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Top 10 : Le Pen et le foot

Par Nicolas Kssis-Martov
Top 10 : Le Pen et le foot

Non, la confrontation entre le jeune premier d'En Marche et l'héritière du Front national ne se résume pas simplement à une opposition de styles de jeu. Même si chacun essaie de dissimuler les lignes de fractures idéologiques derrière les lieux communs du « patriotisme » ou de la rupture avec le « vieux système », il suffit juste de se pencher sur leurs déclarations concernant le foot pour faire tomber les masques. Que chacun sache donc quelle couleur il s'apprête à porter le 7 mai en mettant – ou non – son bulletin dans l'urne. Deuxième partie : Marine Le Pen.

1. La candidate ovale

« Ce n’est un secret pour personne, je n’ai pas une attirance particulière pour le football. Plus précisément pour le football professionnel, son étalage indécent d’argent, ses scandales à répétition, sa corruption endémique. En clair, le monde de prébendiers qui a dévoyé ce sport, qui en a fait une activité commerciale et un business avant tout, n’a rien pour susciter l’empathie. » Marine Le Pen penche vers le rugby, tout comme historiquement l’extrême droite, rêvant d’un sport de terroirs, de pureté amateur et de franche camaraderie virile entre « enracinés » . Une conception perdue quelque part entre l’hypocrisie de Coubertin et l’apolitisme – qui est donc de droite – du notable de province. L’argent c’est mal, surtout chez les autres.


2. L’effort de l’Euro

« Le FN salue cet élan de patriotisme réjouissant manifesté aussi bien par les joueurs que par les supporters de l’équipe de France qui illustre toute la force du propos de Marine Le Pen : unis, les Français sont invincibles ! » Football nous voilà… Elle a beau tirer à boulets rouges sur le ballon rond dès qu’elle le peut, Marine Le Pen ne reproduit pas l’erreur de son père qui, même le soir de la victoire de 1998, préféra nager à contre-courant que de se joindre à la liesse populaire. Si le foot français réussit et enthousiasme les Français, c’est que forcément il est quelque part devenu FN, le seul parti du pays réel. Joli refrain.


3. Le Trocadéro et la « guerre civile »

« Il n’est manifestement plus possible d’organiser le moindre événement dans les grandes villes de France, la population étant à la merci de racailles que les pouvoirs successifs, de droite comme de gauche, loin de neutraliser, s’évertuent à protéger par idéologie.  » Après les violences qui avaient entaché la fête au Trocadéro lors de la célébration du titre de champion du PSG en mai 2013, Marine Le Pen n’avait pas pu passer à coté d’une telle occasion pour souligner le climat de « guerre civile » régnant dans un pays livré aux hordes de « racailles » . Elle se révéla plus silencieuse quand les hooligans russes nationalistes saccagèrent Marseille durant l’Euro 2016.


4. « La mauvaise image » de la France

« La plupart de ces gens(…)se considèrent comme appartenant à une autre nation ou ayant une autre nationalité de cœur. » Le problème du FN avec le foot, ce n’est pas tant finalement le fric, mais bien les joueurs et ce sport d’immigrés pauvres qui se permettent de représenter et donner la « mauvaise image » de la France. Certains ne seront jamais assez français et toujours trop exogènes. Pour certains, le bleu tire toujours vers le blanc.


5. La présidentiable qui refuse la passion stratégique

« Je le dis, le football, ce n’est pas mon truc. Donc je ne vais pas raconter des histoires pour des raisons électoralistes et dire que j’aime le foot. » Pour ceux qui n’avait pas compris. Et cela même si on trouve de plus en plus de chant d’ultras et de « on est chez nous » dans ses meetings. Parfois c’est triste, mais il faut savoir tenir compte des hobbies de son électorat.


6. La problématique de La Marseillaise

« Je pense à tous ces joueurs de football qui ne chantent pasLa Marseillaise, qui expriment encore une fois, en toutes circonstances et au long des interviews leur mépris de toute forme de patriotisme. » Il est évident que les cathos royalistes infiltrés dans Sens Commun et autres nostalgiques de la grande Europe de « Brest à Vladivostok » sauce Nouvelle droite sont également concernés.

Vidéo

7. Le cas Benzema

« Il a un comportement que les Français n’admettent plus de la part de gens qui gagnent des sommes faramineuses et qui se comportent comme des enfants gâtés. » C’est là qu’on comprend que la banalisation et la dédiabolisation du FN, c’est les autres politiques qui en parlent et la préparent le mieux, surtout quand il s’agissait de Karim Benzema.


8. La proposition du 5 mai

« Il n’y aura plus de match de football le 5 mai, nulle part en France, en mémoire de l’épouvantable drame de Furiani. » Une proposition qui ne coûte rien et qui permet de racoler. Et on sait que le FN est très fort quand les autres lui abandonnent le terrain. D’ailleurs Marine a fini première en Corse.


9. La cible ultra-libérale

« L’ultra-libéralisme appliqué au football, ça donne des résultats épouvantables. On a voulu faire du football une structure uniquement pour faire de l’argent(…). On a libéralisé les quotas de joueurs étrangers(…). Il faudrait bloquer la masse salariale dans les clubs de football. » Le capitalisme c’est horrible, des étrangers gagnent beaucoup d’argent chez nous. Et gagner beaucoup d’argent devrait être réservé à des gens qui comme mon Papa héritent d’un vieil ami et vivent dans des châteaux.


10. Le Qatar

« Le principe même qu’un État étranger se rende propriétaire d’un club qui appartient au patrimoine sportif d’une ville et d’une région n’est pas acceptable. Ça l’est d’autant moins quand cet État est une dictature aux liens les plus troubles avec les mouvances islamistes qui déstabilisent les Proche et Moyen-Orient, quand ce même État a été qualifié par la Confédération syndicale internationale de « pays esclavagiste » à la suite de la mort de dizaines d’ouvriers étrangers travaillant dans des conditions inhumaines sur les chantiers des stades de la Coupe du monde, dont l’attribution est elle-même entachée par de très sérieuses accusations de fraudes et d’irrégularités… » En revanche aucun commentaire sur l’ASM, la Coupe du monde en Russie, et autres situations comparables. Il faut bien essayer aussi de recruter les insoumis du football.

Par Nicolas Kssis-Martov

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