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Le marché bouché des défenseurs

Hormis Hummels, Benatia et Umtiti, les défenseurs centraux ne sont pas les stars du mercato. Une habitude qui, cette année, peut s’expliquer par une certaine frilosité des clubs anglais, pourtant très limités dans ce secteur de jeu.

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Tout avait pourtant bien commencé. Démarré en Allemagne dès le mois de mai, le jeu des chaises musicales (qu’on utilise généralement davantage pour évoquer les mouvements des attaquants et des milieux de terrain) concernant les défenseurs centraux était censé s’enflammer très vite. Mats Hummels, l’un des gros poissons du secteur, était en effet capturé dans les filets du pêcheur munichois, habitué à aller se faire plaisir dans les eaux de Dortmund. Finalement, si ce transfert a bien accouché du départ de Mehdi Benatia, passé du Bayern à la Juventus, cela ne se sera réalisé que deux mois après l’épisode Hummels. Et depuis ? Bah pas grand-chose. Preuve s’il en faut que le mercato des défenseurs centraux est toujours plus délicat (ou moins surprenant) et moins emballant (ou plus raisonnable) que celui des autres postes.


À l’heure où le marché des milieux de terrain s'agite autour du feuilleton Paul Pogba et que celui des attaquants a déjà fait des heureux et des malheureux – en vrac, citons Arkadiusz Milik qui remplace Gonzalo Higuaín qui remplace Álvaro Morata qui remplace Jesé Rodríguez qui remplace Zlatan Ibrahimović, Wissam Ben Yedder et Luciano Vietto qui remplacent Kevin Gameiro et Fernando Llorente… –, le marché des arrières axiaux, lui, semble au point mort. Un peu comme celui des gardiens de but.

Choper un chef de défense, mission impossible ?


À bien y réfléchir, cette situation n’est pas franchement rare. Chaque été, c’est une galère totale pour faire bouger les meilleurs défenseurs centraux de la planète. Aujourd’hui, qui pourrait convaincre les clubs de Vincent Kompany, Pepe, Thiago Silva, Gerard Piqué, Jérôme Boateng ou Daley Blind de lâcher leur roc ? L’an dernier, Sergio Ramos a sérieusement été annoncé partant. Comme Marquinhos ou Javier Mascherano cette année. Mais aucun d’eux n’a véritablement pu envisager la suite de sa carrière ailleurs que dans son équipe actuelle. La principale raison de cette absence continuelle de folie estivale ? Elle est simple et évidente. Un défenseur fait moins rêver les supporters qu’un avant-centre, ou qu’un milieu créateur. Et du coup, même si l’on parle de denrées rares – ce qui explique aussi pourquoi les dirigeants refusent très souvent de se séparer d’un patron défensif pour un coût « normal » –, on ne compte pas énormément d'offres impossibles à refuser pour les clubs propriétaires (sauf quand on s’appelle Manchester City).

La Premier League doit accélérer


Voilà pourquoi le marché met du temps à se décanter. Et voilà notamment pourquoi la majorité des gros de Premier League, qui ont un besoin urgent de joueurs de ce type, n’arrivent pas à trouver leur bonheur. Après l’officialisation du transfert de Benatia, on pouvait par exemple s’attendre à une ouverture de porte pour Leonardo Bonucci, ardemment courtisé par Chelsea et City. Que nenni : pour déraciner un des éléments du trio défensif turinois, il aurait sûrement fallu balancer 70 millions nets. Et encore, il aurait fallu prendre en compte les souhaits des principaux intéressés. Du coup, City, qui s’est également pris un beau râteau par Aymeric Laporte, s’est retourné vers John Stones, qui doit changer de maillot depuis un an et demi mais qui est toujours chez les Toffees pour le moment. De son côté, Everton a essayé d’anticiper la perte de son joyau par Ashley Williams mais se heurte à un Swansea gourmand. Quant aux Blues, ils ont préféré se faire remarquer par leur belle plus-value sur la cession de Papy Djilobodji (acheté trois millions et demi, revendu neuf) plutôt que de se concentrer sur la venue d’Antonio Rüdiger, de Kostas Manolas ou de Kalidou Koulibaly. Enfin, que dire d’Arsenal, qui n’avance absolument pas dans sa recherche au suppléant de Per Mertesacker (blessé plusieurs mois), et de Liverpool, qui va commencer la saison avec une charnière Sakho-Lovren loin d’être rassurante ?

Finalement, seul Manchester United a réussi son coup en Angleterre en enrôlant Éric Bailly dès le mois de juin (40 millions pour un mec qui ne compte qu’une seule saison complète, quand même). Dans le reste de l’Europe, le BvB a pris Marc Bartra à Barcelone, Barcelone a chipé Samuel Umtiti à notre Ligue 1… et c’est tout. Parce que les tops clubs d’Allemagne, d’Espagne, de Ligue 1 et d’Italie ont ce qu’il faut ? Oui. Mais aussi parce que la Premier League juge plus opportun d’aligner 100 millions pour un Pogba que sur un Varane. Une chose est sûre : si un monstre défensif change de paysage, d’autres suivront le mouvement et feront de même.

Par Florian Cadu
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