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C'était l'Inter du triplé

La saison 2009/2010 du couple Inter-Mourinho fut un épique combat contre et pour l'histoire. Non seulement le clan Moratti ramène finalement la Ligue des champions à la maison après quarante-cinq ans d'attente, mais surtout la Beneamata devient le premier club italien de l'histoire à réaliser le triplé C1-Scudetto-Coppa Italia, un an après le grand Barça de Guardiola. Récit d'un aller simple vers l'histoire.

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La mariée


Quarante-cinq longues années. Une vie, plus ou moins. Le temps de voir un fils reprendre le poste de président de son glorieux père, du moins. À peu près quatre générations de joueurs, aussi. Et autant d'entraîneurs que de lourds échecs sur la plus grande scène continentale. Une attente interminable, donc. Mais en 2008, exactement quarante ans après la fin du tandem Angelo Moratti-Helenio Herrera, Massimo Moratti unit José Mourinho au projet noir et bleu. À l'été 2009, le Portugais et Marco Branca réalisent l'un des meilleurs mercatos de l'histoire du football. En quelques semaines, l'Inter fait venir Eto'o, Sneijder, Milito, Thiago Motta, Lúcio, puis Pandev en janvier, le tout avec un bilan positif grâce à la vente d'Ibrahimović au Barça. Tous titulaires, tous décisifs dans le sprint final.

D'une part, le bataillon est expérimenté. Une expérience qui se résume en un chiffre : neuf joueurs sont ou ont été capitaines de sélection (Zanetti, Lúcio, Stanković, Pandev, Chivu, Muntari, Córdoba, Eto'o, Sneijder), sans compter Materazzi, Toldo, Samuel, Cambiasso... Du savoir-faire, de l'expérience, de la ruse, aussi. Bref, une équipe où Thiago Motta fait figure de novice... De vieux guerriers d'un côté, et des héros talentueux de l'autre : Eto'o, Sneijder, Milito, Balotelli, Maicon… Un groupe dont le grand point fort restera l'intelligence tactique, capable de contrôler le jeu en toute situation, avec ou sans la possession, dans les moments forts et les moments faibles.

Le marié


Dans sa peau de président-tifoso, Moratti a toujours eu des relations exceptionnelles avec ses joueurs. Mais le cercle ne s'était jamais ouvert à un entraîneur. En 2009, l'effet Mourinho change tout. Les Moratti rêvent d'un entraîneur sachant allier l'affectif et les résultats, à l'image de ce club si complexe, paradoxal, humain, qui se veut à la fois familial et international, exigeant sur les résultats tout en conservant une approche paternelle avec les joueurs et les tifosi. Mourinho tombe amoureux de ce combat éternel et ne tarde pas à séduire à son tour les foules intéristes. Dès la fin de saison 2008/2009, il lance la campagne « Zeru Tituli  » , parle de la « prostitution intellectuelle  » de la presse transalpine et fustige tous les clubs rivaux de la Pazza Inter. Il lui arrive d'embrasser l'écusson en conférence de presse – jamais vu avant, jamais vu depuis avec le Portugais. Et devient une icône en réalisant le geste des menottes à la demi-heure de jeu de Inter-Sampdoria (l'Inter se retrouve à 9), qui lui vaudra quatre matchs de suspension. L'Inter est mourinhesque, et Mourinho est intériste. Et pourtant, les résultats ne viennent pas immédiatement : en décembre 2009, la rayée se fait éclater par le Barça au Camp Nou (2-0). Personne n'y croit vraiment.

Cinq mois au ciel…


L'Inter de 2010 naît donc seulement en janvier, au milieu de la saison, à l'occasion du second derby, remporté 2-0 en finissant à neuf le 24 janvier (le premier avait été gagné 4-0 le 29 août devant le public du Milan). À partir du moment où ton équipe l'emporte 2-0 contre son rival en finissant à neuf, tu te dis que tout peut arriver. Puis vient le Chelsea d'Ancelotti, battu à l'aller et au retour dans un style de caméléon ponctué par la passe de Sneijder pour Eto'o et l'expulsion de Drogba, excédé par Motta. Tout s'enchaîne. Le CSKA de Honda et Krasić : deux fois 1-0. Et puis, l'épreuve du Barça. Jusqu'en avril 2010, non seulement Guardiola était imbattable, mais il semblait aussi impossible de mieux jouer que ses Blaugrana. L'Inter l'aura fait durant soixante-dix longues minutes à Milan, avant de s'adapter à ses limites physiques et de changer une nouvelle fois de stratégie. Une énième victoire intelligente. Sur les deux matchs de la demi-finale, le Barça commet plus de fautes que les Nerazzurri.

En finale, c'est le Bayern de Van Gaal qui se présente à Madrid. Diego Milito un, Diego Milito deux. Presque une formalité, à côté de l'exploit réalisé à Barcelone, l'arrosage automatique du Camp Nou, l'expulsion de Thiago Motta… Cette saison-là, tout pouvait arriver. Diego Milito, auteur de tous les buts de toutes les finales (C1, Coppa Italia, dernière journée de Serie A) devient l'un des joueurs les plus décisifs de l'histoire du jeu sur une saison, marquant aussi à tous les tours éliminatoires de C1. Sneijder met des doublés sur coup franc. Walter Samuel joue avant-centre et marque. Maicon plante ce but unique contre la Juve dans la course au titre. Júlio César réalise cet arrêt impossible face à Leo Messi. Et Pazzini met fin aux rêves romains de Ranieri en marquant un doublé à l'Olimpico… En poule, cette Inter aura eu à jouer les champions sortants d'Espagne, de Russie et d'Ukraine. En phase finale, ils auront éliminé les champions d'Angleterre, de Russie, d'Espagne et d'Allemagne. Qui dit mieux ?

...pour une éternité sur le toit du monde


L'Inter est sur le toit du monde. Mais ce toit est glissant. Plus facile de l'atteindre que d'y rester, entend-on partout. Le lendemain de la victoire intériste n'a pas été géré. Cette victoire était certainement trop intense pour la famille Moratti. C'était une fin en soi, au contraire du triplé munichois de cette saison, qui ouvre le club à de nouveaux investissements (Götze, Thiago) et à un nouveau projet (Pep). Depuis, les entraîneurs ont valsé avec plus (Leonardo) ou moins (Benítez, Gasperini, Ranieri, Stramaccioni) de succès. Les grands joueurs ont été vendus sans être remplacés (Balotelli, Eto'o, Sneijder). Oui, le toit du monde est glissant.

Mais cette Inter de 2010 n'a pas eu à se poser la question de sa chute. Elle a préféré, ou plutôt Mourinho a préféré pour elle, mourir sur le coup. Tout là-haut. Au bout de la soirée victorieuse du 22 mai 2010, l'Inter ouvre les portes du stade Giuseppe Meazza pour une nuit de communion entre ses tifosi et ses joueurs, arrivés aux alentours de quatre heures du matin. Mourinho, lui, n'est pas à Milan. Resté à Madrid avec la direction madridiste, il ne célèbre pas le triplé. Moratti raconte : « Malgré tout, j'ai encore beaucoup d'affection pour Mourinho. Disons les choses ainsi : il s'est comporté comme un mari qui trahit sa femme, mais qui ne veut pas la faire souffrir. Il n'a pas eu le courage de le lui dire et s'est échappé par la fenêtre.  » Le toit du monde est glissant, mais cette Inter de 2010 n'a même pas eu le temps de s'en rendre compte, n'a même pas eu le temps d'être vaincue. « Retrouvée morte sur le coup de la victoire » , dira-t-on. Peut-être qu'elle y est encore aujourd'hui. Peut-être qu'elle y sera toujours. Un aller simple vers l'histoire.

Par Markus Kaufmann À visiter :

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seb-guillot Niveau : DHR
Et plus dure fût la chute .....
seb-guillot Niveau : DHR
(Posté trop vite) --> Eliminé par un but de Brandao !!!!!
Milito a évolué à un niveau extraordinaire durant cette saison, et tellement décisif, plus encore Sneijder ou Eto'o.

Dommage que l'Inter soit devenu si méconnaissable en l'espace de 3 ans ... Mais bon, avec Mazzari, peut-être se redresseront-ils rapidement.
plus encore QUE*

(désolé pour la coquille)
tristiano Niveau : CFA2
Mais oui tu as l'impression que cette équipe date d'il y'a 30ans et pas 3ans!
Mais pas d'inquiètude, Belfodil est là pour les remettre sur le toit su monde! Looooolllll
Lamine Turgut Niveau : CFA
J'en reste tjs baba, de cette liste du BO 2010 ... !!

Sans dire que tu dois absolument lui donner, mais comment tu peux ne pas mettre dans la liste l'avant-centre de l'équipe qui fait un triplé historique sur un de ses doublés en finale !?!

Fou ... !
madjerinho Niveau : CFA2
Ce n'était pas le ballon d'or de Sneijder. Fucking disgrace, je persiste et signe.
Passer d'un mercato Milito/Eto'o/Sneijder/Motta à Belfodil/Silvestre/Icardi et de la LDC à la 9e place en championnat en seulement 3 ans...

Dur la gueule de bois après la fête.
Cristiano Ronaldo 7 Niveau : CFA2
L'Inter a eu son cycle comme toutes les équipes. Mais c'était mythique en effet ...
J'ai connu beaucoup de clubs qui ont fait des triplés de mémoire le Man U de Ferguson, le barça de Guardiola, le Bayern de Heynckes, mais j'avoue que c'est le triplé de l'inter qui m'a le plus fait vibrer. Ils avaient quelque chose de mystique, on aurait dit qu'il étaient en mission cette saison là. Cambiasso était imprenable en un contre un, Zanetti avait rajeuni de 10 ans, Samuel était redevenu Il muro, Maicon bouffait la craie sur son coté, Milito pouvait planter dans n'importe quelle position, Eto'o amenait sa grinta, Balotelli sa folie, Sneijder organisait tout ça au milieu, le tout chapeauté par le gourou Mourinho.
Je les sentais en transe à chaque fois qu'il rentraient sur le terrain, mais il y'avait aussi quelque chose de vulnérable chez eux, ils n'y avait pas cette impression de rouleau compresseur comme les autres clubs que j'ai cité. J'ai le souvenir qu'il jouait souvent mieux en 2nde période et gagnait la plupart de leur match même en championnat en posant leurs couilles* sur le terrain. Quand ils perdent à l'olimpico contre la Roma qui leur passe devant à quelques journées, là tu te dis c'est fini ils vont nous faire une Leverkusen. Mais non ils se ressaisissent, le doublé du Pazzo avec la sampdoria qui enterre la Roma, la confrontation aller retour contre le Barça où moi j'ai trouvé cette équipe héroïque mais certains retiennent seulement que Eto'o a joué arrière droit, le match à Stamford bridge, le but d'Eto'o, l'explosion. La finale contre le Bayern apparaissait finalement comme une formalité et ça a été le cas tant l'inter a dominé l'équipe bavaroise. Bref l'aboutissement d'une grande saison pour ce club.

Et puis surtout Milito facci un gol...on ne se posait même plus la question
fernandollorientais Niveau : CFA
Ce qui est triste c'est que la plupart des gens ne retiendront que les 60 minutes qui ont suivi l'expulsion de motta au retour, alors qu'à l'aller l'Inter avait piétiné le Barça de Guardiola comme personne...
Note : 1
"J'en reste tjs baba, de cette liste du BO 2010 ... !!

Sans dire que tu dois absolument lui donner, mais comment tu peux ne pas mettre dans la liste l'avant-centre de l'équipe qui fait un triplé historique sur un de ses doublés en finale !?!

Fou ... !"

Quenelle légendaire !!!
Cristiano Ronaldo 7 Niveau : CFA2
C'est marrant comme le football peut nous faire parler de choses advenues il y a 3 ans comme si elles en avaient 100. C'est peut être parce que ce sport est tellement fluctuant ...
Bel article, très bien écrit. Bravo Markus!
Bien écrit.
C'était une belle épopée de cette équipe toujours malheureuse que une année a réussi à tout gagner, son sort en premier lieu.
Petite coquille : Pazzini ne faisait pas partie de cette équipe mais est arrivé en 2011
el peruano loco Niveau : Ligue 2
Note : 1
Excellent article comme toujours de la part de Míster Kaufmann. Bien sûr il fait plus dans l'hagiographie nervadura lors de cette saison memourable que dans la leçon tactique et les vraies mues du système interiste avec l'apport énorme de Pandev au mercato d'hiver je crois et la mise définitive au placard de "l'ingerable" Mario B. Bref le MoO s'est constitué sa troupe d'Expandables de choc en jouant avec 15-16 joueurs je crois. D'où le gros coup de pompe en fin de saison en Série A... Mais le gros chef d'oeuvre tactique de José ne sont pas les matches contre Barcelone je pense, c'est plutôt ceux contre le Chelsea d'Ancelotti, qui marchait sur la PL et écrasait tous ses adversaires, en 1/8èmes. C'est aussi le vrai déclic pour ce club de grognards qui n'avait plus passé ce stade. Memourable comme saison de l'Inter même en tant que grand aficionado du Barca...
el peruano loco Niveau : Ligue 2
Nerazzura pas nervadura.... ^_^
@darcsaid
Je pense qu'il a voulu souligner le rôle de Pazzini dans la conquête du Scudetto intériste car c'est lui et Cassano qui enterrent la Roma lors d'un Sampdoria -Roma à deux journées de la fin, il me semble, alors qu'ils étaient en tête du championnat. L'inter leur repasse devant et gagne le titre.
el peruano loco Niveau : Ligue 2
C'était plutôt Roma-Sampdoria, un match décalé il me semble, un Olímpico bondé, un Ranieri qui avait l'occasion de cloué le bec au MoO ! Bref tout les ingrédients d'une soirée dramatique...
Fredinhovic95 Niveau : Ligue 2
Pourquoi lorsque Mourinho part d'une équipe,l'équipe s'écroule?
Comparer l'Inter d'aujourd'hui et celui de 2010 c'est triste.
Et le recrutement qui va avec.
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