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United et l’effet papillon

Par Swann Borsellino
3' 3 minutes
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United et l’effet papillon

Une qualification, puis la Premier League. Les Mancuniens ont besoin d’un petit match nul en Suisse pour valider leur ticket pour les huitièmes de finale. Une étape essentielle avant de pouvoir se concentrer sur le championnat.

Une simple défaite en Suisse peut-elle provoquer une tornade dans le Nord de l’Angleterre ? Affirmatif. Deuxièmes du groupe C derrière le Benfica Lisbonne, les joueurs de Manchester United se déplacent sur la pelouse de Bâle pour ramener, au moins, un match nul. Un tout petit point avec d’énormes conséquences. Dans la même situation que lors de la saison 2005-2006, lors de laquelle ils n’ont pas réussi à décrocher le match nul décisif sur la pelouse de Benfica, les joueurs de Sir Alex Ferguson espèrent jouer un tout autre scénario ce soir. Surmotivés, les coéquipiers d’un Wayne Rooney muet depuis le 23 octobre, posent leurs valises au pays de Sepp Blatter pour lancer définitivement leur saison. Eternels hommes de la deuxième partie de l’année, les Red Devils ont besoin de ce résultat en terre suisse pour finir 2011 sereinement, et pourquoi pas, joindre l’utile à l’agréable, en mettant un coup au moral du rival citizen.

Manchester United le jeudi soir

Le spectre de 2005-2006. Dans l’équipe qui fait le déplacement du soir à Bâle, certains ont certainement fait des cauchemars. Devancés par Villarreal, Benfica, et même par le LOSC pour le reversement en C3, les Red Devils, battu par le gros Chelsea en Premier League, ont passé une sale année. Pas question donc, pour une équipe de ce calibre, de voir l’histoire se répéter. En seize ans, les Mancuniens n’ont manqué les huitièmes de finale de la Ligue des Champions qu’à deux reprises (en 1994-1995 et donc 2005-2006). Difficile dès lors d’envisager ce qui constituerait un séisme économique, sportif et, il faut bien le dire, éthique. Oui, imaginer Manchester United disputer l’Europa League, c’est un peu comme si la Reine se mettait à demander un café lors du tea time. Sans déconner, United qui joue le jeudi, pas possible. D’autant que pour une équipe qui n’en a pas l’habitude, cette C3, ça vous ruine un calendrier. Un souci dont les Mancuniens et leurs cinq points de retard sur Manchester City se passeraient bien. Mais si, à l’aube de ce match décisif, c’est logiquement le spectre d’une improbable élimination qui met en émoi toute la presse anglaise, une qualification amènerait également son lot d’enseignements. Une qualification largement à la portée des coéquipiers de Rio Ferdinand.

Vieux d’un mois et demi, le fameux 6-1 concédé face à Manchester City est resté dans les têtes. La suite un peu moins. Depuis cet irréversible revers, United, en Premier League, n’a encaissé qu’un but. Un pénalty un peu pourri, provoqué par Hatem Ben Arfa il y a dix jours. Grandement redevable au retour en forme de la charnière Ferdinand-Vidic, cette solidité défensive apparaît sera d’autant plus appréciable que l’équipe en face avait réussi à planter trois pions à Old Trafford à l’aller. Et si Ferguson a assez de métier et de respect pour ne pas minimiser la force d’un FC Bâle vraiment convaincant depuis le début de la campagne européenne, ce n’est pas relativiser la qualité de l’adversaire que de dire que le match de ce soir n’est qu’une petite étape dans la saison des Red Devils. Ce soir, avant d’allumer leurs téléviseurs, les inconditionnels de la coupe aux grandes oreilles s’attendront très certainement à voir un Manchester United qui fait le métier, proprement, sans fioritures. A l’image d’un Chelsea hier. Et ils auront raison. Car au petit jeu de l’avantage psychologique, il n’y a pas de petites victoires. En s’ouvrant le passage là où Manchester City se verra refoulé à l’entrée, les Rouges se donneraient du baume au cœur et au corps. Un luxe, quand on connaît la rigueur des fins d’années anglaises.

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Par Swann Borsellino

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