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PSG : ramener le foot à la raison

Par Tom Binet
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PSG : ramener le foot à la raison

Huit jours après avoir surfé sur l'euphorie du match aller, les Parisiens ont démontré qu'ils maîtrisaient tout autant leur sujet lorsque le jeu répondait à nouveau à une certaine logique et qu'il leur fallait souffrir en conséquence. Y a-t-il encore des scénarios de match où ce PSG n'est pas à son aise ?

Cette fois, pas de cotillons, ni de confettis. Sans prévenir, la thématique avait changé, au moment où tout l’écosystème du ballon rond s’attendait à s’envoyer une deuxième portion de caviar. Huit jours après la sauterie du Parc des Princes, qui restera dans les mémoires y compris pour ses longues heures à débattre de la place de ce match dans la grande histoire du football, le football avait retrouvé sa raison. L’ouverture du score précoce d’Ousmane Dembélé sur la pelouse de l’Allianz Arena laissait pourtant envisager un nouveau feu d’artifice, une nouvelle ode au football total. Il n’en a rien été. Contrairement à son homologue parisien, le public munichois a eu droit à un choc au sommet, certes, mais bien plus conventionnel.

Un changement de paradigme déroutant pour le PSG ? Pas du tout. Tantôt arc-boutés sur leur surface, tantôt lancés comme des flèches en transition, les joueurs de la capitale ont une nouvelle fois affiché une grande maîtrise dans le nouveau registre qui s’offrait à eux. « On ne peut pas gagner tout le temps avec un jeu extraordinaire. Aujourd’hui, on a très bien défendu. C’est ça notre force, on est capable d’attaquer et de défendre », récitait Désiré Doué après coup au micro de Canal+. Mais ce PSG de Luis Enrique peut aussi vivre sans la folie qui l’a accompagné depuis le début de cette campagne européenne, dont l’une des statistiques marquantes reste ces 17 buts inscrits en 30 frappes cadrées entre le match aller contre Chelsea et celui contre le Bayern. Une efficacité hallucinante dans le sillage de Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé, transformés en véritables tueurs à gage.

Paris est pragmatique

Cette fois, les champions d’Europe n’ont rien proposé de tout cela. Pour une fois, ils n’ont pas forcément été cliniques devant le but, ils auront rarement tenu le ballon, vu Manuel Neuer réussir quelques arrêts déterminants, mais peu importe. Ils avaient un autre scénario à écrire. Bien loin de la tempête traversée à Anfield, ils n’ont cette fois jamais paniqué. Tout simplement parce qu’ils n’ont jamais été submergés. Malgré quelques coups de chaud – qui ne se brûlerait jamais contre une équipe comme ce Bayern ? –, les offensifs ont harcelé leurs vis-à-vis sans relâche, les milieux ont gratté un nombre incalculable de ballons, Warren Zaïre-Emery a régné sur son couloir, et la charnière Marquinhos-Willian Pacho a ramassé les miettes. « La mentalité de défendre en groupe est ce qui nous caractérise, se félicitait l’Équatorien, élu meilleur combattant du soir, au micro du diffuseur. Les attaquants nous aident à défendre et nous on les aide à attaquer, c’est ce qui fait la différence par rapport aux autres équipes. »

Une résilience comme un maître mot sur toutes les lèvres parisiennes après avoir remporté la bagarre. « On sait souffrir. On est prêts pour ce qui arrive », lâchait ainsi João Neves, vite imité par son président Nasser Al-Khelaïfi : « On n’a pas des joueurs, on a des guerriers ». Un discours certes relativement convenu, mais qui illustre cet autre visage que l’on ne connaissait pas forcément à cette équipe portée avant tout par un niveau de talent extrêmement élevé et des convictions offensives fortes. Si Luis Enrique a régulièrement clamé à quel point il était difficile de défendre face à son PSG, il pourrait ce soir mercredi soir également se vanter qu’il est tout aussi difficile d’attaquer sur lui. « Nous sommes désormais prêts à aborder tout type de match, savourait-il en conférence de presse. J’ai tellement confiance dans mon équipe que c’est important de la valoriser. » On ne sait aujourd’hui plus très bien ce qui pourra l’arrêter pour aller chercher une deuxième coupe aux grandes oreilles.

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