1. // Liga – Bilbao/Betis Séville

Bielsa est-il fait pour la Liga ?

Véritable génie de son sport, l'entraineur argentin Marcelo Bielsa a débarqué cet été à Bilbao, dans la surprise générale. Après un début d'exercice plus que délicat et décevant, la méthode Bielsa est déjà discutée...

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« Il faut donner du temps à Marcelo Bielsa, c'est un entraineur qui a fait des choses tellement importante dans le football » . Le soutien à l'encontre de l'argentin ne vient pas de son président, ni d'un compatriote, il vient tout simplement de son prédécesseur sur le banc de Bilbao, Joaquin Caparros, celui-là même qu'El Loco est venu déloger. Le compliment en dit long sur l'admiration que les entraineurs vouent à celui que beaucoup considèrent comme le meilleur. Sorte de figure mystique depuis qu'il s'est muré dans le silence face à la presse, l'ermite Marcelo Bielsa devrait pourtant trouver les mots pour parler à son groupe. Et les bons. Alors que la saison passée, les basques ont terminé 5ème (à égalité de points avec Séville), la version Bielsa pointe à une triste 15ème place après une entame moyenne à San Mames, 1-1 face au Rayo, et une triste défaite à Barcelone 2-1, face à l'Espanyol. Il n'en fallait pas plus pour réveiller les anti-Bielsa, lesquels n'ont pas oublié que l'argentin n'en est pas à son coup d'essai dans le championnat espagnol...

Annoncé à l'Inter

Eté 1998, Bielsa vient de terminer champion d'Argentine avec Vélez Sarsfield, Daniel Sanchez Llibre, président de l'Espanyol Barcelone, pense réaliser le coup du siècle en faisant venir sur le vieux continent, l'entraineur le plus talentueux de sa génération. Les sept premiers matchs de préparation lui donnent entièrement raison, les catalans faisant même tomber la grande Juventus de l'époque. Six journées de championnat plus tard, le constat est tout autre : une victoire, deux matchs nuls et... trois défaites au compteur. La greffe ne prend pas. D'autant plus que dans le même temps, la sélection argentine se cherche un sélectionneur et Bielsa ne peut pas dire non. Moins de trois mois après son arrivée en Espagne, El Loco est de retour chez lui, en Argentine.

Forcément, l'annonce de sa venue dans le Pays Basque espagnol lors du dernier mercato, en a surpris plus d'un. Et pour cause, Bielsa était annoncé à l'Inter Milan, le club des argentins d'Europe. C'était sans compter sur l'honneur à toute épreuve d'El Loco. Bielsa a en effet donné sa parole au candidat Josu Urrutia (ancien joueur sous la période Luis Fernandez), si il est élu président de l'Athletic, il sera son entraineur. Urrutia élu, Massimo Moratti, président de l'Inter, tente une dernière fois de convaincre l'argentin. En vain. Marcelo Bielsa fait son retour en Espagne et hérite d'un groupe jeune et talentueux, composé de deux champions du monde (Llorente et Javi Matinez) et des deux jeunes joueurs les plus prometteurs du Royaume (Ander Herrera et Iker Muniain).


220 centres sur un type

Malgré des qualités évidentes, Bilbao et Bielsa sont à la peine. Faut dire que la méthode Bielsa a de quoi décontenancer, voici ce qu'il déclarait il y a quelques années : « A l'entrainement, on va faire 220 centres sur un type avec cette idée que le ballon et le joueur arrivent à une vitesse maximum et se rencontrent à un point donné. C'est comme ça qu'on met des buts sur coup de pied arrêté. Sur les 220, 5 seulement vont arriver à destination mais j'oblige le joueur à tous aller les prendre. Parce qu'une opportunité, c'est un but, et un but c'est la vie pour nous. Si le type ne va pas sur l'un des 220 centres que je lui fais, je le tue. Je dois lui faire sentir que c'est comme s'il avait violé une femme. Parce que ce ballon qu'il n'a pas été cherché nous a enlevé notre argent, notre victoire, notre gloire, notre vie » . Une formule qui avait fait ses preuves lors de sa première saison à la tête de Newell's Old Boys, avec 60% de buts marqués sur coup de pied arrêté, saison où il terminera champion. Mais Bilbao n'est pas Newell's, et l'Espagne n'est pas l'Argentine.

Bielsa pourra néanmoins s'appuyer sur ses débuts réussis en Europa League. Placé dans le groupe du Paris Saint-Germain, Bilbao est allé s'imposer jeudi, avec la manière, à Bratislava, face au Slovan, 1-2. Ce soir, face au Bétis Séville, promu en Liga, Bielsa et Bilbao ont les cartes en main pour rectifier le tir en championnat et faire taire les sceptiques. El Loco n'en appelle même pas au soutien pourtant légendaire de la Catedral de San Mamés, en conférence de presse imposée d'avant match, il déclare : «  je ne réclame pas l'appui du public parce que j'ai déjà une arme très forte, c'est le jeu. C'est via cette arme qu'on communique avec nos supporters. Quand on parlera moins et qu'on sera capable de nous exprimer au travers de notre jeu, alors la relation entre le maillot et ceux qu'il l'aime sera meilleure » . Amen.

Frédéric Losada

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J'aime bien la dernière phrase. Pas "Amen". L'autre dernière. Je suis d'accord à 200% avec lui.
Chuis réservé quand à sa reussite à Bilbao. Ya comme une révolution culturelle. On passe d'un "football basque" engagé, avec beaucoup d'intensité, de gros pressings et un jeu direct à un jeu Sud-Am', fait de longues possessions, relances courtes des centraux, milles passes pour contourner un bloc...Pour l'instant on a l'impression que l'équipe joue à contre-nature. Mais bon laissons lui le temps, on sait jamais, sur un malentendu...
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