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Le coup de la panne

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Le coup de la panne

Le Mans file droit en L2. Dix-neuvièmes à onze points du premier non-relégable après les matchs du week-end, les Manceaux coulent. La recette magique du recrutement miracle envolée, le MUC72 vit une deuxième saison consécutive en forme de chemin de croix mais ne pourra cette fois éviter une descente aux causes nombreuses...

21 points en 30 matchs, 19 défaites dont 13 à l’extérieur où les Manceaux ne comptent qu’une victoire… Le bilan, accablant, est celui d’une habituelle lanterne rouge. Longtemps sauvé par la médiocrité de ses concurrents directs, Le Mans voit ce matin dans la glace le spectre de la L2 le hanter au plus près. Il fut pourtant une époque où tout observateur du football suivait avec attention les dernières emplettes du club d’Henri Legarda. Chaque recrue ou presque devenant la star de demain, provenant en plus d’horizons obscurs, du Japon (Matsui) à la Serbie via un stoppeur inconnu (Basa, également buteur à Belgrade !) en passant par un Brésilien tout droit venu du Danemark (De Melo). Sans compter d’habiles deals avec des clubs pépinières (tels Beveren en Belgique, à l’origine des arrivées de Romaric et Gervinho). Le tout pour des prix dignes d’une camelote “made in Taiwan”.

Chaque revente offre de généreuses plus-values, de deux à dix fois le prix d’achat. Le procédé, immuable, permet de sérieuses garanties financières, à l’origine du développement des infrastructures du club… mais aussi de son fragile équilibre financier. Ladite revente demeure en effet le seul moyen d‘ équilibrer les comptes. Le Mans ne dispose pas d’un fonds d’investissement ni d’un sponsor fortuné mais d’un esprit encore familial tourné vers les entreprises locales et la fidélité (les fameux poulets Loué ornent le maillot sarthois depuis plus de vingt ans !). Sauf que toute recette miracle a ses limites. Encore faut-il en effet continuer à miser sur le bon poulain (nouveau logo du club à compter de juin prochain). Quand Romaric, Sessegnon, Basa, Grafite ou encore Pelé quittent le cocon, savoir les remplacer devient l’étape suivante. Celle de trop pour le druide Jeandupeux et ses sbires. Aux coups d’hier succèdent les flops, à l’origine d’un affaiblissement technique fatal.

La solution Moulin ?

A qui le prix du recrutement foireux? Au récupérateur malien (alors international) Alphousseyni Keita qui exerce désormais ses talents à l’échelon inférieur plus digne de ses qualités (chez les Crocos Nîmois) ? Au latéral tunisien Ben Frej ? L’ex-star de l’Etoile Sportive du Sahel, perçue comme l’un des meilleurs latéraux africains, a surtout montré ses lacunes tactiques avant de disparaitre de la circulation. Troisième nominé, le Paraguayen Estigarribia, acheté 2,5 millions d’euros (une somme importante pour le club), baladé de poste en poste à l’entrainement, quasiment jamais titularisé et qui tout juste reparti en Amérique du Sud (prêté aux Argentins de Newells) se met à planter en sélection, postulant à un billet pour la prochaine coupe du monde. Ou bien au célèbre Ovono, plus connu désormais pour ses sorties hasardeuses que pour son titre de deuxième meilleur gardien des championnats américains (derrière le Brésilien Rogerio Céni !) en 2006 ? Le Gabonais, malgré des qualités incontestables sur sa ligne, aura coûté de nombreux points.

La recherche d’un coach (quatre en deux saisons, entre intérim, piges aux durées incertaines et le passage de Paulo Duarte aux méthodes unanimes mais renvoyé en décembre faute de résultats) contribue à la fébrilité générale. Que dire alors de l’arrivée de dernière minute du gourou Moulin, censé apporter un discours positif ? Avec deux défaites en deux rencontres depuis son arrivée, difficile de ne pas douter de l’efficacité de la thérapie… L’identité de jeu disparue est accrue par l’absence d’un leader technique. Les départs dans ce domaine ne semblent pas compensés, renforcés par la blessure longue durée du lutin norvégien Stromstad, auteur de débuts flamboyants. Coutadeur, parti à la fin de l’été, laisse un grand vide loin d’être comblé par le Suisse Abdi, arrivé en grande pompe durant l’hiver. L’ex-vedette de Zurich semble avoir déjà l’esprit tourné vers une Serie A qu’il rejoindra dès juin, ayant secrètement paraphé son bail avant son arrivée dans la Sarthe !

Capitaine Courage

L’équipe d’Arnaud Cormier (plus jeune entraineur de Ligue 1 !) dispose pourtant de talents individuels. Plus peut-être que certaines équipes classées devant elle. La petite pépite Corchia ne manque pas d’atouts… ni de prétendants. Idem pour le roc du milieu Goulon. Les supporters manceaux espèrent au moins voir rester « le capitaine courage Cerdan » et les prometteurs Dossevi, Baal, Loriot ou encore Cissé. D’autant que les jeunes issus du centre poussent fort derrière. Ils sont cinq à six à rejoindre régulièrement Clairefontaine se répartissant entre moins de 15 et moins de 19 ans. Aucun espoir en revanche de conserver l’hyperactif de l’attaque Le Tallec. Le chouchou de Léon Bollée n’observera pas les travées toutes fraiches du MMArena.

Un stade, si difficile à construire dans l’Hexagone au vu des nombreuses embûches administratives, qui constitue l’une des bases du projet du club. 102 millions d’euros pour un écrin ultra moderne bâti sans soucis…jusqu’en janvier. Le chantier pâtit des négligences d’un fournisseur à la charpente non conforme. Bilan : quatre à six mois de retard dans la livraison. Le club devra se partager l’an prochain entre son vieillot stade Bollée et sa nouvelle enceinte… Au risque de la voir sonner creux, faute d’alléchantes affiches. Car, à l’accueil des ténors de L1, succèderont Arles-Avignon ou Dijon. Vraiment une saison pourrie !

Guillaume Bardou

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