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« J’ai vu la même incompétence policière qu'à Hillsborough »

Plusieurs dizaines de milliers de supporters de Liverpool avaient fait le déplacement à Paris pour suivre la finale de la Ligue des champions sur place. Mais avant même la défaite de leur équipe contre le Real Madrid ce samedi (0-1), la soirée a tourné court. Alors que de graves incidents ont eu lieu aux abords du Stade de France, les organisateurs et les pouvoirs publics français rejettent désormais la faute sur le public anglais. Trente-trois ans après avoir vécu la catastrophe d'Hillsborough, Peter, fan de Liverpool, raconte le calvaire qu'il a vécu à Saint-Denis.

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Racontez-nous comment s’est passée votre arrivée au Stade de France.
Comme l’UEFA avait donné l'instruction d'arriver tôt, j’étais sur place 2h30 avant le coup d’envoi. Dès la sortie du RER, il y avait un problème. Quatre véhicules de police étaient garés devant pour créer un goulet d’étranglement. Avec mon groupe de supporters, on a pris la rampe qui montait depuis le quai, mais on a été bloqués à la moitié. Ils voulaient réguler le monde et contrôler nos billets une première fois. J’ai demandé aux policiers, en français, s’ils pensaient vraiment que c’était une bonne idée de laisser les véhicules là car derrière, d’autres métros arrivaient et la foule était de plus en plus compacte. Mais ils m’ont quasiment ri au nez. Des vieux, des enfants se rentraient dedans. Il y avait beaucoup de souffrance. Les gens essayaient de s’échapper en passant au-dessus des barrières métalliques. Comme j’ai des problèmes d’asthme, j’ai fait pareil. Je ne pouvais pas rester là. Des milliers de fans s’entassaient. C’était vraiment le chaos. Ça a mis un temps fou pour sortir de cet endroit.

Vous avez ensuite pu vous rapprocher de l’enceinte du stade...
Devant la porte Y où était ma place, il y avait une longue queue et rien ne bougeait. On voyait ce que je présume être des jeunes qui grimpaient les grilles ou passaient au-dessus des portiques pour pénétrer dans le stade. Je pense qu'ils étaient de Saint-Denis parce qu’aucun d’eux ne portait de signes distinctifs des Reds. Pas de maillot, pas d’écharpe, rien. Ils couraient juste vite et étaient trop nombreux pour la sécurité. Les stadiers ne pouvaient qu’en attraper un ou deux quand ils ne laissaient pas ces gens passer délibérément...

« Toute la violence provenait de la police. Je leur ai demandé ce qu’on avait fait pour se faire gazer comme ça, mais on ne m’a pas dit. »

Vous étiez inquiets face à ce spectacle ?
On était surtout déboussolés par ce qui se passait. Moi, j’essayais d’interpeller la police à travers les barrières, d’avoir un contact. Je demandais quel était le problème, mais personne ne me répondait. Ensuite, on s’est fait gazer de nulle part. J’ai pris du poivre dans le visage, mais le plus dérangeant, c’était plutôt les lacrymogènes qui me faisaient pleurer. Encore une fois, j’insiste sur ça, mais il y avait des enfants autour de moi. Eux qui espéraient vivre leur première finale européenne, ils ont fini en pleurs et choqués. À vrai dire, même pour des adultes, c’était choquant.

À quel moment vos billets ont-ils été contrôlés ?
La première fois, c’était sur la rampe du RER. La police regardait simplement le ticket à l’œil nu et laissait passer. Le moindre bout de papier qui ressemblait à un ticket de l’UEFA suffisait... Ensuite, on a vraiment bipé aux portillons devant le stade, mais les contrôles étaient légers. Quand j’étais à la finale à Kiev (lors de la finale de la Ligue des champions 2018, déjà entre Liverpool et le Real Madrid, NDLR), il fallait scanner le QR code de son billet pour pénétrer autour de l’enceinte, puis le refaire pour rentrer dans le stade.

Vous avez quand même pu voir une partie du match finalement...
Moi oui, la deuxième mi-temps. Mais beaucoup de gens dans la queue ont préféré abandonner l’idée, par résignation ou par peur. Tout le monde était frustré, mais il n’y avait pas de violence de notre côté. On a fait la queue pacifiquement. Toute la violence provenait de la police. Je leur ai demandé ce qu’on avait fait pour se faire gazer comme ça, mais on ne m’a pas dit.

C’était possible de profiter de la finale après tout ça ?
Pas vraiment, d’autant que je suspectais le type à côté de moi de faire partie de ceux qui étaient entrés illicitement. Il parlait français, n’avait pas de signe d'appartenance à Liverpool et il est resté sur son téléphone pendant 45 minutes. Il s’en foutait du match. Nous, les fans de Liverpool, on est toujours bariolés de rouge. On vit le truc à fond. Après la rencontre, au regard des débordements, on s’attendait à ce qu’il y ait les forces de l’ordre à la sortie. Mais en fait, rien... Des fans de Liverpool ont été agressés ou volés. C’est un vrai manque de gestion généralisé de la police. Tu ne te sentais pas en sécurité.

Vos proches ont probablement été alertés que la situation était difficile à Saint-Denis. Comment ont-ils réagi ?
En réalité, cette partie de l’histoire est assez marrante. À Liverpool, ma famille ignorait ce qui se passait. Mais j’ai été filmé par la chaîne Sky Sports quand j’attendais devant les grilles du stade. Le truc, c’est que je ressemble un peu à Jürgen Klopp. En fait, ma fille scrollait sur Twitter et elle est tombée sur un mème avec ma photo qui disait : « Même Klopp n’a pas pu rentrer dans le stade. » (Rires.) Quand elle a vu son père, elle a eu peur, donc elle m’a écrit en me demandant si tout allait bien. Je lui ai répondu que j’avais été gazé, mais que ça allait. Ils étaient inquiets et vraiment très soulagés quand ils m’ont vu rentrer dimanche. Pour être franc, moi aussi j’étais soulagé.


Vous avez donc été traumatisé par cette expérience ?
En tant que fan de Liverpool, j’ai toujours Hillsborough en mémoire. On a eu peur que cela se répète. J’ai vécu ce drame alors que j’avais une vingtaine d’années. Quand 97 personnes sont tuées, cela fait forcément ressurgir des mauvais souvenirs... Il y a 33 ans, j’étais resté en dehors du stade, mais j’avais été traumatisé. Ce samedi au Stade de France, j’ai vu la même incompétence policière qu'à Hillsborough. Par miracle, ça n’a pas eu les mêmes conséquences. Vous savez, je suis venu en France de nombreuses fois. Mais là, je ne veux plus y retourner. Je ne me sens plus en sécurité là-bas et surtout pas à Paris.

« Je veux que le gouvernement français et les services de sécurité reconnaissent qu’ils se sont plantés. »

Depuis samedi, plusieurs acteurs qui ont une part de responsabilité dans ces incidents ont pointé du doigt les fans de Liverpool. Comment réagissez-vous face à tout cela ?
L’UEFA a rejeté la faute sur nous en disant qu’on était arrivés en retard, mais c’est faux. Moi, j’étais à Saint-Denis vers 18h30. J’ai aussi vu la conférence de presse du ministre de l’Intérieur (Gérald Darmanin) qui parle de 30 000 à 40 000 supporters munis de faux billets. Mais combien croit-il qu’on était ? C’est aberrant. Je veux bien croire qu’il y ait eu énormément de fans des Reds à Paris pour venir à la fan zone, mais je ne peux pas accepter qu’on dise qu’il y en avait autant au Stade de France. C’est pur fabrication et mensonge.

Qu’attendez-vous maintenant ?
D’abord, je veux que le gouvernement français et les services de sécurité reconnaissent qu’ils se sont plantés. Ensuite, ce qu’attend chaque fan de foot - qu’il soit fan de Madrid, du PSG, de Liverpool ou de United -, c’est surtout que ce genre de choses n’arrive plus jamais. Il n’y a que cela qui compte. Pour que ça puisse changer, il faut que l’UEFA réalise enfin toute l’importance de traiter les supporters comme des êtres humains. J’espère donc qu'ils accepteront de faire une enquête vraiment indépendante. S’ils décident de la faire de leur côté, on sait très bien que rien ne se passera. Il n’y aura pas de sanction, car ils trouveront d’autres coupables.

« Le vrai problème, c’est que la France doit accueillir la Coupe du monde de rugby l’année prochaine, puis les Jeux olympiques en 2024. J’ai peur pour ces événements. »

Cette saison, la France a connu de nombreux incidents liés à la sécurité dans les stades. Dimanche encore, des débordements ont eu lieu à Saint-Étienne. Pensez-vous que le problème soit spécifique à la France ?
Je vais être très clair. Je blâme la police française pour la façon dont ils nous ont si peu escortés depuis le métro, mais des choses similaires sont arrivées lors de la finale de l’Euro à Wembley. Le vrai problème, c’est que la France doit accueillir la Coupe du monde de rugby l’année prochaine, puis les Jeux olympiques en 2024. J’ai peur pour ces événements. Il va vraiment falloir s’améliorer en matière de sécurité.

Cela vous fait peur de revenir au stade ?
Mes amis m’ont demandé comment je me sentais aujourd’hui, une fois que mes yeux et mes poumons s’étaient remis du gaz. Je suis dégoûté par le foot. Honnêtement, je suis content que ce soit la fin de la saison. Je n’ai pas envie d’aller au stade avant un moment. Mais ça ira mieux. Les fans de Liverpool sont résilients. On reviendra.

Propos recueillis par Gabriel Joly
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