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Les leçons tactiques de Manchester City-Lyon

Royal dans sa gestion de la surface en première période et clinique sur l'une de ses seules occasions, l'Olympique lyonnais de Rudi Garcia a réussi samedi soir l'un des plus grands exploits de son histoire en balayant le City d'un Guardiola qui a manqué son plan et qui craignait un match de transitions : celui que l'OL a remporté en fin de match. Vainqueur à Leipzig en poules, tombeur de la Juve il y a quelques jours et désormais bourreau des Citizens, le septième de Ligue 1 s'offre une nouvelle belle référence.

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Une nuit de printemps 2015, au Camp Nou. Alors que le Barça danse sur sa piste et que Lionel Messi s'amuse à créer des étincelles de partout, un homme fume sous les coups d'une machine qu'il a montée de ses propres mains. Note salée : Barcelone 3, Bayern 0. Au moment de servir l'analyse d'après-match, ce type ne se planque pas pour autant : « Si tu n'as pas la possession contre le Barça, c'est très difficile. Notre plan était de monopoliser le ballon et de les faire courir. Mais on n'a pas été assez dominants. Avec quatre défenseurs, on a été plus solides qu'à trois. Puis, on a perdu le contrôle dans les derniers moments du match : on est mal positionnés sur les deux premiers buts et le troisième est presque inévitable... » Pour l'une des premières fois de sa carrière d'entraîneur, Pep Guardiola n'a alors pas réussi à convertir la possession en domination. Une image et une seule fait le tour de l'Europe du foot : celle d'un Thomas Müller furieux en laissant sa place à Mario Götze et qui hurle alors comme un poissonnier une question à son coach : « Est-ce que cette merde peut s'arrêter ? » La merde en question est une longue galère tactique, conséquence d’un plan aussi risqué qu'ambitieux, travaillé durant plusieurs jours : un 3-4-2-1 où il a été demandé aux centraux munichois de jouer le hors-jeu face au trio Messi-Suárez-Neymar, mais qui voit surtout le Bayern être enfermé à double tour dans son camp par le pressing imposé par le Barça.


Cette nuit-là, au bout de quinze minutes, Guardiola a corrigé son plan, mais le mal était déjà fait : les repères construits au cours de la saison par ses joueurs avaient été brisés en deux. Invité par The Athletic à revenir en février dernier sur ce souvenir, Müller a alors soufflé ceci : « La grande force du style de jeu de Pep réside dans sa capacité à dominer des adversaires plus faibles de manière extrême, car le contrôle total de son équipe sur le jeu empêche les buts adverses d'être marqués au hasard. C'est pourquoi, sur le long terme, Guardiola est le meilleur entraîneur et que ses équipes sont les meilleures. Le problème, c'est que lors des matchs à élimination directe, Pep accorde beaucoup d'attention aux adversaires et à leurs points forts. Il est toujours tiraillé entre son attention extrême aux détails et le respect des forces de l'adversaire et son désir de rester fidèle à ses convictions et au système auquel il croit. Parfois, ce que nous faisions n'était donc pas clair à 100%. » Et le Bayern tombait, comme Manchester City est tombé lors de son quart de finale aller à Tottenham (1-0) l'an passé avec De Bruyne et Vincent Kompany remplaçants au coup d'envoi, mais aussi un Fabian Delph calé arrière gauche, les Citizens ne cadrant alors que deux tirs en 90 minutes. Et si parfois Pep Guardiola réfléchissait trop ?


Un OL libre dans sa tête et dans ses pompes


Cinq ans après le traumatisant Barça-Bayern, Guardiola, dogmatique jusqu'au bout des ongles, a pourtant fait de nouveau le pari du chamboule-tout quelques jours après avoir vu ses gars dompter stratégiquement le Real pour la deuxième fois en six mois. Rangement du 4-3-3 habituel, place à un 3-1-4-2 où Eric Garcia est transformé en chef d'une défense à trois complétée par Fernandinho et Laporte et d'où Phil Foden est éjecté, son tuteur préférant le poser sur le banc aux côtés de Bernardo Silva, David Silva et Riyad Mahrez. S'il dira quelques heures plus tard qu'en Ligue des champions, « la tactique n'est pas la chose la plus importante » , une question se pose : pourquoi Guardiola a-t-il décidé de changer de système à un tel moment et comment explique-t-il que son réajustement de l'heure de jeu a affecté la dynamique de ce quart de finale ? « Nous avons essayé de couvrir nos points faibles » , a-t-il justifié après une rencontre qu'il craignait de transitions, d'où ce choix plus conservateur dans le système et dans les hommes (en janvier, face à Everton, il avait posé le même système, mais avec De Bruyne dans le double pivot, N.D.L.R.). Face à lui, Rudi Garcia s'avance avec ses récents repères, soit le onze des qualifiés du voyage de Turin, mais annonce qu'il faudra cette fois « exister avec le ballon » , ce que l'OL n'a pas vraiment su faire en Italie. « On doit se procurer des occasions, marquer, même si on sait qu'on ne gagnera pas la bataille de la possession avec eux » , insiste Garcia avant de plonger. Verdict : le technicien français a parfaitement réussi à lire le scénario de ce quart de finale de C1 grâce à un « esprit d'équipe » désormais impossible à mettre en doute et a gagné à ses yeux « la bataille tactique » . Une partie, c'est une certitude.


Disciplinés et déguisés en filet de pêche, les Lyonnais commencent la rencontre en récitant un texte parfaitement révisé. Sur son premier ballon, Karl Toko-Ekambi, rapidement cherché par Anthony Lopes, fait sortir Laporte dans le rond central et appuie donc directement sur la plaie principale de ce City habitué aux cadeaux : la profondeur. Parti comme un scooter, Maxence Caqueret se fait attraper sur la route par Garcia, mais le premier message du soir est passé : l'OL n'est pas venu à Lisbonne pour être un deuxième Barça, mais plutôt pour confirmer son statut d'équipe capable de ramasser les miettes, aussi peu nombreuses soient-elles. Le Lyon de Garcia est une équipe de séquences, qui n'a peut-être battu personne et n'a quasiment eu aucune occasion depuis la reprise, mais qui sait faire disjoncter son adversaire en protégeant parfaitement sa surface (26 dégagements au total). Mieux : cette fois, l'OL a réussi à envoyer quelques mandales et même à proposer quelques séquences de possession plus qu'intéressantes. À la 19e minute, les Lyonnais forcent ainsi City à reculer grâce à un pressing efficace, notamment mené par Aouar, et Fernandinho à rendre le ballon rapidement dans les pieds de Denayer. La suite est un modèle : cinquante secondes de conservation, une vingtaine de passes, un ballon touché par la quasi-totalité du onze lyonnais, un bloc de City baladé sur la largeur puis éclaté par un appel clinique d'Aouar... Si le mouvement est gâché par deux appels similaires de Depay et Toko-Ekambi, il est surtout symbole d'un OL joueur, libre dans sa tête et dans ses pompes.



La première demi-heure, avant tout cuisinée au contrôle des détails et à l'annulation des mouvements adverses par les Lyonnais, est marquée par un constat : si Guardiola tient le pari de la possession (71,5% sur l'ensemble de la rencontre), il est en train de perdre celui de la domination. Là où le Real a empilé une semaine plus tôt les passes ratées dans ses trente premiers mètres (18 au total sur la rencontre !), l'OL n'en a manqué que quatre (deux par mi-temps), ce qui est un bon révélateur de la capacité lyonnaise à sortir le ballon proprement et d’un pressing moins intense des Citizens que face au Real. Manchester City a alors attendu la 29e minute et un coup franc de Kevin De Bruyne pour réveiller Lopes et a enchaîné les centres ratés (2 réussis sur 11 en première période, 2 sur 15 en seconde). Centreur le plus prolifique de Premier League, KDB en aura réussi trois, dont un caramel merveilleux pour Sterling avant la pause, mais s'est souvent battu en solitaire tout en se montrant longtemps incapable d'attaquer la profondeur à cause de prises très serrées des Lyonnais, Marçal rendant probablement au passage la meilleure copie de sa carrière (aucun ballon perdu à la relance, deux interceptions, six ballons récupérés, quatre dégagements). Le Brésilien, qui remportait un matin d'octobre 2016 un concours de tir à l'arc à la Fête de la soupe de Bédée (Ille-et-Vilaine), a même tiré sa plus belle flèche sur le premier coup de fusil de la soirée : un but inscrit par Maxwel Cornet après un énième appel dans la profondeur déclenché par Toko-Ekambi entre Garcia et Laporte, sur lequel Walker joue mal le hors-jeu et ne revient à aucun moment sur Cornet, et où Ederson est aux fraises dans son placement.

Transitions et grand col


Au moment de chercher des explications, De Bruyne l'a avoué : en première période, City a été « trop lent » pour réellement inquiéter l'OL et n'a surtout quasiment trouvé aucun espace, Garcia ayant demandé à son milieu, comme face à la Juve, de tuer la moindre possibilité de transitions dans les interlignes et à ses attaquants de gêner l’accès à Rodri, qui n’a jamais trouvé De Bruyne de la rencontre. À ce petit jeu, Houssem Aouar a été de nouveau brillant à tous les étages : le premier but de l'OL suit l'une de ses magnifiques interceptions, il a été gratter de nombreuses fautes (4), a poussé Fernandinho à prendre un jaune, a multiplié les décalages, a été de plus en plus précieux dans son pressing, a régalé techniquement, a récupéré un petit paquet de ballons (8) et a été impliqué en fin de match sur les deux derniers buts de sa troupe. Son padawan Caqueret a également bombé le torse et a été le starter du pressing lyonnais, confirmant dans le même temps sa réputation grandissante de machine à laver (10 ballons récupérés, 2 interceptions, 83% de passes réussies). Face aux piles lyonnaises, Pep Guardiola a alors commencé à s'agiter tout en poussant Kyle Walker, qui n’a que rarement joué en piston droit depuis son arrivée à City, dans les quelques espaces laissés par un Maxwel Cornet très offensif : en vain. City s'est finalement allumé en fin de première période lorsque De Bruyne a changé de côté avec Sterling et que le meilleur cuisinier d'occasions du continent a enfin pu respirer, mais surtout faire apparaître des espaces : son appel trois minutes avant l'entracte pour offrir une fenêtre de tir à Rodri en est la preuve.




Manchester City est alors progressivement monté d'un cran à partir de la 55e minute, moment où Guardiola a enfin décidé de ne plus perdre de temps, de rayer son plan initial et d'installer un 4-2-3-1 avec Mahrez à droite, un double pivot et De Bruyne en 10, alors serré par les menottes Guimarães. Analyse de Guardiola : « La deuxième période a été bonne, nous étions présents. Je pense que nous étions meilleurs, mais nous n'avons pas été parfaits. Nous avons fait beaucoup de bonnes choses, mais cela n'a pas été suffisant. » De De Bruyne : « En seconde période, on a vraiment bien joué, on a mis Lyon sous pression, on a joué notre jeu, on les avait à notre merci... » Puisqu'on n'arrive pas en haut d'un grand col sans se mettre dans le rouge, l'OL, qui a pourtant commencé la seconde période de façon impeccable entre un Toko-Ekambi qui a continué d'embrouiller Fernandinho, Garcia et Laporte, un Depay généreux dans le pressing, un Guimarães enfin dans son match et les couvertures rassurantes de Marçal, a entrevu le saut de chaîne malgré un furtif passage à quatre derrière. À la 68e minute, Garcia a d'abord pété l’intégralité du milieu lyonnais avec un coup de laser en direction de De Bruyne. Puis, 60 secondes plus tard, après un deuxième ballon rendu à City par Caqueret, l'OL a regardé De Bruyne se transformer en Steve Nash en crampons avant de décaler Cancelo, longtemps seule source de situation de City grâce à son positionnement en faux pied : lancement automatique vers un Mahrez en plein dézonage, nouvelle embrouille Dubois-Denayer sur une subtile inspiration du pétard algérien en direction de Sterling et passe en retrait pour KDB, libre tout au long du mouvement. C’est la première fois que Manchester City a réussi à poser son circuit offensif préférentiel (passe dans le demi-espace et centre en retrait) de la soirée. Le film du match a alors laissé croire que Manchester City avait son destin entre ses pieds et c'est sans doute vrai puisque les Citizens ont réussi à bouger le filet lyonnais, à faire dégringoler le taux de passes réussies par l’OL à 53% et ont tiré deux fois plus (10 tirs à 5). Tout faux.


Car c'est à cet instant que Rudi Garcia a décidé d'abattre ses cartes avec malice, sortant en cinq minutes ses trois hommes les plus en galère (Dubois, Guimarães, Depay) et faisant notamment entrer un Moussa Dembélé venu pour tout casser. Guardiola, lui, a attendu les dernières minutes pour faire entrer David Silva et a laissé Bernardo Silva et Foden en survêtement. Le Catalan veut des musiciens, intelligents et solidaires, mais il a vu samedi soir son équilibre craqueler comme face à Wolverhampton, Manchester United ou à Arsenal plus tôt dans la saison : à la vitesse et à cause de la faiblesse de son équipe dans la gestion des lancements d'une défense à trois. L'un d'entre eux, signé Marcelo, a vu Walker coucher Cornet dans la surface et réveiller les démons d'Eindhoven. Dans la foulée, Caqueret a trouvé Aouar sous le nez de Rodri, puis le numéro 8 de l'OL s'est curé les dents entre Sterling et Gündoğan avant de rater son lancement pour Depay. C'est alors à ce moment précis que Lyon a déballé sur la table sa gestion parfaite des débats lorsque le match se transforme en ping-pong et où l'issue se joue à la réussite des transitions, ce que craignait Guardiola initialement. Confirmation : si ce Lyon peine souvent à construire, il sait se montrer réactif et piquant lors de ses ascensions européennes. Le deuxième but – qui aurait dû être refusé pour une faute, mais qui est quand même consécutif à une récupération haute de Caqueret sur une diagonale de Laporte et à un bon lancement d'Aouar - et le troisième but de Dembélé, sur lequel Ederson est de nouveau coupable, ont tué la rencontre et ont fait remonter à la surface l'idée que Rudi Garcia tient enfin une équipe, une vraie. Bien sûr, l'OL aurait pu tout perdre si Sterling n'avait pas manqué le but vide, mais une première vérité est là : les Lyonnais ont contribué samedi à l'écriture d'une page de l'histoire d'un foot français qui se retrouve avec deux représentants pour les demi-finales de la Ligue des champions, et ce, en ressortant les ingrédients de ces derniers matchs face à City. La seconde : Pep Guardiola est désormais un homme qui a peur de perdre au plus haut niveau, si peur qu'il n'y gagne plus et s'y incline en refusant de laisser le scénario prendre le dessus sur ses idées. Peut-être que Guardiola réfléchit trop et qu’il ruminera longtemps cette soirée où il aura aspiré par ses choix la créativité et la joie de ses hommes. Peut-être surtout qu'il a laissé se consumer une chose chère au football et notamment au sien : ce jeu est avant tout une histoire de repères.



Par Maxime Brigand
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