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Koscielny : « Ouin, ouin, ouin »

Entre deux sanglots, Laurent Koscielny a avoué dimanche soir sur Canal+ qu’il aurait aimé que la France perde la finale de la Coupe du monde. Depuis, la police des bons sentiments a loué la sincérité et la grande humanité de l’ancien défenseur des Bleus. Car l’égoïsme et l’aigreur sont deux ingrédients qui s’avalent mieux quand on les mélange avec quelques millilitres de larmes.

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Pas besoin d’aller fouiller dans l’historique de l’ordinateur de Laurent Koscielny pour en être certain : le défenseur d’Arsenal ne fait pas partie des 571 000 personnes qui ont à ce jour aimé le clip de Ramenez la coupe à la maison, morceau phare de l’œuvre de Vegedream qui a fait trembler YouTube tout l’été. Dans cet hymne à la joie, le rappeur d’Orléans mentionne les 23 champions du monde 2018 et ponctue ces 3 minutes 56 de grâce par un « Didier Deschamps, merci beaucoup, on est ensemble » . Laurent Koscielny n’a pas besoin de prétexter une allergie au vocodeur ou aux artistes du Loiret pour justifier ce manquement. Depuis dimanche soir, la France sait que si cette chanson n’entrera dans aucune des playlists du Corrézien, c’est parce que quelque chose s’est cassé entre l’équipe de France et le natif de Tulle. Quelque chose qu’il a décidé de briser sans aucun tact. L’argument du « pour une fois qu’un footballeur n’est pas langue de bois, ne nous plaignons pas » ne tient pas la route. Ne pas verser dans la langue de bois n’est pas la garantie d’une prise de parole intelligente ou touchante, et si Koscielny avait été autre chose qu’un robinet d’eau tiède depuis le début de sa carrière, ça se saurait.

Le malheur des autres


Ce n’est pas tant l’annonce de la retraite internationale de l’ancien Lorientais que son égoïsme qui interpelle. Après tout, à 33 ans et pas encore complètement remis d’une rupture du tendon d’Achille occasionnée il y a cinq mois, comment le défenseur central pouvait-il décemment espérer réintégrer la meilleure sélection du monde, dont la charnière centrale est solidement occupée par les défenseurs du Real Madrid et du FC Barcelone ? Cette interview était donc une occasion idéale pour remercier Didier Deschamps de lui permettre de donner l’impression aux Français qu’il partait de lui-même. Au lieu de ça, ce bon soldat, qui avait depuis 2011 trempé ses 51 sélections dans un bain de loyauté, a préféré se croire au-dessus de l’institution en crachant délibérément sur ses potes. Ce n’est pas parce qu’on fait un bras d’honneur en pleurant qu’on ne fait pas un bras d’honneur : « J’étais à la fois supercontent pour eux, mais également dégoûté. C’était un sentiment étrange. Je voulais qu’ils se qualifient, mais en même temps, je voulais qu’ils perdent. » La complexité a beau faire le charme de l’être humain, on ne peut pas souhaiter à la fois le bonheur et le malheur de ses copains.

Simplement humain ?


L’humain a le dos large. Sous prétexte que Koscielny a parlé avec des torrents de larmes sur les joues, les mots « sincérité » et « humain » ont vite été dégainés pour décrire sa sortie médiatique. L’homme a le droit de pleurer, mais ce n’est pas parce que ses yeux ne sont pas encore secs qu’il faut s’interdire de lui rappeler ses erreurs. Celle de Koscielny n’a pas seulement été de se blesser il y a cinq mois en demi-finale de Ligue Europa, en trébuchant de manière suffisamment grotesque pour qu’on puisse se poser une question : la France pouvait-elle vraiment gagner une Coupe du monde avec un athlète dont les appuis sont aussi approximatifs ?

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C’est pourtant ce que Koscielny a osé suggérer en face du journaliste de Canal+ : « Ma blessure a été dure à encaisser. La suite a été encore plus dure puisqu'ils ont gagné la Coupe du monde. Donc voilà, j’ai aussi un côté égoïste là-dessus, j’aurais pu faire partie de cette aventure et gagner la Coupe du monde. » Saluons au moins le fait que l’ancien joueur de Tours ait utilisé le conditionnel. Cela veut sûrement dire qu’il a conscience que sa présence n’aurait pas été aussi précieuse que celle d’Adil Rami, remplaçant au rôle fondamental dans le bien-être des Bleus en Russie.

Les larmes de l'indécence


Les larmes ne doivent pas servir à camoufler l’ego et l’aigreur. Quand Adrien Rabiot (qui a dix ans de moins que Koscielny) pleurniche parce que Deschamps l’abandonne en cours de route, il mérite autant d’être accompagné dans sa douleur que de recevoir des pichenettes derrière les oreilles. De la même manière, la tristesse de Koscielny peut se comprendre, mais sa façon impudique de vider son cœur et de reprocher à Deschamps un manque de soutien (Koscielny prend-il régulièrement des nouvelles de ses compagnons de promo quand lui signait son contrat pro à Guingamp en 2004 ?) mérite au moins une contradiction. Pourquoi a-t-il accepté d’écrire une lettre de soutien aux Bleus juste avant le début du tournoi ? Pourquoi a-t-il accepté de rejoindre ses camarades dans le vestiaire au soir de leur sacre à Moscou ? Pourquoi, trois mois après, ose-t-il tenir un discours qui laisse penser que ces (bonnes) actions relevaient de l’hypocrisie ?


Les cœurs de pacotille n’ont pas le monopole des émotions. Laurent Koscielny a été un joueur honorable de l’équipe de France entre 2011 et 2018. Mais Laurent Koscielny n’est que Laurent Koscielny. La légitimité de sa présence chez les Bleus durant ces années n’est évidemment pas à remettre en question. Mais le commun des mortels n’oubliera jamais que le 10 juillet 2016, ses mains n’étaient pas toutes propres sur le but d’Eder ; que si la France a eu besoin de Mamadou Sakho pour battre l’Ukraine en barrage retour du Mondial 2014, c’est parce que Laurent Koscielny avait salopé le match aller en recevant un carton rouge et en concédant un penalty (15 novembre 2013) ; que le type qui s’est fait trimbaler dans les airs et avait provoqué un penalty face à la Belgique en mars 2015 (3-4) ne pouvait raisonnablement pas être celui qui allait casser la démarche face à ce même adversaire trois ans plus tard.


Un résumé tronqué et malhonnête de son parcours chez les Bleus ? Peut-être. Mais Koscielny n’a pas le monopole des mauvais gestes.

Ses larmes n’ont pas meilleur goût que celles de Rabiot, Benzema ou n’importe quel autre joueur qui a eu la sensation que le ciel lui est un jour tombé sur la tête. Koscielny n’a jamais rien prétendu de tel dans son interview, mais il a eu la bêtise – appelée « humanité » par les cœurs fragiles – de dire qu’il aurait souhaité voir l’équipe de France ne pas soulever la Coupe du monde. Si Koscielny avait 23 ans en ce moment, on parlerait de suicide sportif. Il en a 33. Et quand on n’a que le désert pour seul horizon international, jouer les hommes libres est un peu facile.

Que Laurent Koscielny le veuille ou non, ses larmes ne seront jamais aussi belles que celles qui ont coulé sur le visage des Bleus le 15 juillet dernier. Et tant pis si elles étaient coupées à la pluie.

Par Matthieu Pécot
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