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Pourquoi l'OM ne censure pas Barton ?

Il tacle en amical, rue dans les brancards sur le dopage et n’est pas plus disponible que ça pour les médias du club. Joey Barton n’en fait qu’à sa tête (le plus souvent en moins de 140 signes). Pourtant, l’Anglais est défendu par toute sa direction. Explications.

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Valbuena peut enrager. Le milieu offensif a beau avoir sonné la révolte de l’équipe de France en Espagne, c’est encore Joey Barton qui monopolise l’attention médiatique. C’est que l’Anglais a déjà fait des siennes. Lors d’une rencontre disputée à la Commanderie contre Istres, l’ancien de QPR a commencé par gueuler des phrases avec les mots « fuck » et « kick » dedans à l’heure de jeu, avant de choper de l’adversaire à chaque contact. Ce n’était pas bien méchant, mais l’intensité montait sérieusement. Alors Franck Passi, l’entraîneur adjoint de l’OM, a sifflé la fin du match en lieu et place de l’arbitre. Derrière, président, directeur sportif et entraîneur ont calmé le jeu dans les médias, assurant que c’était trois fois rien. L’entraîneur-adjoint d’Istres a même raconté le coup du repas et des photos partagées derrière. Tout va bien. Sauf que l’Anglais a vu que les tabloïds de son pays se sont déjà accaparés de l’affaire. Alors @Joey7Barton a dégainé sur Twitter. « Un tacle est un tacle, un tacle de compétition est un tacle de compétition, une bagarre est une bagarre. Je le sais, j'en ai eu quelques-unes. Je suis un compétiteur, je le serai tant que je respirerai. On naît ou pas avec ça. Tu peux t'entraîner pour améliorer ta technique, la tactique, mais tu ne peux pas t'entraîner pour ce que tu as dans le cœur.  » C’est beau comme un slogan Nike. Mais pas sûr que ce soit au goût de son club.

Labrune lui demande d’arrêter Twitter

Pas sûr non plus que sa sortie, quelques jours plus tôt, sur le dopage n'enchante son président, Vincent Labrune. Parce qu’en tapant sur les pratiques du football italien des années 90, Barton a dû oublier que son nouveau club n’a peut-être pas été des plus clean par le passé. N’importe lequel de ses partenaires aurait eu droit à une convocation dans le bureau du patron, pas Joey. À croire qu’il ne faut surtout pas s’attirer les foudres de l’Anglais. Dès le départ, Joey a annoncé la couleur. Selon RMC, alors qu’il est harcelé par un Barton qui rêve de l’OM, Labrune balance à sa future recrue : « Jo, voilà ce qu'on va faire. Arrête de tweeter et de me mettre le feu. Arrête de filer des infos à Sky Sports. On va rester discrets sur la communication. Et tu verras, le transfert se fera, fais-moi confiance... » Le lendemain, le joueur balance au petit matin un « off to Marseille » avec une photo d’un jet privé affrété par une équipe de SkySports qui se fait une joie de monter à bord.

Fini le copinage joueur-journaliste


Jusqu’à sa signature, le joueur se régale avec les médias qui attendent tous sagement leur tour au Sofitel Vieux-Port pour gratter leur interview exclusive. Une fois le contrat signé, le service communication du club essaie de le convertir au mode de fonctionnement made in « gros club de Ligue 1 » : plus d’interview sans passer par l’attaché de presse, plus de réseaux sociaux. Joey grimace, mais accepte. Il assure même sur son blog qu’il va passer à un billet hebdomadaire. Finalement, il a changé d’avis. Au fond, qu’est-ce qu’il y a de mal à cela ? Pour l’OM évidemment. Impossible de dealer avec un média influent une entrevue en tête-à-tête pour le rendre plus docile, Joey balance tout ce qu’il pense dans la seconde sur internet. Barton casse le mode de fonctionnement en vigueur en Ligue 1. Fini le copinage journaliste-joueur, pour faire un papier avec des déclas, il n’y a qu’à se baisser (remarque, ce n’est pas si évident à Marseille, il faut aussi décrypter la langue de Morrissey. Pour situer, la première question qui lui a été posée lors de sa présentation fût : « Hello Joey, what do you feel ? » ). Le joueur sera ainsi jugé uniquement sur ses prestations en match. Peut-être aussi pour ça qu’Anigo se montre si complaisant. Autant qu’il démarre vraiment le championnat, à Bordeaux mi-novembre, en pleine confiance. Derrière, s’il ne confirme pas, c’est Valbuena qui prendra seul la lumière.


Par Romain Canuti
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