- C1
- 8es
- Atlético de Madrid-Tottenham (5-2)
Antonín Kinský, un gardien malheureux à protéger

Propulsé titulaire à la surprise générale avec Tottenham, Antonín Kinský a vécu une première en Ligue des champions cauchemardesque face à l'Atlético de Madrid : trois buts encaissés, deux grosses bourdes et une sortie après 17 minutes. Une prestation catastrophique qui risque bien d'impacter sérieusement la suite de la carrière du jeune gardien.
Que ce soit en cuisine, sur un vélo ou dans un lit, il n’est jamais facile d’assurer le coup pour sa première fois. Ce mardi, Antonín Kinský s’est en tout cas foiré dans les grandes largeurs pour sa première en Ligue des champions, lors du naufrage de Tottenham à l’Atlético de Madrid (5-2). Le jeune gardien de 22 ans, venu remplacer à la surprise générale Guglielmo Vicario, défaillant dernièrement, espérait certainement s’illustrer pour lui piquer sa place de titulaire, lui qui attendait sa chance depuis de longs mois et qui n’avait joué que deux matchs de Coupe de la ligue cette saison.
Il n’a fallu qu’un petit quart d’heure pour convaincre Igor Tudor que ce ne serait pas le cas. Le coach croate a remplacé le Tchèque après seulement 17 minutes à la suite d’un festival d’erreurs presque irrationnel : un premier but encaissé après un dégagement raté, un second où il n’a clairement pas été aidé par une défense défaillante, et un troisième – probablement le pire – où il a remis un ballon en retrait directement à Julián Álvarez, seul face à la cage. Rideau pour lui. C’est tout simplement du jamais-vu en C1, et probablement l’une des pires prestations pour un gardien de l’histoire de la compétition.
La soirée CAUCHEMARDESQUE de Kinsky avec Tottenham pour sa première en Ligue des champions 😱
Deux boulettes en 15 minutes avant d’être REMPLACÉ dans la foulée 😰#ATMTOT | #UCL pic.twitter.com/1ihBSbyh38
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) March 10, 2026
« Tudor a complètement détruit sa carrière »
Quelques minutes après la sortie du Tchèque, David de Gea a immédiatement publié un message sur X pour exprimer son soutien envers son collègue : « Personne qui n’a jamais été gardien de but ne peut comprendre à quel point il est difficile de jouer à ce poste. Garde la tête haute et tu y arriveras. » Difficile, en effet, de ressentir autre chose que de l’empathie face à un tel fiasco. Même une partie de l’Estadio Metropolitano, pourtant aux anges de voir son équipe être mise sur du velours aussi rapidement, a préféré applaudir la sortie du portier plutôt que de le chambrer. En conférence de presse d’après-match, Tudor a expliqué son choix de remplacer son gardien aussi tôt : « Il était nécessaire de le préserver, de préserver l’équipe. Avant le match, le titulariser était la bonne chose à faire au vu de la pression qu’il y avait sur Vicario. J’ai parlé à Toni (Kinský) après le match, c’est un garçon intelligent et un très bon gardien, mais malheureusement, il a commis des grosses erreurs dans un match important. Il a compris pourquoi il était sorti. »
No one who hasn’t been a goalkeeper can understand how difficult it is to play in this position.
Keep your head up and you will go again.
— David de Gea (@D_DeGea) March 10, 2026
Peter Schmeichel, lui, estimait au micro de CBS Sport que ce changement express risquait de définitivement briser le gamin mentalement : « Ce sera un moment dont tout le monde dans le monde du football se souviendra lorsqu’il verra ou entendra le nom de Kinský… Il fallait au moins le soutenir jusqu’à la mi-temps… Il a complètement détruit sa carrière. Je suis vraiment désolé pour lui. » Si la confiance est une composante essentielle pour performer au haut niveau, c’est encore plus le cas au poste de gardien, où la moindre frappe molle peut devenir une savonnette si les rouages dans le cerveau se mettent à grincer.
Il suffit de voir à quel point un gardien comme André Onana, pourtant excellent à l’Inter, est devenu une pipe du jour au lendemain après avoir signé à Manchester United, où la pression a fini par le bouffer. Un gardien remplaçant sait qu’il ne disposera que de très rares occasions de doubler le numéro 1 – Kinský a dû l’apprendre dès l’enfance en voyant son homonyme de père cirer la banquette de Petr Čech en équipe nationale – et doit gérer une dose anormalement élevée d’adrénaline lorsque l’occasion se présente. Encore plus quand il s’agit d’un huitième de finale de Ligue des champions du calibre de cet Atlético-Tottenham, sur une pelouse humide qui était particulièrement propice aux glissades.
Le précédent Karius
Après le match d’Antonín Kinský, beaucoup ont dû repenser à la prestation de Loris Karius en finale de Ligue des champions 2018 face au Real Madrid. Ce soir-là, le portier allemand avait plombé Liverpool avec deux erreurs grossières. La suite de sa carrière n’a plus jamais été la même : prêt en Turquie trois mois plus tard, longs passages sur le banc, et plus le moindre match sous les couleurs des Reds. On espère évidemment un destin différent pour le jeune Kinský, que cette étiquette de gardien à boulette ne lui colle pas à vie à la peau. Le football est un monde de requins, où chaque joueur accumule des années d’efforts et est obligé de se forger un mental en béton pour exister. Le staff de Tottenham se doit de prendre au sérieux le cas de son gardien pour ne pas saper des années de travail, des millions investis, et surtout l’aider à ne pas sombrer mentalement.
L’Atlético fout une tarte à un Tottenham clownesquePar François Linden


















































