- Mondial 2026
- Quarts
- France-Maroc (2-0)
L'entrée en jeu de Jean-Philippe Mateta, c'est tout ce qu'on aime

Que l'on connaisse son parcours de baroudeur sur le bout des doigts ou que l'on découvre ce grand avant-centre lors de ce Mondial, impossible de ne pas avoir vibré face à la prestation de Jean-Philippe Mateta contre le Maroc. Authentique dans ses ratés comme dans ses beaux gestes, il s'érige en coqueluche des supporters français.
Il n’a eu le droit qu’à huit minutes de bonheur contre la Norvège, neuf contre la Suède, avant de souffler contre le Paraguay. Face au Maroc, Jean-Philippe Mateta a participé à la fête pendant 20 minutes, temps additionnel compris. Une entrée en toute discrétion, puisqu’effectuée au moment où les supporters des Bleus s’auto-proclamaient médecins sur l’état de santé de Kylian Mbappé. Genou, cheville, pipo ? JPM, short remonté au nombril, en profite et donne l’occasion à ceux qui l’avaient oublié d’en faire leur coqueluche du groupe bleu, celle qui les fait lever de leur canapé. Parce que si la Coupe du monde est faite de héros, de cyborgs ou de demi-dieux, elle est aussi faite de mortels, de mecs sélectionnés à la dernière minute, de jambes lourdes et de crânes fumant après dix minutes de jeu.
En plein rêve pour un joueur à l’éclosion tardive auprès du grand public
Son premier ballon ? Une tête ratée (80e). Il se propose pour Bradley Barcola à deux reprises (86e, 87e), avant d’être enfin à la réception, sur un corner, mais est trop court – malgré une belle détente – pour rabattre son coup de casque (88e). Sa bouche ouverte et la sueur sur son front parlent pour lui : à 29 ans, le numéro 22 nage en plein rêve et ne compte pas se reposer. « À ce moment-là, Jean-Philippe était plus apte à jouer les 15 dernières minutes que moi. Il est bien entré, il peut marquer en plus donc c’est positif », réagissait après le match le capitaine Mbappé. Une preuve de plus qu’un Mondial n’est jamais l’histoire de onze hommes seulement.
Il y a deux ans, son don de soi sautait aux yeux au sein d’une équipe de France « seulement » olympique à Paris 2024 mais brillamment récompensée d’une médaille d’argent. Il participe à cette compétition principalement réservée aux jeunes, et à ceux qui n’ont pas encore eu leur chance chez les A. Lui à cette époque n’a pas eu sa chance tout court avec les Bleus. Une entame de carrière entre Drancy, Châteauroux, l’OL et le Havre, une première sélection à 28 ans, plus vieux débuts depuis Steve Savidan : sa gêne aux micros des salles de conférence de presse de l’équipe deux fois championne du monde lors de son arrivée à Clairefontaine en octobre 2025 ou à la Coupe du monde 2026 illustre sa trajectoire, davantage celle d’un TER que celle d’une comète venue éclabousser le monde.
Un face-à-face derrière lequel tout le monde a poussé
L’effet boule de neige le décrit si bien depuis son arrivée à Crystal Palace en 2021 qu’il prend aujourd’hui de l’épaisseur avec une nation désormais demi-finaliste du Mondial 2026. Et aurait même pu refroidir, encore un peu plus, les Marocains avant le coup de sifflet final. Jean-Philippe Mateta est servi dans l’axe par Ousmane Dembélé. Ça y est, il est là son moment de gloire pour sa septième sélection, sa pierre à l’édifice solidement bâti par les stars françaises. À la 90e+4, il enchaîne crochet du droit, frappe du gauche sur Issa Diop. Mais sa tentative est taupée et la frappe est en vitesse de lecture x0,5, un beau geste pour laisser le temps aux plus anciens de se lever de leur canapé, et d’apprécier la parade, elle aussi lente, de Yassine Bounou. Jean-Philippe Mateta ne touchera plus de ballon du match.
Les rideaux se referment et laissent les spectateurs avec la certitude que l’ancien joueur de Mayence n’est plus qu’un simple figurant du groupe français, plus un grand numéro 9 au sein de cette attaque que le monde nous envie. Et qui n’en restera pas moins essentiel pour la conquête du titre : pour devenir championne du monde, rappelons tout de même que la France a toujours eu besoin d’un avant-centre qui a fini le tournoi sans avoir marqué.
Les notes du Maroc face à la FrancePar Nathan Beaufils












































