluie 106 fois par an et les impers sont des titulaires indiscutables dans le dressing des Londoniens. En revanche, au-dessus du stade des Gunners, aucune tempête de buts n’a été déplorée cette saison. La muraille qu’Arteta a construite, pierre après pierre, est devenue le mur d’Hadrien du football européen, celui qui séparait jadis l’Angleterre de l’Écosse, et qui sépare aujourd’hui Arsenal de la défaite. Cette saison, la défense en béton avec Raya comme dernier rempart n’a encaissé que 48 buts en 60 matchs toutes compétitions confondues. Soit la meilleure défense d’Europe sur les cinq grands championnats.

Les Un-zéro
L’important, ce sont les trois points. Le reste, c’est de la littérature ou un supplément cheddar sur des frites maison. Ça apporte un plus conséquent, mais pas nécessaire. Cette saison, les Gunners ont remporté dix matchs sur le score de 1-0 toutes compétitions confondues. Albert Camus écrivait « il faut voir Sisyphe heureux », aujourd’hui, il faut voir Arteta heureux de gagner ses matchs dans la difficulté sans rarement flancher, avancer pas à pas vers le Graal, malgré un moment de turbulence face à Manchester City, le 19 avril dernier, où il pensait voir le titre une nouvelle fois s’éloigner. Alors si Arsenal remporte ses trois derniers matchs de la saison sur le score de 1-0, il est fort possible que le coach espagnol s’en cogne royalement.
Les Incontournables
Ce n’est peut-être pas le football qu’on aime. Ce n’est peut-être pas le football dont on rêve lorsqu’on se pose avec les cookies et le lait chaud sur le canapé. Mais ce qui se joue pour Arsenal dans ces vingt derniers jours de mai mérite d’être souligné. Réaliser le doublé Premier League – Ligue des champions, c’est entrer dans une confrérie très fermée. Ce carré VIP qu’Arsenal ne voit que sur la piste de danse d’habitude. Dans l’histoire du foot anglais, seulement deux clubs ont réalisé cet exploit : Manchester United en 1998-1999 et en 2007-2008, avant que Manchester City ne remette le couvert en 2022-2023. Arsenal n’a jamais connu ça. Vingt-deux ans sans titre de champion, zéro C1 et une collection de deuxièmes places si bien garnie qu’elle mériterait une place dans le musée de l’Emirates. Mais voilà : ils sont là. Dans la course. Sur les deux tableaux. Nos chokeurs préférés se retrouvent à deux doigts de l’histoire, ce qui, pour Arsenal, est déjà historique en soi. Il ne reste plus qu’à ne pas trouver une nouvelle façon originale de tout rater. On a presque envie d’y croire et qu’ils deviennent incontournables.
Mikel Arteta salue le courage des arbitres d’avoir annulé le but de West HamPar Evan Margerin





















































