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La vie, la mort, la lose

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La vie, la mort, la lose

Depuis mercredi soir, une foule rouge et blanche a rempli les rues de Madrid et les Unes des journaux. L'Atletico, club populaire du sud de la capitale espagnole, célèbre ses héros en famille. Mais ces héros-là n'ont rien à voir avec ceux des riches quartiers nord. Ils sont humains. La preuve, ils ne savent pas chanter.

« Ce qu’on est en train de vivre est merveilleux. Encore plus dans cette période de crise et avec toutes ces familles qui souffrent. Nous sommes une goutte d’eau au milieu de l’immense océan Atletico, qui remplit toutes les places de Madrid » . Quique Sanchez Flores vient de réaliser un miracle. Tandis que Zapatero annonce le même jour un plan de rigueur avec son cortège de réduction d’effectifs, de gel des retraites et de baisse de salaires, tout le monde s’en fout. Le FMI et l’Union Européenne ont beau applaudir le coup de ceinture, aujourd’hui l’Espagne est rouge et blanche et le héros est sud-américain. Aujourd’hui, Diego Forlan devient un mythe. La crise économique attendra demain.

L’Atletico en finale de quelque chose, ça change. Le matin du match, As avait prévenu : « Toute l’Espagne se sent colchonera » . Du coup, même le Prince Philippe –héritier du trône d’Espagne et Saint Patron du club– a fait le déplacement à Hambourg. La grande gigue était accompagnée d’une bonne centaine d’officiels pressés de glisser leur tronche sur la photo souvenir. En Espagne, on est tellement habitué à voir Raul et Puyol brandir des coupes que lorsque l’Atletico remporte son premier titre depuis quatorze ans, les grands-mères se penchent au balcon et leurs petits-enfants ratent l’école le lendemain. L’Atletico, c’est un peu comme votre beau-frère. Et votre beau-frère qui gagne la coupe d’Europe, c’est énorme.

L’Atletico, c’est à côté du Real. D’ailleurs, pour célébrer les victoires, le circuit officiel est le même. D’abord le balcon de la Puerta del Sol (siège de la région) avec la présidente Esperanza Aguirre ( « sale Madridiste » pour les Colchoneros et « pauvre Colchonera » pour les Madridistes). La politique sourit et enfile le 152ème maillot floqué à son nom offert par Enrique Cerezo, président du club colchonero. Quique Sanchez Flores prend le micro, remercie les supporters et s’effondre. Il faut dire que ce type-là porte le club à bout de bras depuis son arrivée le 26 octobre dernier. Ça vaut bien une larme. Le public réclame el « URU-GUA-YO » . Forlan attrape le mic et se croit en zone mixte : « On a fait un bon match, on est très contents » . En même temps, il est buteur, pas chanteur le type.

Neptune Vs Cybèle

Ensuite, les joueurs grimpent dans le bus à impériale et descendent le Paseo de la Castellana (Champs-Elysées locaux). La même que le Real, d’ailleurs. Mais entre Madrilènes du nord et Madrilènes du sud, on a beau être voisins, on ne descend pas au même arrêt. Quand les Merengues inondent la place de Cybèle pour célébrer leurs titres, les Colchoneros, eux, continuent quelques centaines de mètres plus bas. Une statue au milieu d’une fontaine, des barrières, 200 000 personnes autour. On se croirait au Real. Mais les drapeaux sont rouge et blanc et c’est Neptune qu’il faut saluer, pas Cybèle. Quatorze ans que le dieu n’avait pas pris l’eau, ça vaut bien un saut dans la fontaine. Quique veut parler. On lui passe le mic. Mais cette fois-ci, c’est Freddy Mercury qui lui coupe le sifflet. Putain de refrain.

Les héros colchoneros ne portent pas de gel, n’ont pas de chauffage en tribune et gagnent la coupe de l’Uefa. Le tout en n’ayant remporté au total cette saison que deux matchs (Champions league comprise) pour arriver en finale (Liverpool à domicile, Galatasaray à l’extérieur). La lose, c’est un art de vivre. A tel point que certains redoutent déjà le pire : remporter la finale de la coupe du Roi contre Séville la semaine prochaine. De ce côté-ci de Madrid, mieux vaut ne pas trop s’habituer. Les voisins des Galactiques remettent les pendules à l’heure, « être Atletico, c’est souffrir avant tout » . C’est la vie quoi.

Thibaud Leplat, à Madrid

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