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J.Reijasse : « Un cimetière indien sous le Parc »

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J.Reijasse : « Un cimetière indien sous le Parc »

En bonus du So Foot consacré aux losers, la deuxième partie de l'interview de Jérôme Reijasse, journaliste à Rock n' Folk, supporter du PSG, et auteur de «PARC, Tribune K – Bleu bas», premier bon bouquin de supporter made in France. Le PSG, le club plus lose d'Europe ?

Dans ton livre, qui couvre la saison 2007-2008, la défaite semble te rendre encore plus accroc au PSG. Serais-tu masochiste ?

J’ai un rapport sacré au foot, quasi religieux : j’accepte de souffrir pour rien, j’aime bien ce délire. Le football ce n’est que de la subjectivité, sinon cela se résume à un ballon qui passe derrière une ligne, et dans l’absolu, ça ne m’intéresse pas. Pour moi, c’est d’ailleurs dans la défaite que l’on reconnaît les supporters.

Et Paris est un modèle à ce niveau là : malgré trois années de piètre spectacle, le Parc ne désemplit pas.

On m’a souvent reproché de dire dans mon bouquin que j’avais les larmes aux yeux au Parc, mais je suis assez sensible. Les chants des kops, rien que d’en parler ça me donne des frissons. Etre noyé dans une sorte de masse que je ne connais pas et que je n’apprécierais pas dans d’autre circonstances, et sentir que cette masse fait une, je trouve ça beau. Je ne trouve pas ça débile ou animal. Il y a un truc tribal chez moi qui me fait adhérer. Le football en tant qu’arène, je ne vois pas comment on peut sortir de cette définition-là. La victoire ce n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus excitant dans le football.

As-tu réussi à comprendre pourquoi la lose collait tant au PSG ?

J’en ai discuté avec des milliers de gens, et c’est incompréhensible. C’est surtout un gâchis, c’est écoeurant. A Paris, on manque toujours les tournants dans une saison. Les bons joueurs qui viennent implosent. Je ne comprends pas comment on a géré les cas Anelka, Ronaldinho. En fait, depuis la fin de l’ère Denisot, le ridicule fait parti de Paris, plus que chez aucun autre club européen. Faudrait écrire un livre, une bible même, sur le sujet. Faut creuser, on trouvera peut-être un cimetière indien sous le Parc. C’est impossible de foirer autant de choses alors qu’elles sont à ta portée. Y’a un truc. Ou alors c’est l’antiparisiannisme : je pense que si des millions de gens ont le même objet de détestation, un truc cosmologique peut se passer. Comme si une force d’énergie noire te bloquait. J’en suis là. Parce que n’importe quel club avec les mêmes moyens, les mêmes joueurs, aurait fait autre chose. 


Ce côté loser pourrait attendrir la France, mais le PSG reste sans doute le club le plus détesté du pays …

Y’a un truc parigo tête de veau, parisien tête de chien, derrière cela. Moi je suis né à Limoges, on peut difficilement faire plus province, j’y ai vécu 19 ans. Je suis devenu fan du PSG très tôt, car j’admirais Dominique Rocheteau. A l’école, on me jetait des images Panini des joueurs du PSG à la gueule. Paris, c’est la plus belle ville du monde et le plus beau stade de France. Je ne veux pas qu’on me vende la province pour ce qu’elle n’a jamais été. Plein de gens pensent que le Parc c’est un stade de nazis. Qu’ils aillent voir des matches en Corse pour constater ce qu’est le racisme des tribunes. Si les gens sont assez idiots pour croire que Paris se réduit à cela, c’est que cela les arrangent. Si tous les PD viennent habiter à Paris, c’est qu’en province ils se prennent des pierres. C’est tout. J’introduis mon livre par une phrase de Sacha Guitry : « être Parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître » , ce n’est pas gratuit. Historiquement, Paris est une ville construite par des castes professionnelles qui venaient de province : Auvergnats, Corses, Bretons … Au Parc des Princes, j’ai trouvé mon identité parisienne. Et maintenant, j’en suis fier.

Interview de Jérôme Reijasse, première partie.

« Les autres clubs n’ont pas à payer pour le PSG »

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