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PSG : Maccabi Haïfa, les démons refont surface

Par Mathieu Faure
PSG : Maccabi Haïfa, les démons refont surface

Le PSG avait des comptes à régler avec la Juventus, sa bête noire européenne, lors de l’ouverture de cette campagne de Ligue des champions, mais le Maccabi Haïfa, deuxième adversaire des Parisiens, est, lui aussi, un très mauvais souvenir. C’était le PSG de 1998. Un PSG qui se voulait nouveau, ambitieux, conquérant et qui, d’entrée, va éclater en vol en Israël.

Souviens-toi, l’été 1998. Un été où tout avait changé au PSG, Michel Denisot avait rendu son tablier de président délégué après un règne sans concurrence ponctuée de cinq demi-finales européennes de suite, dont deux finales de C2 et un titre en 1996. Il faut tourner une page, et Charles Biétry, le nouveau taulier, veut y poser sa touche. À l’été 1998, les historiques sont remerciés au sein de l’équipe, c’est la fin de l’ère Raí, Roche, Le Guen, Fournier, Guerin and co. Dans leur sillage, Revault, N’Gotty, Edmilson sont priés de partir. La nouvelle direction veut du lourd et pose plus de 100 millions de francs sur le fantasque Jay-Jay Okocha, figure de proue d’un mercato qui se veut agressif : le défenseur allemand Christian Worns, Alain Goma, Nicolas Ouédec, Igor Yanovski, Nicolas Laspalles, Yann Lachuer, Adailton, un jeune Brésilien intenable lors du Mondial U20 de 1997, Laurent Leroy, ou encore Bruno Carotti. Sur le banc, Biétry cherche un beau CV pour succéder au duo Ricardo-Joël Bats. Il sonde Jean-Claude Suaudeau, Christian Gourcuff, Guy Lacombe, Philippe Troussier ou encore Joël Muller. En vain. L’heureux élu s’appelle Alain Giresse, sur le banc toulousain depuis 1995 et pressenti pour prendre la suite d’Aimé Jacquet à la tête des Bleus.

Le couac Wörns

D’entrée, tout part mal. Wörns, qui a signé sous Michel Denisot, sent qu’il n’est pas désiré par la nouvelle direction. Convoqué dans un grand hôtel parisien, l’ancien défenseur central du Bayer Leverkusen est attendu par la direction parisienne, ainsi que par le duo d’entraîneurs de Liverpool composé de Roy Evans et Gérard Houllier. Tout est ficelé pour qu’il signe à Liverpool. Sauf que l’Allemand n’est pas au courant et refuse le deal. Bonne ambiance. Soucieux de faire table rase du passé, Biétry vend tout ce qu’il peut : Florian Maurice à l’OM et Franck Gava à Monaco, deux joueurs majeurs arrivés un an auparavant. Biétry prend un gros risque en bouleversant l’effectif du sol au plafond. L’héritage Denisot est liquidé. Alors que le début de saison est moyen, pour ne pas dire plus, en championnat (2 victoires, 2 défaites et 1 nul), la Coupe d’Europe va, peut-être, mettre enfin l’équipe sur la route. De collectif, il n’en est rien. L’équipe ne se connaît pas. Marco Simone est isolé et en guerre avec Biétry. Pis, les joueurs ne se supportent déjà plus. Vainqueur des deux Coupes nationales au printemps, le PSG retrouve la C2, son jardin. Vainqueur en 1996 et finaliste en 1997, le PSG semble fait pour cette Coupe des vainqueurs de coupe.

Maccabi, un cadeau… empoisonné

D’entrée, le tirage semble clément avec le PSG, puisque le sort lui assigne le Maccabi Haïfa, modeste équipe israélienne coachée par l’expérimenté Dušan Uhrin. L’équipe ne fait peur à personne, et à l’exception d’un jeune attaquant prometteur, Yossi Benayoun, 17 piges, le talent ne semble pas présent dans toutes les lignes. Même si Giresse tâtonne, passant d’une défense à trois éléments à quatre d’un match sur l’autre, cette double confrontation doit être une mise en bouche facile. Au Parc des Princes, à l’aller, « Gigi » opte finalement pour un 4-2-3-1 offensif. Une ambition de façade tant il ne se passe rien sur le terrain. Marco Simone ouvre le score sur penalty à la 83e minute, mais Benayoun égalise dans la foulée, bien aidé par une bourde de Bernard Lama. La mayonnaise ne prend pas, et Charles Biétry commence déjà à envoyer la sulfateuse devant les micros : « Je ne demandais pas à ce qu’on ait le niveau d’Arsenal ou de Barcelone dès la mi-septembre, mais être capable de dominer Haïfa ne paraissait pas être une exigence impossible. » Okocha, lui, peine à assumer son statut de joueur à 100 millions de francs. Il est méconnaissable. Petit à petit, l’équipe se décompose. Les clans se forment, dont celui des anciens Nantais que certains imaginent être l’œil de Moscou de Biétry. Le match retour du Maccabi arrive vite, et le PSG peine toujours en championnat.

Quatre jours de mise au vert en Israël en raison de Yom Kippour

Sauf que c’est Yom Kippour et, de ce fait, le PSG est obligé de s’envoler le lundi 28 septembre pour Israël alors que le match n’a lieu que le jeudi. Il faut rester sur place quatre jours, à huis clos, alors que tout le monde se déteste. Conditions parfaites pour préparer un match couperet. Sur le papier, rien ne semble impossible. En aller-retour, sous Canal+, le PSG n’a cédé que devant l’AC Milan, la Juventus et Arsenal. Mieux, le club de la capitale n’est sorti qu’une seule fois de son histoire au premier tour d’une Coupe d’Europe, en 1986 contre les Tchécoslovaques de Vítkovice. Haïfa ? Une formalité. Enfin, en théorie. Tout va se jouer au stade Kiryat Ezieker. Sauf que le PSG donne le sentiment d’être encore sous la couette. Lent, emprunté, désuni, le collectif parisien est affligeant. Et c’est le Maccabi qui ouvre logiquement le score à l’heure de jeu. Ouédec réagit et marque son premier… et unique but sous les couleurs du PSG (1-1, 72e), mais Haïfa reprend l’avantage six minutes plus tard avant que Jay-Jay Okocha n’égalise à la 86e minute. C’est moche, mais le PSG, avec ce résultat, est qualifié. Et puis arrive la 90e minute… C’est le moment que choisit Alain Goma pour tromper son propre gardien : 3-2, c’est fini. Le huitième du dernier championnat israélien élimine un tout petit PSG.

« On va avoir une longue période de réflexion »

Alors que le championnat est déjà mal embarqué, l’Europe s’arrête déjà. Biétry, qui promettait de tout changer, doit assumer face aux micros : « Il faut absolument se dire que la saison ne s’est pas achevée à Haïfa. Le sport est fait de très, très gros bas, de mini-catastrophes, c’en est une. C’est impardonnable. Je ne sais pas si c’est une crise, mais c’est un gros échec. On va avoir une longue période de réflexion. » Le match suivant, une défaite contre Lens (0-1), condamne définitivement Giresse qui, après onze matchs sur le banc du PSG, prend déjà la porte. Artur Jorge, l’homme du titre de 1994, est rappelé en urgence. Lui non plus ne terminera pas la saison, puisque c’est Philippe Bergeroo qui viendra poser son menton, en mars 1999, pour terminer une saison catastrophique (9e du championnat) qui se terminera par ce match d’entraînement contre Bordeaux, au Parc des Princes, une défaite qui donnera le titre aux Girondins aux dépens de l’OM devant un Parc tout heureux de fêter ça, lui qui avait vibré comme jamais, début mai, pour cette victoire dans les arrêts de jeu contre le rival olympien, la seule éclaircie dans une saison qui, pour beaucoup, reste la pire de l’histoire du club. Et Charles Biétry dans tout ça ? En décembre, il sera remplacé par Laurent Perpère qui, durant son mandat, connaîtra sans doute le plus bel hommage, via une banderole, qu’un dirigeant parisien ait reçu de la part du Kop de Boulogne : « Perpère, mes couilles sur ton nez, ça te fera des Ray-Ban. » C’était ça, aussi, le PSG. Une bande de copains.

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