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Non, le PSG n’est toujours pas exempt de toute critique

Par Nicolas Kssis-Martov
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Non, le PSG n’est toujours pas exempt de toute critique

Le back-to-back est sportivement impressionnant, l’équipe construite par Luis Enrique suscite légitimement l’admiration, mais a-t-on encore le droit d’émettre des réserves à l’égard du Paris Saint-Germain ? Oui, c’est même un devoir.

Si le football est l’opium du peuple, encore faut-il que la marchandise soit de qualité. Le PSG a clairement distribué la meilleure came depuis deux ans. Tout le monde est contraint de s’incliner devant les prestations d’une équipe portée par un destin commun, une forme renouvelée de football total, sans pour autant étouffer le génie de ses héros, à commencer par Khvicha Kvaratskhelia. Le plaisir ressenti par ses supporters, comme le frisson qui a parcouru la capitale sont parfaitement légitimes – certainement pas les violences, évidemment – mais le PSG n’est pas un club comme les autres. Et le fait que le onze de Luis Enrique soit entré dans la légende du football européen ne lui confère pas un totem d’immunité. Le PSG demeure un sujet de débat en raison de sa place dans le football français, européen, et plus largement dans le pays.

Le club du peuple, avec ses droits et ses devoirs

Depuis samedi soir, la deuxième étoile a d’ailleurs presque pris les allures d’une fête nationale, y compris dans la généralisation à l’ensemble du territoire des débordements observés dans de nombreuses villes (souvent par pur opportunisme). Cinquante ans après l’épopée des Verts, qui avait entraîné dans son enthousiasme tout l’Hexagone, le PSG est devenu une forme d’équipe de France bis en Ligue des champions, il est vrai aussi en raison des défaillances des autres représentants de la Ligue 1. Beaucoup dénoncent le clubisme, on peut toutefois continuer à penser que les triomphes de Munich puis de Budapest devraient avant tout appartenir aux supporters parisiens et à Paris. Il fut un temps où porter un maillot du PSG se méritait et, parfois, se défendait, y compris dans la capitale. Aujourd’hui, une forme d’hégémonie culturelle semble s’installer. Depuis son arrivée à Paris, QSI poursuit certes d’autres objectifs d’influence que la seule réussite sportive en France, avec des répercussions à l’échelle européenne.

La réception des Parisiens par le président de la République – toujours aussi peu inspiré et subtil lorsqu’il s’agit de récupération politique dans le football – confirme ce statut hors norme du PSG. La présence d’Emmanuel Grégoire aux festivités témoigne également d’un rapprochement, voire d’une forme de soumission, de la mairie au moment même où se profile la question de la vente du Parc des Princes, un dossier dont ni le principe ni les modalités ne vont de soi.

Justement, le poids occupé par le PSG et son président, Nasser al-Khelaïfi, au sein de la Ligue 1, jusque dans ses instances dirigeantes, peut légitimement continuer d’interroger. D’autant que les réformes promises sur le plan législatif tardent à être votées à l’Assemblée nationale. Le PSG apparaît en outre de plus en plus comme une exception, notamment au regard de sa surpuissance économique, laquelle n’est évidemment pas étrangère à ses résultats, même si elle ne saurait à elle seule les expliquer.

Cette singularité dissimule la crise du foot français sous les lumières du feu d’artifice parisien. Le cadre domestique paraît même de plus en plus secondaire : personne, par exemple, ne semble vraiment regretter du côté parisien d’avoir raté le triplé cette saison avec l’élimination en Coupe de France. Le football français ne peut-il exister qu’ébloui par les phares de la Ligue des champions ? Le PSG est désormais un grand club, et son palmarès s’y apparente de plus en plus. Il mérite donc aussi de grandes critiques.

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