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Le jour où Nantes a corrigé l'OL

Il y a quinze ans, le FC Nantes Atlantique est mal en point, alors que l'Olympique lyonnais de Bernard Lacombe espère au moins une place sur le podium. Pourtant, au cours de 90 minutes de folie, le FCNA inflige une leçon de jeu collectif et claque six buts à Jacek Bak et ses copains.

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12 février 2000, dixième minute de jeu : Lyon recule face à un intense pressing nantais, et Grégory Coupet est obligé de jouer long pour gagner un peu de temps et d'espace. À la retombée, les Jaune et Vert n'attendent pas. Le ballon file vers Carrière, qui remise sans contrôle pour Da Rocha. En trois passes, dans un génial moment de jeu à la nantaise, le meneur de jeu des Canaris se retrouve en position de servir Sibierski en retrait. La frappe est imparable. Pour Coupet, c'est déjà le troisième ballon à aller chercher dans ses filets. La Beaujoire y croit à peine, mais jubile, en chantant l'hymne préféré des stades de foot français depuis 98 : « Et un, et deux, et trois zéro ! »

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Le bug lyonnais de l'an 2000

Pourtant, sur le papier d'avant-match, le favori est incontestablement l'OL. Aux portes du podium, les Gones n'imaginent pas perdre à la Beaujoire. Philippe Violeau annonce sobrement le plan d'avant-match à Dominique Armand, au micro de Canal + : « L'objectif est de ne pas prendre de buts, et ensuite, on verra. » Autrement dit : si on n'est pas capable de marquer sans Sonny Anderson, on peut au moins prendre un point. Car si le Brésilien est absent, tout comme Florent Laville, la liste est bien plus conséquente côté nantais. Piocelle, Ahamada, Berson, Gillet et Monterrubio font défaut et obligent Denoueix à quelques menus ajustements. Savinaud, l'homme-couteau suisse, passe notamment au milieu, devant la défense. Mais même sans cela, Lyon n'a pas grand-chose à craindre d'une équipe ex-æquo avec le premier relégable.

Les Lyonnais sont-ils alors coupables d'un surplus de confiance ? C'est en tout cas l'avis partagé par Coupet et Violeau, avec le recul. « On y est sûrement aller trop facile. On a sûrement abordé le match un peu la fleur au fusil, parce que Nantes était dans une saison difficile » , avoue Grégory Coupet. « De toute façon, on ne s'attend jamais à prendre 6 buts comme ça. C'est quelque chose qui vous pète à la gueule, sans avertissement. Sinon, on aurait fait autrement... » Violeau abonde en ce sens et regrette : « On leur a facilité la tâche. C'est exceptionnel qu'ils puissent renverser la vapeur comme ça et c'est forcément dû à des manquements. On a mal abordé la rencontre et on n'a pas réussi à relever la tête ensuite. » Car en dix minutes, la messe est dite. Lyon explose.

« Merveilleusement bien »

Les Nantais jouent ainsi crânement leur chance d'entrée de jeu et retrouvent soudainement leurs vertus offensives. En fait, ce sont les principes de jeu de Raynald Denoueix qui se retrouvent dans 90 minutes presque parfaites et conformes à la tradition de l'école nantaise. À chaque ballon perdu, les Lyonnais sont harcelés, haut. À chaque récupération, les mouvements se déclenchent, les appels se multiplient et le ballon circule. Les Canaris impressionnent par leur volonté de jouer rapidement et vers l'avant. Au micro de Canal +, Eric Besnard ne cesse d'être ébahi. « Les Nantais jouent merveilleusement bien » , aidés parfois par un Coupet pas au meilleur de sa forme. Il s'en faut de peu et d'un « Cavegol » bien maladroit pour en rester à 3-0 dans la première demi-heure. Seul Tony Vairelles maintient alors une once d'espoir pour les visiteurs, d'une belle frappe enveloppée. L'espoir est de courte durée. Charles Devineau, auteur du match de sa carrière, douche les Lyonnais avec une frappe splendide de son mauvais pied avant la mi-temps. À 4-1, l'enjeu n'est vraiment plus dans le nom du vainqueur, mais dans le résultat final. Même Lacombe a abandonné après la pause : « Quand vous passez à travers pendant les 10 premières minutes comme ça... […] Vous pouvez faire n'importe quoi... »

Calottes et leçons

Or, la rouste n'est pas finie. Il y a un joueur du FC Nantes-Atlantique qui compte bien alourdir l'addition, Alain Caveglia. Aujourd'hui, Philippe Violeau s'en montre certain : « Il a dû les remonter à bloc pendant toute la semaine. Le connaissant, il avait sans aucun doute mis une croix sur son calendrier. » Prêté pendant l'hiver, privé de temps de jeu par Vairelles et Anderson, mais joueur emblématique du club, « il avait une revanche à prendre. C'est aussi pour cela que Nantes avait une motivation supérieure dans ce match » . Pendant toute la deuxième mi-temps, les Canaris ne baissent donc pas le pied. Le jeu continue d'être léché. Les ballons sortent proprement de la défense, quitte à prendre quelques risques. Caveglia n'en profite pas. Mais deux buts viennent achever le spectacle : Devineau par une nouvelle frappe imparable – du bon pied cette fois-ci – puis Jean-Marc Chanelet, opportuniste sur un nouveau coup franc relâché par Coupet, en fin de match.

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Ce jour-là, l'OL confirme alors sa fragilité de l'époque sans Anderson. Coupet s'en souvient. La présence du buteur brésilien « était importante pour nous. Elle changeait le comportement de l'adversaire. Avec lui, l'adversaire avait moins de liberté d'action » . Pour Philippe Violeau, cependant, il n'y a pas que du négatif à tirer de cette déroute. C'est même le genre de matchs qui ont servi de point de départ aux succès lyonnais. « Ça fait du bien parfois de prendre une calotte comme ça. On n'était pas assez pointilleux encore. Les années suivantes, on perdait très peu, même à l'extérieur. C'est ce qui a fait la différence. » Côté nantais, c'est aussi un moment important pour la suite. À la suite de ce match, la troupe menée par Denoueix et Carrière parvient à se sauver péniblement grâce à un petit but au Havre, inscrit par un jeune joueur entré à la fin de ce Nantes-Lyon : Marama Vahirua. Un an plus tard, dans la continuité, le même Vahirua inscrit un autre petit but qui suffit en fin de saison. Cette fois-ci, les Nantais célèbrent à la Beaujoire un huitième titre de champion, face à Saint-Étienne, et laissent les Lyonnais deuxièmes.

La leçon nantaise en intégralité
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Par Côme Tessier
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