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Oleg Khlorokine, le temps de l'espoir

Sous les projecteurs depuis quelques semaines, le prodige russe a enfin réussi à convaincre certaines personnes de croire en lui au plus haut niveau. Bonne ou mauvaise idée ? Seul l'avenir a la réponse. Voyage aux racines d'un joueur qui n'a jamais laissé les gens indifférents.

« Oui ? » Derrière son bureau en bois, le tenancier des lieux, armé d'un K-way de circonstance, lève à peine un œil. Comme chaque homme célibataire en période de confinement, Mark dort seul, ce qui est un réflexe humain. Dehors, il pleut, dru. Voilà maintenant neuf jours qu'il n'a plus vu le moindre visage, si ce n'est celui d'Anzhela, qui n'a rien à voir avec Saïan Supa Crew, mais qui est plutôt la femme qui l'aide à tisser un lien social avec le reste du monde. Il y a quelques jours, elle lui a amené une pile de lettres. « Je n'ai pas eu la force de toutes les ouvrir » , souffle-t-il, tout en se déplaçant lentement vers une cafetière vieillissante. Sous son coupe-vent, Marc porte un pull noir et un foulard rouge. En s'attardant sur son cou, on peut également apercevoir un sifflet attaché au bout d'une ficelle, ce qui invite à détourner le regard vers son poignet. Confirmation : cet homme porte une montre chronomètre et est donc bien l'individu recherché.


Il est 10h18, Mark Stoniukov se tient debout, la main droite posée sur une chaise et se lance : « De nombreux journalistes m'ont contacté ces derniers temps, mais aucun n'a eu la force de venir jusqu'à Vladikavkaz. Je n'accepte pas les interviews par téléphone, et je n'ai aucun accès internet ici. Les seules choses qu'il y a sur cet ordinateur, ce sont les fiches des joueurs passés au club. Bien sûr, il y a celle d'Oleg. Comment mettre de côté celle d'Oleg... » Voilà maintenant plusieurs mois que Marc n'a plus vu le jeune Oleg, mais impossible pour lui d'oublier la première fois. Au fond, comment rayer de son esprit un premier rancard avec une comète ? Stoniukov souffle un bon coup, prend le temps de ranger son assiette de boulettes de viande en sauce au frigo et s'installe, prêt à repasser à table, par sympathie pour un plumitif qui a accepté de parcourir 4 025 kilomètres et de briser les barrières sanitaires pour venir le voir. Il sait peut-être aussi que rien n'aurait été possible sans lui. Alors, Mark Stoniukov a choisi : aujourd'hui, le monde va savoir.

Graine de champion et traque


Peut-être surtout que le monde doit savoir. Avant de s'élancer, il se relève pour allumer une vieille lampe à pétrole et pour récupérer une pile de documents. Un silence. Stoniukov soupire. «  J'espère honnêtement que cette fois va être la bonne... » Avec une profonde émotion, ce qui est rare avec lui, Mark Stoniukov démarre à toute allure, évoque pêle-mêle la grâce de Valeri Karpine, la graisse de Stanislav Tchertchessov, né dans le coin, cette vieille routine maîtrisée de toute éternité – récupérer un gamin, le faire progresser, le match à venir, le bruit des frappes, l'odeur du gazon, le bruit des campons, l'entraînement, les espoirs envolés – et s'arrête de nouveau. Au bout du bout, il ne reste que lui : Oleg Klorokine. L'ancien formateur se roule une cigarette, c'est l'heure : « La première fois que je l'ai vu, il faisait froid. Très froid. C'était dans une rue de Tskhinvali. Oleg jouait seul contre un mur. Sa cousine, Olga Khinine, n'était jamais loin et il lui demandait de compter ses jongles. Dans son quartier, c'était la star. Une graine de champion. » Sur le moment, Stoniukov n'hésite pas et fonce rencontrer les parents du prodige.
« Imaginez un peu, on l'a dit toxique, capable de déclencher des réactions auditives ou gastro-intestinales, de tuer des gens... Mais d'autres ont aussi vu qu'il pouvait potentiellement sauver des vies. » Mark Stoniukov
« Le père d'Oleg était enfoncé dans son canapé, comme conscient que ce jour arriverait, rembobine le chercheur d'or. Il m'a raconté que depuis le départ, il sentait que son fiston avait un truc en plus, qu'il était appelé à faire de grandes choses. Il a accepté de me faire confiance. » L'objectif de Mark Stoniukov est alors simple : ramener Khlorokine avec lui et étudier précisément l'étendue de ses capacités. À l'heure de fouiller un peu plus profondément dans sa mémoire, il souhaite mettre un terme à la conversation. Il se lève, prêt à nous indiquer la sortie. Tout ça pour ça, vraiment ? Non, Stoniukov est juste un homme ému, pudique. « Il faut bien comprendre par quoi on est passé avec Oleg. Ici, en Ossétie du Sud, il a été traqué de partout. J'avais adopté un joueur, mais j'avais l'impression de posséder de l'or. Forcément, ça a rendu les gens un peu fous, mais le gamin n'a pas lâché. Imaginez un peu, on l'a dit toxique, capable de déclencher des réactions auditives ou gastro-intestinales, de tuer des gens... Mais d'autres ont aussi vu qu'il pouvait potentiellement sauver des vies. » Dès lors, Oleg Khlorokine a cessé de s'appartenir.

« Un sosie de Marcelo Balboa prêt à te donner une chance »


Cette bataille, Stoniukov a refusé d'y prendre part. Il a laissé le petit partir en Europe pour enchaîner les tests : on ne brise pas un destin. Ainsi, le jeune Oleg s'est retrouvé à Milan, à Barcelone, à Paris et a entendu à plusieurs reprises la même conclusion : « Bon, mais pas assez convaincant pour poursuivre l'expérience. » Que faire ? Prendre la route, trouver un sens à sa vie, chercher une reconversion. Mais aussi tomber par hasard sur son demi-frère : Andrei Azithromycine, un mec qu'Oleg n'avait plus vu depuis un paquet d'années et dont le talent balle au pied est aussi quelque chose. Le destin, encore. Puis, tout a basculé. Un soir, alors qu'il sort passablement éméché du Levothy Rock's, une boîte à la mode de Marseille, le téléphone de Khlorokine vibre. Une fois, deux fois, trois fois. Un numéro inconnu. Il rêve d'entendre la voix de Lysanxia, cette fille rencontrée quelques nuits auparavant, mais l'intonation dans le combiné est masculine. « Oleg ? C'est ton père. Quelque chose se trame autour de toi. C'est délicat, mais on a reçu ce matin un appel de ton grand-père maternel. [...] Oui, le chercheur allemand ! Il a retrouvé dans un cahier le contact d'un vieil ami marseillais, un drôle de mec, une sortie de sosie de Marcelo Balboa. Il voudrait te voir. Il serait prêt à te donner une chance. Qu'est-ce que tu en dis ? »


Ni une ni deux : Khlorokine fonce vider une bouteille d'eau, sert fort dans ses bras son pote Doliprane et file se coucher. Au réveil, Oleg a choisi de dribbler les regrets et de partir à la rencontre de ce mystérieux « ami marseillais » , qu'il découvre attablé, une bouteille de San Pellegrino à demi entamée sous le nez. L'homme a la dégaine d'un cow-boy. Seul détail : porter un chapeau ne lui semble pas utile, lui préfère laisser apparaître ses cheveux christiques. Il s'appelle Didier Raoult, a presque 70 piges et est donc l'élu de sa vie. « Bonjour Oleg, attaque-t-il, frontalement. Qu'on se le dise tout de suite, je suis le meilleur dans mon domaine. Un truc énorme se prépare pour dans quelques semaines. L'affaire commence à prendre de l'ampleur en Chine, ça devrait débarquer en Europe prochainement. J'ai besoin de toi, car j'ai la conviction que tu peux être la solution à ce casse-tête. » C'était il y a quelque temps déjà, et la vie d'Oleg Khlorokine a alors pris un énième virage. À l'annonce de la signature du prodige à Marseille, le monde du foot est unanime et récite sa leçon : ce gosse, une solution miracle, vraiment ? Si Didier Raoult affirme avoir vu des choses bluffantes à l'entraînement et est convaincu que Khlorokine pourrait être le soleil sportif des prochains mois, d'autres voix appellent à la « prudence » . Le foot a eu Kerlon, Sonny Pike, Fabio Paim. Des noms que la tornade de Tskhinvali connaît sur le bout des doigts. L'enjeu des prochaines semaines, il le sait, sera donc de faire ses preuves sous les yeux du plus grand nombre, au risque de n'être qu'un nouveau clown de YouTube. En attendant, Mark Stoniukov espère en silence et nous raccompagne vers notre voiture. Une question reste en tête : vient-on de découvrir un morceau d'histoire ? Ça, le monde ne peut pas encore le savoir, mais il espère, comme il espérait pour Camel Meriem.

Par Maxime Brigand, à Vladikavkaz... ou presque
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