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Julien Bègue : « Nos salaires impayés ? La démarche de l’Astra Giurgiu n’est pas honnête »

Propos recueillis par Romain Lamigeon
Julien Bègue : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Nos salaires impayés ? La démarche de l&rsquo;Astra Giurgiu n&rsquo;est pas honnête<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Les joueurs de la formation roumaine de l’Astra Giurgiu n’ont pas vu passer de fiche de paie depuis début 2020. S’ils veulent en voir un jour la couleur, le club les oblige à réduire les salaires de moitié jusqu’en septembre ; y compris ceux qu’ils n’ont pas encore touché. C’est la goutte d’eau de trop pour les joueurs, lassés de la situation, et les syndicats, qui se sont emparés de l’affaire et la font gonfler à l’internationale. Julien Bègue, attaquant réunionnais de l’Astra, éclaircit cette situation qui fait grand bruit dans le pays de Dracula.

Bonjour Julien. Tu as posé tes valises en Roumanie il y a deux ans, comment ça se passe depuis ?D’un point de vue sportif, c’est super, très honnêtement. J’ai passé une agréable première saison avec le club. Après, d’un point de vue administratif, s’il y a toujours eu des retards de salaires dans ce club, on avait quoi qu’il arrive notre argent à un moment ou à un autre. Parfois, on culminait à deux mois de retard, mais il parvenait toujours à se régulariser.

Tu as commencé à flairer quand ces difficultés financières ?

Mettre ces retards systématiques sur le compte de la santé financière du club, ça me paraît un peu gros.

Le problème à l’Astra, c’est qu’on peut passer plusieurs mois où tout roule, mais derrière enchaîner avec des périodes entières de deux ou trois mois où on ne reçoit plus rien du tout, sans raison. Comme beaucoup d’autres formations, c’est sûr qu’il y a quelques dettes. Mais mettre ces retards systématiques sur le compte de la santé financière du club, ça me paraît un peu gros. Surtout quand le boss du club est un des hommes d’affaires les plus riches du pays.

Tu n’as jamais douté qu’on puisse ne pas te payer durant ces moments-là ?Ça a toujours été un peu comme ça, ici. Quand je suis arrivé, les joueurs m’ont tout de suite dit : « Il va y avoir des mois où ça va être compliqué, où tu ne vas pas être payé, mais à la fin, t’inquiète pas, tout va se régler. » Mais je savais déjà que j’allais signer pour cela. Mon agent et moi avions parlé avant avec Ben Youssef (qui a joué pour l’Astra de 2012 à 2015, N.D.L.R.), et il nous avait bien prévenus de la méthode locale.

Et cette année, c’est parti en vrille…

Juste avant Noël, ils nous ont réglé tout ce qu’ils nous devaient depuis octobre, parce que certains joueurs commençaient à rouspéter.

On avait mal commencé le championnat, on était 10es après six journées. Après, on a enchaîné une dizaine de victoires consécutives, ce qui nous a même permis de passer premiers devant Cluj. Finalement, on a perdu trois points à cause d’une dette impayée (auprès de l’ANAF, l’agence de recouvrement d’impôts roumaine, N.D.L.R.), ce qui fait qu’à la pause hivernale, on était 2es. Déjà, cette histoire de dettes, tu sais que ça ne sent pas bon. (Rires.) Juste avant Noël, ils nous ont réglé tout ce qu’ils nous devaient depuis octobre, parce que certains joueurs commençaient à rouspéter.

Et c’est la dernière fiche de paie que vous avez vu passer ?Janvier, février et mars, rien de rien. Et dès que ça dépasse deux mois, les joueurs commencent à gueuler. Perso, je n’ai pas d’enfant, je suis tout seul, donc tout roule. Mais certains sont pères de famille et ont des devoirs. Donc voilà, bien évidemment on gagne bien notre vie, mais vis-à-vis de l’engagement du club, ça la fout vraiment mal. Alors en mars, certains se sont sentis obligés de tirer la sonnette d’alarme dans la presse.

Et l’arrêt du championnat, c’était la cerise sur le gâteau ?C’est là que ça devient intéressant ! Ici, le championnat s’est arrêté le 13 mars. Le boss, Ioan Niculae, est venu nous demander si on était prêts à s’engager jusqu’à la fin de saison à réduire de 50% nos salaires. Ça ne nous a pas du tout dérangé, on sait très bien qu’en Roumanie, durant cette période, on ne sera pas le seul club à en avoir besoin. Donc on accepte d’être payé moitié moins jusqu’à septembre.

Mais vous vouliez toucher normalement les premiers mois de l’année.

À partir de là, tout s’est accéléré : le syndicat roumain s’est emparé de cette affaire pour nous défendre, et depuis, c’est bien simple, dans la presse nationale on ne parle plus que de l’Astra.

En début de semaine, on revient nous voir, mais pour nous dire : « On va vous régler le début d’année, mais aussi réduit de moitié. » Là, on commence à se dire qu’il se fichent de notre tête. Quand on a compris qu’ils appliquaient le tarif pour les deux mois et demi qu’on a disputés à la régulière, on a trouvé la démarche pas du tout honnête de leur part. À partir de là, tout s’est accéléré : le syndicat roumain s’est emparé de cette affaire pour nous défendre, et depuis, c’est bien simple, dans la presse nationale, on ne parle plus que de l’Astra. Et même si beaucoup ont essayé de le recontacter, c’est silence radio de la part du boss. Impossible de dialoguer avec lui ou de lui manifester notre désaccord.

Quelle est la suite des hostilités ?Pour l’instant, on n’a pas encore discuté entre joueurs de qui allait se lancer dans la croisade, mais si ça continue comme ça, certains n’hésiteront pas à partager le dossier pour obtenir gain de cause. Quelque part, avec la grosse médiatisation et les instances qui s’en emparent, on est rassurés. Même la FIFPro (syndicat international des joueurs, N.D.L.R.) a été indignée par notre traitement, ça prend une ampleur internationale.

Et pour toi, ces déboires pèsent dans la balance ?Mon aventure avec l’Astra était vraiment bien, on m’a même proposé en décembre une prolongation de contrat, vu que le mien termine cet été. Mais avec tout ce qu’il se passe, c’est au point mort. Et désormais, je ne cache pas que mon agent et moi ambitionnons plutôt un retour vers l’Europe… « de l’Ouest. » (Rires.)

Ce genre d’incident, ça entache forcément la réputation d’un club.

Une telle mauvaise presse ne peut qu’affaiblir sportivement un club.

Clairement, ce genre de décision et une telle mauvaise presse ne peuvent qu’affaiblir sportivement un club. Si tu es joueur, et que tu vois un club qui ne paie pas ses joueurs, fatalement tu arrives à reculons. Pour moi, l’Astra fait indéniablement partie des trois meilleurs clubs de Roumanie, mais justement ; derrière, il y a un certain standing à assurer.

La Ligue des champions ou la ligue des matchs chiants

Propos recueillis par Romain Lamigeon

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