On était à la présentation Louis Vuitton

Ce matin, dans un quartier chic de Paris, la marque de luxe Louis Vuitton présentait l'écrin que lui avait commandé la FIFA pour transporter le trophée de la coupe du monde. Un échange de bons procédés en termes d'image (la FIFA n'a rien payé) mais un gros exercice d'équilibriste pour la marque de luxe.

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Avenue Montaigne, 9h du matin. Prada, Maison Blanche, Ungaro, le coin sent le luxe et l'auditorium LVMH ne dépareille pas. Pour rappel et dans le désordre, LVMH donne Moët Hennessy-Louis Vuitton, le plus gros groupe de luxe du monde (17.053 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2009). Colonnes d'écrans diffusant des extraits de défilés, hôtesses bien mises au sourire sur commande, on n'est pas n'importe où et on ne rentre que sur liste. Ça tombe bien, on était dessus.
Il faut dire que l'invitation avait de quoi aiguiser la curiosité. Une conférence de presse pour présenter l'écrin fabriqué spécialement par Louis Vuitton pour transporter le trophée de la coupe du monde, en présence de Naomi Campbell, un truc complètement improbable. Le sport le plus populaire de la planète dans un endroit ultra-select, c'est un peu comme si on vendait des tickets de PMU dans une pochette Chanel.


Langue de bois


A vue de nez, une bonne centaine de journalistes font le pied de grue dans le grand hall vitré qui sert de sas avant l'auditorium. Journaux, télés, photographes de France et de Navarre sont de la partie, prêts à mitrailler l'instant. Les portes s'ouvrent, on s'installe chacun dans son coin, des enceintes distillent une musique branchouille, de plus en plus fort. Aux murs, d'immenses toiles représentent des gribouillis qui doivent valoir très cher. Sur l'estrade, de larges fauteuils en cuir attendent les intervenants. De gauche à droite : Patrick-Louis Vuitton (descendant de et responsable des commandes spéciales de la marque), Thierry Weil (directeur marketing de la FIFA, débarquant tout juste d'Afrique du Sud), Yves Carcelle (président de Louis Vuitton), Pietro Beccari (directeur général adjoint) et Antoine Arnault (fils de et directeur de la communication).


Au milieu des petits films et des interventions visant à montrer à quel point le trophée est mythique (il ne peut être touché directement que par les vainqueurs et par les chefs d'État, sinon il faut des gants) et à quel point la marque Louis Vuitton a “L'Excellence du savoir-faire”, le fiston Arnault nous sort un superbe numéro de langue de bois. « Ce n'est pas une association avec le football, ose-t-il. Louis Vuitton est une marque de voyageurs et les joueurs de football sont de grands voyageurs, c'est pourquoi ils nous apprécient » . On pourrait lui cramer les pieds au chalumeau qu'il ne l'avouerait pas mais le sous-entendu évident derrière tout ça est le suivant : attention les gars, on ne s'associe pas avec un sport de prolos !


Boite de peuplier


Pourtant, LV vient de nous gratifier d'une publicité réunissant Pelé, Maradona et Zidane sur la même photo. « Nous sommes une marque légendaire, nous nous associons à des légendes » , s'enfonce Arnault. Au passage, il nous assure que les trois stars étaient bien présentes au même moment lorsque le cliché a été pris. A croire que les mecs ont naturellement des gueules à avoir été détourés sur Photoshop. Passons là-dessus. De toute façon, ne nous mentons pas, on est surtout venus pour prendre des nouvelles de la jeune quarantenaire Naomi Campbell. Toujours en forme(s), elle débarque en fin de séance pour déposer les six kilos d'or du trophée dans la boite en peuplier ornée de toile monogramme (on ne sait pas ce que c'est non plus, rassurez-vous) qui l'emmènera en Afrique du Sud.

Le sex-symbol du début des 90's lâche quelques mots pour expliquer qu'elle est très fière, blablabla, qu'elle adore Nelson Mandela, blablabla, puis va croiser ses belles jambes dans un fauteuil en attendant la séance photo finale. Cohue habituelle, un photographe à l'accent américain lâche des « fuck » à tire-larigot, les « Naomi, left, right, smile » fusent et tout retombe. Les deux trophées (celui de la FIFA, qui ne sort que lors de la cérémonie suivant la finale, et celui qui sera laissé au vainqueur) partent dès ce soir pour l'Afrique du Sud, et le partenariat avec Vuitton devrait durer jusque 2014 et la coupe du monde au Brésil. Pas mal, pour une marque qui ne veut pas être associée au football.

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Cher Thomas, Auriez-vous croisé par hasard Christophe Girard, l'apparatchik parisien de la Kultur, accessoirement, cadre de LVMH ???
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