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L’OM à la recherche du temps perdu

Par Swann Borsellino
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L’OM à la recherche du temps perdu

Et ce qui devait arriver arriva. Pessimistes, optimistes, réalistes, supporteurs ou simples amateurs, tous avaient coché cette date du 6 décembre comme la date clé de ce groupe F. Ce que tous avaient négligé, c’est que le véritable mano à mano de cette poule oppose l’OM à l’Olympiakos. Avec Dortmund, en arbitre de luxe. Et peut-être plus.

Il paraît que tout va très vite dans le monde du football. Force est de constater que si cette incroyable déconvenue face à l’Olympiakos (0-1) semble si lointaine, c’est peut-être parce que ce cliché, comme beaucoup d’autres, est vrai. Car au fond, cette purge footballistique, où seul le manque d’ambition des joueurs de l’Olympique de Marseille a été à la hauteur de leur faiblesse technique, n’est vieille que de deux semaines. Quatorze jours lors desquels pas mal de choses ont changé. La dynamique n’est plus du tout la même. Forts de victoires convaincantes face à Caen, et surtout Paris, les Phocéens sont en confiance. Le contexte a changé, lui aussi. D’un match a priori facile, celui face aux Grecs, les joueurs de Didier Deschamps se heurtent aujourd’hui à un véritable casse tête : un déplacement à Dortmund. Enfin, s’ils ont encore leur qualification entre les mains, tout autre résultat qu’une victoire en terre allemande expose les Marseillais à une élimination par la petite porte. Bien dans leurs baskets, bien sous leurs casquettes, les Phocéens auront les pieds à Dortmund et la tête au Pirée.
L’OM nouveau
4-2-3-1, 4-3-3, ou 4-4-2. Souvent bousculé sur le plan tactique, Didier Deschamps a un temps fait taire les sceptiques grâce à son 4-4-2 jugé révolutionnaire. Depuis la victoire face à Paris, acquise dans un 4-2-3-1 à vocation plus défensive, DD a fait comprendre à certains ignorants que plus que le dispositif, c’est aux joueurs qui le forment de relancer la machine. Hier soir, les Spécialistes vantaient à juste titre les mérites de la « Garde noire » Nkoulou-Diawara-Mbia-Diarra, dont le surnom ne proviendrait pas de la couleur du maillot porté par les Marseillais face à Caen. Devant les milieux défensifs, Lucho profite de la mode du moment pour prouver qu’on peut être un joueur élégant et enfiler le bleu de chauffe, les frères Ayew s’éclatent, et l’excellent Morgan Amalfitano a enfin rangé Mathieu Valbuena au placard. Forts d’un couloir droit où l’ancien Lorientais commence à bien combiner avec un Azpilicueta enfin à son niveau, les Marseillais, qui ont engrangé cinq victoires lors de leurs six derniers matches en Ligue 1, se rendent à Dortmund métamorphosés. Tous blessés ou convalescents, Rémy, Mbia et Morel, qui se sont entraînés hier, sont espérés pour la rencontre de ce soir. Mais si les joueurs de Deschamps n’ont plus la même gueule que celle affichée en début de saison, c’est également le cas de ceux de Dortmund.
Le Dortmund ancien
28 septembre 2010. Marseille reçoit Dortmund, champion d’Allemagne en titre, sur la pelouse du Vélodrome. Le CV et la fin de saison 2010-2011 des hommes de Klopp invite à la prudence. Mauvais en championnat, les Phocéens collent un 3-0 bien ficelé aux Jaunes, dont les largesses défensives et le faible niveau de jeu affiché en ont étonné plus d’un. Un peu plus de deux mois plus tard, Dortmund, comme Marseille, semble métamorphosé. Le match nul concédé sur la pelouse de Mönchengladbach (1-1) ce week-end est respectable, le nouveau Borussia conquérant. Comme avant. Et surtout intraitable à domicile. Cologne en a pris cinq. Wolfsburg en a pris cinq. De quoi faire rêver Kevin Grosskreutz, qui pense presque légitimement pouvoir en passer 4 ou 5 à Marseille, et ainsi décrocher l’idyllique qualification en huitième de finale. Car les hommes de Klopp viennent de s’extirper avec brio d’un calendrier de fou, qui les a vus affronter le Bayern, Arsenal, Schalke 04 et ‘Gladbach, pour un joli ratio de deux victoires et un match nul et une courte défaite à Londres. Ce soir, le danger numéro un s’appellera plus qu’il ne s’épèlera. En pleine bourre, Robert Lewandowski a planté neuf de ses dix buts en Bundesliga à domicile. Privé de Subotic et Bender, tous deux blessés, ce taré de Klopp va « regarder ses joueurs dans les yeux afin de savoir » qui est prêt à écrire l’histoire, ce soir, sur la pelouse d’un Signal Iduna Park à guichets fermés, devant 65 000 spectateurs, au lieu des 80 000 habituels, sécurité UEFA oblige. Pour les Marseillais, l’histoire devrait s’écrire sur une autre pelouse. Celle du Pirée.
La tête au Pirée
« Ça ne dépend toujours que de nous-mêmes, mais je me tiendrai quand même informé de leur résultat en Grèce. On aurait pu être comme eux (l’Olympiakos, ndlr), et venir ici avec l’esprit libre en étant qualifié, mais ce n’est pas le cas. Arsène Wenger fait les choix qu’il veut. On a notre destin entre nos pieds, et il passe par une victoire. La meilleure façon d’obtenir ce que l’on veut, c’est de l’obtenir par soi-même » . La déclaration, faite en conférence de presse, est belle. D’ailleurs, c’est vrai, Arsène Wenger fait ce qu’il veut. Du coup, ce soir, il alignera son attaque de cadors Chamakh-Park, pendant que Van Persie se grattera les couilles devant son téléviseur. Derrière, Vermaelen sera là, pour tenir la baraque. Comme souvent, lors de l’ultime journée de la phase de poule, les scénarios de qualification sont multiples. En fait, le plus simple pour les Marseillais, outre la victoire, évidemment, est de faire le même résultat que les Grecs, sans en prendre quatre ou plus au Signal Iduna Park. Quand on y réfléchit à deux fois, on se dirait presque que l’équipe française qui a le plus de chance d’accéder aux huitièmes de finale est le LOSC. Et honnêtement, même si tout va très vite dans le football, pour cet OM-là, ce serait con.

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Par Swann Borsellino

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