Le Téfécé qu'il plaît

Depuis le début de saison, Toulouse confirme son statut d’équipe poil à gratter du championnat, pas trop attendue, souvient bien placée. Le projet d’Alain Casanova, entamé il y a trois ans, avance doucement mais surement. Et devient même ambitieux. Mais sans trop le dire.

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Pas assez costaud pour faire parti du groupe des outsiders, un chouïa trop fort pour n’être qu’une équipe du ventre mou : on ne sait jamais trop dans quelle case placer le TFC avant le début de chaque saison. Les outsiders losers sympas ? Le Stade Rennais. Le joli projet milieu de tableau ? Lorient. En vrai, la réalité du club toulousain se situe entre ces deux clubs bretons. A mi-chemin entre le club formateur efficace qui ne sera jamais rien d’autre et le club ambitieux qui ose se l’avouer mais qui n’arrive jamais au bout de ses idées. Formateur, le club toulousain l’est. Ambitieux, avec mesure et sans l’officialiser, car Olivier Sadran sait trop bien que des effets d’annonce trop élevés peuvent plomber un groupe jeune. Le projet toulousain se construit donc pas à pas, avec des hommes dont le profil n’a pas été choisi pour rien, des jeunes et un formateur tempéré et patient - Alain Casanova - aux manettes.

Sous ses ordres et depuis 2008, le TFC a terminé 4ème, 14ème, et 8ème. Une irrégularité en forme de yo-yo qui semble se stabiliser cette année. Après la 8ème place de la saison passée, le Tef’ cette année avance au même rythme, à la 7ème place à la trêve hivernale avec 31 points au compteur. Soit quatre de plus que la saison passée à la même époque, soit autant qu’en 2008-2009 quand le club avait terminé à la 4ème place. Pour faire aussi bien ? Il est trop tôt pour le dire. Mais à l’heure d’esquisser un premier bilan, les voyants sont au vert, et le projet toulousain bascule doucement dans une nouvelle phase. Les fondations posées, il quitte son adolescence pour arriver à l’âge adulte et à maturation. Dans un milieu où le court terme et la sur-réactivité aux hauts et bas conjoncturels d’une équipe sont monnaie courante, la sagesse et le travail de fond du combo Sadran-Casanova qui cohabite depuis trois saisons sont à souligner.

Un peu plus de jeu, des garçons plein d’avenir

Les principes défensifs de Casanova prémâchés, mâchés, ingurgités et digérés, le bloc toulousain rafraîchi et renouvelé de l’intérieur par l’arrivée de quelques recrues peut désormais viser l’étape suivante, celle qui peut permettre au club de changer de stature, l’étape du jeu. Déjà la saison passée, après le départ de Gignac en 2010, le TFC sans buteur avait essayé de revoir son fond de commerce de l’époque, « le kick and rush Haute-Garonne » , pour une construction plus étayée : remontée de balle, jeu dans les pieds, jeu dans les petits espaces. Problème, l’an passé, si le TFC faisait ces efforts, la possession était souvent stérile et peu récompensée. Cette année, ce projet prend davantage forme. Abdennour et Ninkov sont venus renforcés le secteur défensif. Des recrues ciblées : jeunes et internationales, le départ de Mauro Cetto a donc été compensé. Et l’envie de Casanova de jouer davantage fait son chemin, avec toujours Etienne Didot comme plaque tournante, toujours Moussa Sissoko dans le rôle de destructeur entourés par Tabanou, Machado, et la bonne surprise Antoine Devaux qui constituent désormais le pôle création d’une équipe hyper athlétique dont le jeu évolue lentement.. En témoigne l’excellente prestation proposée à Gerland début décembre en prime time qui en avait surpris plus d’un. En témoigne aussi le but de la victoire dans les dernières minutes contre Evian – un coup franc joué à trois dans la surface à la 90ème minute -, signe d’une équipe qui, le maintien presque assuré, joue décomplexée, ose et réussit.

Si l’équipe ne marque toujours pas beaucoup (13ème attaque), elle propose de plus de plus. Si le projet Casanova gagne en consistance chaque année, c’est aussi parce qu’il progresse en même temps que ses jeunes, les Ahamada, Capoue, Sissoko, M’Bengue, Tabanou et consorts. Tous internationaux : France A, France Espoir, Sénégal. Tous formés au club. Etienne Capoue, pisté par le Barça et Schalke 04, a d’ailleurs prolongé début 2011 jusqu’en 2015: « C'est un choix réfléchi. Le staff me fait confiance, je suis bien ici, cette décision me paraissait la plus logique  » . Ali Ahamada, la surprise de l’année, a lui signé jusqu’en 2014. Tous conscients que le contexte, s’il manque parfois de rock et de vibrations, est idéal pour grandir et s’épanouir : qualité de vie exceptionnelle, stade tranquille, coach conciliant, président compréhensif, cadre jeune, effectif sans stars, histoire du club à écrire. «  Notre objectif est de finir dans les six premiers mais on ne se fixe pas de limites. Le groupe a surtout pris conscience de ses qualités, on est obligé de viser haut » dixit Etienne Capoue. Avec des ambitions à la hausse, le projet toulousain continue de gagner en consistance, en attendant que les recrues s’intègrent pleinement. Car bonne nouvelle pour Toulouse, le très bon début de saison n’est pas à mettre au crédit des deux recrues offensives phares de l’intersaison : Umut Bulut et Emmanuel Rivière. L’attaquant international turque prend encore ses marques alors que l’ex stéphanois, souvent blessé, n’a disputé que huit matchs. Le TFC attend donc beaucoup d’eux. Et même de leur relation car Casanova envisage également de les tester ensemble. Deux attaquants au TFC ? Preuve que les temps changent. Ou que les choses évoluent, à leur rythme.



Par Antoine Mestres
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