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Enrique, la victoire lui appartient

Par Tom Binet
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Enrique, la victoire lui appartient

Talent, efficacité, résilience : les joueurs du PSG ont parfaitement appliqué les plans de Luis Enrique lors des deux matchs face au Bayern et méritent leurs louanges. Cette victoire n’en reste pas moins aussi la sienne, à ajouter à la longue liste des accomplissements de l’Espagnol en trois ans sur le banc du club de la capitale.

« J’ai demandé à mon staff, ils m’ont dit qu’on devrait marquer probablement trois buts au retour pour se qualifier. » Luis Enrique serait-il devenu maître dans l’art du bluff ? Le coup de sifflet final du formidable match aller ayant à peine retenti au Parc des Princes, l’Asturien lançait déjà les hostilités du retour. Mais à la surprise générale, son PSG ne s’est pas rué à l’abordage à Munich, se concentrant avant tout à repousser une à une les vagues bavaroises (bien aidé il est vrai par ce deuxième but d’avance offert d’entrée par Ousmane Dembélé). Le Ballon d’or, tout comme Khvicha Kvaratskhelia, Willian Pacho, Warren Zaïre-Emery et le reste de la clique étaient d’ailleurs au centre de toutes les attentions après cet énième exploit, mais ce serait bien vite oublier le rôle de leur maître tacticien. Plus forcément le personnage principal qu’il a été par moments, mais pas totalement secondaire non plus.

Génie sans frotter

De l’orgie de football total au pragmatisme plus inattendu du retour, de l’efficacité froide de sa ligne offensive à la résistance de ses derniers remparts, cette qualification du PSG aux dépens de la supposée meilleure équipe d’Europe cette saison constitue sans débat un nouveau chef-d’œuvre de Luis Enrique dans la capitale. Et s’il y a fort à parier que le tacticien n’avait pas tout anticipé dans le script de ces deux matchs et que la tournure des éléments renforce cette lecture, il en est arrivé à un point où le moindre détail favorable est désormais perçu comme un élément savamment calculé en amont, comme cette succession de dégagements en touche de la part de Matvey Safonov. Difficile d’imaginer le Russe aussi maladroit tout au long d’une partie. Alors : nouveau coup gagnant sorti du chapeau du staff parisien pour bloquer au mieux Michael Olise ? Cela tiendrait presque de l’évidence à ce stade, tant tout ce qui sort du cerveau d’Enrique depuis deux ans semble tenir du génie.

Ce match nul acquis de haute lutte en Bavière n’en est finalement qu’une nouvelle illustration. « Je pense qu’on a montré un niveau de maturité supérieur, se félicitait-il après coup devant la presse. On savait comment défendre, on savait comment attaquer, on fait tout. Tu peux apprécier la mentalité qu’on a. En tant qu’entraîneur, c’est un vrai plaisir de voir ce type de performance. » Un discours toujours aussi rodé, sans oublier de clamer à nouveau haut et fort la confiance aveugle qu’il possède en son équipe dans ce genre de moments. Une machine de guerre terrifiante construite pièce par pièce depuis l’été 2023 par un architecte sûr de son fait, y compris lorsque l’évidence semblait lui donner tort. De l’affirmation que l’édifice serait plus solide et performant sans Kylian Mbappé au refus d’accueillir des renforts l’été dernier à l’aube d’une saison sans préparation, l’intéressé a forcé le sort à lui donner raison. Les « je-sais-tout donneurs de leçon » ça peut finir par agacer, mais ne comptez pas sur les amoureux du club de la capitale pour se détourner de leur oracle.

Pouvoir total

Surtout quand ce dernier s’apprête à battre le record de matchs dirigés lors d’un même passage sur le banc parisien lors de la finale à venir contre Arsenal (son 174e match à Paris, devant les 173 de Laurent Blanc). Difficile de trouver des défauts à l’homme qui restera comme celui qui a permis à la ville lumière d’illuminer pour la première fois l’Europe. À part à vouloir chipoter sur certains choix en cours de match, comme l’entrée de Fabián Ruiz à la place d’un Warren Zaïre-Emery à l’abattage physique déterminant lors du match aller. « On connaît très bien Luis Enrique. Il a fait une équipe incroyable. On joue depuis trois ans avec lui, on a fait une finale et déjà deux demi-finales de Ligue des champions, l’encensait d’ailleurs le milieu espagnol auprès de Canal+ après la manche retour. C’est une chose incroyable. Nous, on est très contents de l’avoir en tant qu’entraîneur et on espère qu’on l’aura encore pendant de très nombreuses années. » Pas anodin quand cela vient d’un joueur un temps mis à l’écart de sa sélection par l’intéressé.

Dans l’enfer de Munich, le coaching d’Enrique aura surtout été dicté par la dimension physique et l’incapacité de certains à poursuivre les efforts jusqu’au bout de la nuit. Tout l’inverse des quelque 3 700 fans parisiens venus s’égosiller depuis l’anneau supérieur de l’Allianz Arena, qui trouvaient encore un peu de voix pour chanter à la gloire de leur héros une fois la qualification en poche. Moment choisi par son président Nasser al-Khelaïfi pour partir lui chanter des louanges à la télévision anglaise : « Ce qu’il a fait, honnêtement… Il révolutionne le football, pas seulement le Paris Saint-Germain. Ce qu’il a déjà accompli, ce en quoi il croit… Je suis si fier de lui. C’est vraiment le meilleur coach du monde. » De quoi laisser entrevoir entre les lignes que celui dont on annonce une prolongation très longue durée (jusqu’en 2030) a désormais les pleins pouvoirs au pied de la tour Eiffel. Ne reste plus qu’à savoir quelle nouvelle promesse incongrue il s’appliquera à démontrer dans les prochains mois.

Yann Arthus-Bertrand a « pleuré toute la nuit » à cause de certains supporters du PSG

Par Tom Binet

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