- C1
- Demies
- Bayern-PSG
Pourquoi Warren Zaïre-Emery est la clé du match retour face au Bayern

Le PSG va se présenter à l’Allianz Arena pour défier le Bayern Munich sans Achraf Hakimi, mais avec Warren Zaïre-Emery repositionné à un poste qu’il commence à connaître. L’habituel milieu de terrain parisien de 20 ans pourrait bien être la clé de cette demi-finale retour de Ligue des champions.
Il fait partie de ces joueurs que les entraîneurs adorent. Capable d’évoluer aussi bien relayeur que sentinelle, sans oublier ses nombreux dépannages dans le couloir droit pour suppléer Achraf Hakimi, Warren Zaïre-Emery est d’une polyvalence rare. Pour un fanatique des couteaux suisses comme Luis Enrique, c’est du petit-lait. « C’est un joueur différent. […] Il est très mûr, et il est prêt tout le temps. C’est un vrai leader. En ce moment, il peut jouer partout », avait vanté le coach espagnol plus tôt dans la saison. Sa maturité, son sérieux, sa régularité, sa capacité d’adaptation et sa faculté à performer à n’importe quelle position font de « WZE » le joueur le plus fiable du PSG depuis le début de saison. Il se pourrait bien qu’il s’avance aussi comme le facteur X du second round tant attendu entre Bavarois et Parisiens.
L’équilibre dans le déséquilibre
Hakimi étant out pour cette demi-finale retour après la lésion de la cuisse droite qu’il a subie en toute fin de match à l’aller, c’est Warren Zaïre-Emery qui devrait occuper le poste de latéral droit à l’Allianz Arena de Munich, pour la 20e fois de la saison (sur les 52 matchs qu’il a disputés toutes compétitions confondues). Alors oui, le Marocain est inimitable. Avec ses trois poumons à la Blaise Matuidi, il amène constamment le surnombre offensivement et multiplie les appels et dédoublements. Le natif de Montreuil, lui, n’est ni un latéral ni un piston moderne basé sur la percussion et les projections mordantes.
En revanche, de par son profil de milieu de formation, le numéro 33 du PSG garantit un certain équilibre et une meilleure maîtrise. Ne serait-ce pas ce dont le PSG a le plus besoin face au grand Bayern ? Dans un match aller démentiel à neuf pions, l’arrière-garde parisienne a parfois (souvent) vacillé et pris l’eau. Face aux montées de Hakimi, Marquinhos s’était retrouvé esseulé et surexposé aux fulgurances de Luis Díaz. Avec Zaïre-Emery et son profil travailleur et besogneux, l’objectif sera de contenir le diable colombien pour soutenir son capitaine dans les phases de transitions défensives. « Face à un tel adversaire, il ne faut faire aucune erreur. Je donnerai le meilleur de moi-même face à Luis Díaz », a promis le chouchou des supporters parisiens ce mardi lors de son passage en conférence de presse.

Grâce à l’assurance et la caution équilibre qu’offre Zaïre-Emery, c’est le collectif du PSG qui pourrait s’en retrouver bonifié et libéré. À commencer par un homme : Nuno Mendes. À l’aller, le latéral portugais avait dû compenser le rôle très offensif confié à Hakimi et s’était surtout contenté de défendre face à un Michael Olise intenable, qui lui avait donné des nausées et prescrit un bon Doliprane 500. La présence du titi parisien à droite permettrait donc au Lusitanien de se délester de ses tâches défensives pour se projeter, soutenir Khvicha Kvaratskhelia et acculer Josip Stanišić qui apparaît comme la kryptonite de ce Bayern. Et Nuno Mendes dans les 30 derniers mètres adverses qui fait n’importe quoi avec ses jambes, c’est quand même un apport offensif non négligeable.
Un milieu replacé latéral, ce n’est pas une première
Avant Luis Enrique, d’autres entraîneurs avaient aussi repositionné un habituel milieu sur un côté de la défense : Pep Guardiola avec Matheus Nunes, Diego Simeone avec Marcos Llorente, et même Jorge Sampaoli avec Valentin Rongier à l’OM. L’objectif à chaque fois est le même : garantir l’équilibre, sécuriser le couloir, mettre de l’impact et apporter des solutions courtes à l’intérieur du jeu. En phase offensive placée, soit les joueurs cités s’inséraient dans l’entrejeu, soit ils formaient une ligne défensive de trois avec la charnière centrale pour compenser les montées du latéral opposé.
Ce mercredi soir, Warren Zaïre-Emery va jouer un rôle déterminant, en attendant de savoir qui de Fabian Ruiz, Désiré Doué ou Senny Mayulu prendra sa place au milieu de terrain. Peu importe dans quel sens on prend le match et on le lit, tout revient à lui. L’équilibre du PSG, c’est lui qui va l’insuffler. Le combat et la résistance face aux innombrables provocations de Luis Díaz, c’est lui qui va les mener. La possible agonie de Marquinhos, c’est lui qui l’assumera et qui tentera de la soulager comme un bonbon peut le faire avec les cris et pleurs d’un enfant. La clé, ce sera peut-être bien Zaïre-Emery à une position où personne ne l’imaginait à ce niveau. À lui de l’enfoncer dans la serrure pour ouvrir les portes d’une deuxième finale de Ligue des champions de suite au PSG.
Footox : le podcast de So Foot en apéro de Bayern-PSGPar Vincent Miffon















































