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Top 4 : les petites finales de la Coupe du monde

Par Evan Margerin
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Top 4 : les petites finales de la Coupe du monde

Définition de petite finale : match que personne n’a envie de jouer. À l’origine, on voulait faire un top 3, sauf qu’il y a toujours un con qui finira quatrième dans cette histoire. Donc voici les quatre meilleures finales de loser de la Coupe du monde.

  France 6-3 Allemagne de l’Ouest

1958. Pour établir un tel record, tous les matchs comptent. Et ce n’est pas Just Fontaine qui aurait pu dire le contraire. Les Bleus viennent tout juste de se faire sortir par le Brésil d’un minot de 17 piges, dénommé Pelé, auteur d’un triplé qui a propulsé la Seleção vers son tout premier sacre mondial (2-5). La France doit donc désormais jouer ce match qui compte pour du beurre, enfin pas pour tout le monde. Avant la rencontre, le sélectionneur français Paul Nicolas décide d’aligner son équipe la plus solide, justifiant son choix ainsi : « Pour ce dernier match, la meilleure équipe possible parce que, je vous rappelle, seuls les noms des trois premiers pays figurent au palmarès de la Coupe du monde. » Et son choix s’avère payant : les Tricolores infligent une claque aux Allemands (6-3), champions du monde en titre quatre piges plus tôt, tout juste éliminés par la Suède (3-1) et dominant la rencontre de bout en bout.

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Sur ces six buts français, le légendaire Just Fontaine en signe quatre à lui seul (16e, 36e, 78e, 89e). L’attaquant du Stade de Reims boucle ainsi son premier (et unique) quadruplé en Coupe du monde et explose au passage le record établi par le Hongrois Sándor Kocsis quatre ans plus tôt avec onze pions, en atteignant les treize réalisations sur l’ensemble du tournoi. Un record qui tient encore aujourd’hui et qui ne devrait pas tomber lors de cette tournée américaine, puisque Leo Messi et Kylian Mbappé sont tous les deux à huit tremblements de filet… à moins d’un miracle. Il aurait même pu pousser ce total à 14, mais il a préféré laisser un penalty à une autre légende du ballon rond français… Raymond Kopa. Tireur désigné, et soutenu par tout un groupe soucieux de finir sur le podium, le Madrilène s’en charge et le transforme sans problème. Autre information à retenir : son prénom c’est juste Just.

Croatie 2-1 Pays-Bas

1998. Sept piges plus tôt, la Croatie n’était même pas sur la carte. Indépendance proclamée en 1991, guerre civile jusqu’en 1995, un bilan de 20 000 morts : le pays sort d’une décennie faite de sang et de ruines. Reconnue par la communauté internationale dès 1992, elle participe à sa première Coupe du monde en 1998 dans l’Hexagone. Et c’était une franche réussite. Malheureusement pour le maillot à damier, en demies, il tombe sur un Lilian Thuram déchaîné et auteur d’un doublé qui le privera de finale (2-1). La Croatie file donc en petite finale qui, sur le papier, ressemble à un lot de consolation. Sauf que pour les Croates, cette rencontre face aux Pays-Bas est chargée d’intérêts géopolitiques pour panser les plaies de son histoire récente et se construire un nom sur la scène mondiale, en allant chercher une troisième place si symbolique.

Notre génération a posé des fondations sur lesquelles on construit aujourd’hui des bâtiments.

Davor Šuker

Emmenés par le meilleur buteur de la compétition, Davor Šuker, les Croates prennent rapidement l’avantage avec un but de Robert Prosinečki à la 13e minute de jeu. Mais huit tours de cadran plus tard, Boudewijn Zenden égalise pour les Pays-Bas. Puis le meilleur buteur du tournoi plantera son sixième pion à la 35e minute. Plus rien ne se passera dans la rencontre, et les Vatreni décrocheront cette troisième place si importante pour le soft-power de ce néo-pays.

Dans les colonnes de L’Équipe en 2016, l’attaquant, qui évoluait au Real Madrid en 1998, confiait que « cette performance a permis à chacun d’être fier de la puissance croate. À chaque match, elle transpire de chez nos joueurs. Notre génération a posé des fondations sur lesquelles on construit aujourd’hui des bâtiments. » Et cette performance a également permis au monde entier de situer ce pays sur un planisphère d’après Robert Jarni, arrière gauche lors de l’épopée de 1998 : « Désormais, tout le monde sait où se situe la Croatie, qui nous sommes. Le monde nous regarde. » Comme quoi, le foot et la politique…

Corée du Sud 2-3 Turquie

2002. Frères de guerre, frères de foot. Presque 50 piges après la guerre de Corée, la Corée du Sud et la Turquie se retrouvent pour la petite finale du Mondial 2002. L’Allemagne a sorti le pays du Matin calme (1-0), le Brésil a sorti les Turcs (2-1) : les voilà donc face à face pour jouer la médaille en chocolat. Sauf qu’ici, parler d’affrontement paraît presque déplacé. Depuis le conflit coréen (1950-1953), où 15 000 soldats turcs étaient venus prêter main-forte, les deux peuples ont noué une amitié solide, doublée de relations diplomatiques et économiques bien réelles. Ce match représente donc un symbole fort de cette fraternité entre les deux peuples. Sur le terrain, la rencontre est aussi entrée dans l’histoire. Il aura fallu 10,8 secondes à Hakan Şükür pour claquer le but le plus rapide de l’histoire de la Coupe du monde. L’attaquant de Parme n’a eu qu’à cueillir l’énorme cadeau offert par le central sud-coréen et placer son plat du pied au fond des filets.

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Dans un match totalement décadenassé, la Turquie s’impose finalement (2-3) et décroche son meilleur classement dans un Mondial, avec une troisième place historique pour le pays du croissant et de l’étoile. Mais le vrai souvenir de ce match, c’est surtout ce qui s’est passé après le troisième coup de sifflet de l’arbitre. Les joueurs des deux équipes se sont réunis pour un tour d’honneur collectif, au point de voir Sükür et son coéquipier Fatih Akyel boucler ce tour en brandissant fièrement le drapeau sud-coréen. Pas sûr que ça se reproduise ce samedi à l’issue de France-Angleterre, faut pas déconner.

Belgique 2-0 Angleterre

2018. La génération dorée comme des frites de la Belgique méritait bien ce petit morceau de bronze avant de quitter la Russie. La véritable équipe frisson de ce Mondial 2018 portée par une attaque de feu avec Eden Hazard, Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne, a vu son rêve de finale être annihilé par un coup de casque de Samuel Umtiti en demi-finales (1-0).La déception est puissante à Bruxelles, mais qu’à cela ne tienne, il y a une troisième place historique à aller chercher contre l’Angleterre, battue par la Croatie (2-1), et la tête dans les chaussettes. Un lot de consolation pour un pays de moins de douze millions de têtes qui a vibré pendant un mois derrière des accélérations de Nacer Chadli, les parades de Courtois et la muraille Kompany – Verthonghen – Alderweireld.

Roberto Martínez sort l’équipe type (à l’exception de Fellaini, remplacé par Tielemans) quand son homologue anglais Gareth Southgate chamboule tout (Delph, Dier, Loftus-Cheek, Rose et Jones sortent de leur rôle de coiffeur). Le ton est donné, la Belgique veut sa troisième place. Thomas Meunier ouvrira rapidement le score après quatre minutes de jeu et Eden Hazard, auteur d’un Mondial qui restera gravé dans la tête de nombre de nos voisins belges (trois buts et deux passes dé), clôturera le spectacle à la 82e. L’exploit est réalisé pour les Diables rouges, ça mérite bien une petite fête et une bière ça, non ? Comme s’ils avaient « ramené la coupe à la maison », 40 000 supporters se sont réunis dans Bruxelles pour claquer dans leurs mains et féliciter leur team, dont 8 000 sur la Grande Place pour les apercevoir au loin faire des coucous depuis un balcon de la Grand-Place.

En direct : France-Angleterre (0-0)

Par Evan Margerin

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