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La Modrićité de la Croatie

Par Florian Cadu
4' 4 minutes
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La Modrićité de la Croatie

Sexy à l’Euro quand son Madrilène brillait, décevante durant les éliminatoires au Mondial quand son métronome baissait le rythme : depuis plusieurs mois, et même quelques années, la forme de la sélection au damier semble varier en fonction des courbes de Luka Modrić. Une preuve supplémentaire lors de la double confrontation contre la Grèce qui commence ce soir à Zagreb ?

Lorsqu’on contemple l’effectif de la sélection croate, de jolis noms apparaissent. Ivan Rakitić, Mario Mandžukić, Ivan Perišić, Mateo Kovačić… Tous ont quelque chose d’attirant. Mais pour que l’ensemble devienne carrément excitant, il faut y ajouter l’élément fondamental portant le doux nom de Luka Modrić. Luka Modrić, l’atout charme. Luka Modrić, la caution sensuelle. Luka Modrić, l’indispensable. Luka Modrić, l’essentiel. Celui qui fait l’unanimité. Tout le monde l’a compris : pour que la Croatie actuelle vive dans l’esthétisme et l’efficacité, il faut Luka Modrić.

100 sélections et une influence croissante

Voilà maintenant plus de dix ans que le petit blondinet et sa classe naturelle font partie de l’équipe nationale de la Croatie. Depuis le 1er mars 2006 plus exactement, et un match amical remporté contre l’Argentine (3-2). Durant cette grosse décennie, Modrić a porté le maillot de sa nation à 101 reprises, a participé à trois Euros et a disputé deux Coupes du monde. Mais par le passé, il n’a jamais semblé avoir eu autant d’influence qu’actuellement. C’est que le bonhomme est devenu l’un des meilleurs milieux du monde. L’un des plus confiants, par ricochet. Alors forcément, l’équipe au damier est tombée aussi dépendante qu’amoureuse de lui et de ses humeurs (si on oublie, pour cette fois, les affaires extrasportives liées aux relations qu’entretient le joueur avec Zdravko Mamić).

Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil en arrière et remarquer que les Vatrenidansent au rythme de leur joyau ces derniers mois. L’Euro 2016 disputé en France, par exemple. À ce moment-là, Modrić sort d’une de ses saisons madrilènes les plus abouties (32 titularisations en Liga, dix en Ligue des champions, C1 remportée, membre de l’équipe type de la compétition, meilleur milieu de terrain du championnat…). Avec lui, et même s’il doit déclarer forfait lors de la sublime victoire face à l’Espagne, la Croatie charme tout le continent. Notamment après un but somptueux du monsieur contre la Turquie.

Tout le contraire de ces dernières semaines, durant lesquelles Luka, âgé désormais de 32 ans, marque le pas aussi bien avec son club qu’avec son pays. Coïncidence ou pas, les Croates ont enchaîné les mauvais résultats à partir de juin 2017 (défaites contre l’Islande et la Turquie, nul contre la Finlande) avant de se reprendre à l’arrachée et vaincre en Ukraine pour se donner le droit de participer aux barrages du Mondial 2018 (deuxième du groupe I, deux points derrière l’Islande et trois unités devant l’Ukraine).

Le patron, c’est lui

Surtout, c’est en cette période de vache maigre que le poids de Modrić s’est véritablement révélé au grand jour. Avec un épisode marquant qui a eu lieu en octobre, lorsque la sélection allait mal et redoutait une absence à la prochaine Coupe du monde. À la suite du partage des points avec la Finlande, l’ancien de Tottenham dégaine face à la presse : « Cette Croatie attendait le coup de sifflet final et s’est fait rejoindre par la Finlande… C’est incroyable que nous luttions à ce point face à des équipes comme le Kosovo et la Finlande, que nous devrions battre très facilement en temps normal. » Et pointe clairement du doigt son sélectionneur Ante Čačić, le principal fautif selon lui : « Qu’est-ce qu’on peut faire, maintenant ? Nous avons commencé avec lui, nous sommes contraints de finir avec lui. Pour être honnête, rien ne va plus depuis notre victoire face à l’Islande : la situation est catastrophique !  »

Les conséquences de cette sortie ? Le licenciement de Čačić, tout simplement. Et ce, dès le lendemain de la punchlinebalancée par son capitaine. Preuve, s’il en faut, de la place que prend le bonhomme dans le vestiaire et dans les décisions de sa Fédération. Du coup, à l’heure de s’offrir une dernière double bataille contre la Grèce pour voir la Russie, Modrić se fout si son statut d’icône se trouve en péril. Pour l’instant, il a encore le pouvoir et le talent de faire basculer le destin dans son sens. Afin de participer et de bien figurer à un troisième Mondial. La dernière marche de son aventure avec sa Croatie ?

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Par Florian Cadu

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