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Romane Enguehard : « Quand on part en déplacement, j’achète le journal »

Propos recueillis par Quentin Ballue
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Romane Enguehard : « Quand on part en déplacement, j’achète le journal »

Actuellement huitième de la Première Ligue, Le Havre est en passe d’assurer son maintien. Une fois que l’objectif sera atteint, la capitaine du HAC Romane Enguehard se tournera vers la Coupe du monde, qu’elle vivra en écrivant sur le site de la FIFA. Entretien avec une fada de biathlon, qui rêve de journalisme depuis toute petite.

Comment est née ta passion pour le sport ?

J’ai une famille assez sportive. Mon papi était mécano dans le vélo, et j’allais voir mon père au bord des terrains de foot. Petite, je tirais dans tout ce que je trouvais chez moi : des chaussettes, etc. Mes parents me rappellent souvent tout ce que j’ai cassé dans la maison. Ma cousine a fait du foot pendant longtemps, donc on jouait beaucoup ensemble chez nos grands-parents. C’est un mélange de tout ça. En parallèle, je regardais tous les événements à la télé. J’ai toujours été passionnée.

Tes parents ne te reprochaient pas de passer trop de temps devant la télé ?

Non, mais ça peut être le cas aujourd’hui. Je suis vraiment fan de biathlon, je ne loupe pas une seule course. Il y a trois ans, je suis allée à Oslo pour la dernière étape de Coupe du monde avec mon papa, c’était trop cool. J’ai encore du temps devant moi pour faire du foot, mais j’ai déjà hâte d’avoir aussi du temps pour aller voir plus de courses et me déplacer sur d’autres sites. Pendant les repas de famille, je mets mon téléphone sur le côté de la table pour ne pas manquer les courses. Mes proches me disent parfois que j’abuse un peu, mais j’ai ce besoin de regarder tous les sports.

Tu as réussi à suivre les JO d’hiver ?

Ce n’était pas évident, j’étais parfois frustrée de louper telle ou telle épreuve. Je me suis débrouillée pour en rater le moins possible. Sinon, je faisais en sorte de ne pas me faire spoiler et de regarder en replay. Dans le vestiaire, je mets mon téléphone pour regarder les compétitions, Jeux d’hiver comme Jeux d’été. En salle de muscu, on n’a pas de télé, j’ai dit au staff que ça manquait ! Dans les grandes compétitions comme ça, c’est cool d’avoir l’écran en muscu pour suivre un peu.

Je suis allée voir deux championnats du monde (de cyclisme), un en Italie et l’autre en Suisse, avec mon papi. J’avais loupé l’école et j’avais dû faire un exposé pour présenter mon séjour là-bas devant la classe.

Avec un grand-père dans le milieu du cyclisme, tu n’as pas été tentée par ce sport ?

J’ai eu un vélo de course plus jeune, mais je pense que j’avais moins les qualités athlétiques pour faire du cyclisme. J’étais plus tournée vers le tennis et le foot. Le vélo, j’en ai fait, j’ai beaucoup suivi, mais moins pratiqué. Aller souffrir pendant des heures, il faut aimer ça ! En revanche, je regarde énormément de courses. L’année dernière, j’étais au village départ à Bayeux pendant le Tour. Je suis même allée voir deux championnats du monde, un en Italie et l’autre en Suisse, avec mon papi. J’avais loupé l’école et j’avais dû faire un exposé pour présenter mon séjour là-bas devant la classe.

Tu étais aussi membre du fan-club officiel de Lloyd Mondory (professionnel de 2004 à 2015, deux participations au Tour de France) ?

Tout à fait ! Je l’ai suivi de nombreuses années, jusqu’à ce qu’il soit pris pour EPO. J’ai fait partie de son fan-club, on allait le voir aux championnats de France, etc. Mon papi est copain avec la famille de Lloyd, donc ça s’est fait comme ça. Ses neveux ont mon âge, donc on était souvent ensemble pendant les courses.

Au-delà de la télé, tu lisais les journaux ?

Oui, j’ai pas mal de photos en train de lire L’Équipe quand j’étais petite. Mes grands-parents ont une librairie, donc ils me ramenaient L’Équipe dès qu’ils pouvaient. Même à l’heure actuelle, quand on part en déplacement, j’achète le journal.

C’est plutôt rare les gens de ton âge (26 ans) qui achètent le journal aujourd’hui.

C’est vrai, mais j’aime bien ce côté physique. J’ai toujours aimé ça. J’ai travaillé pour Ouest-France aussi, donc j’ai gardé cette habitude de lire le journal.

 

Tu as commencé à écrire des articles assez jeune. Sur quoi tu écrivais ?

C’est vrai que dès que j’ai appris à lire et à écrire, vers 6-7 ans, je faisais des petits journaux. J’avais appelé ça Le Sport, un titre vraiment basique. (Rires.) Je faisais des articles sur le Stade rennais, car j’habitais près de Rennes à l’époque et j’allais voir les entraînements quand je pouvais. J’écrivais aussi sur le tennis ou le cyclisme. Ce n’était pas très élaboré, mais j’imprimais des photos et j’écrivais des petits textes à côté.

Ton métier de rêve, c’est vraiment journaliste, plus que footballeuse ?

Oui, surtout que je ne me rendais pas compte qu’il y avait possibilité de faire carrière dans le foot pour les femmes. Je n’avais pas conscience que c’était possible. C’est seulement vers 13 ans, quand je suis entrée en sport études, que j’ai compris que je n’en étais pas si loin. Quand on me demandait ce que je voulais faire à l’école, c’était journaliste.

Je n’ai pas eu de formation de journaliste, donc au début, je ne me sentais pas forcément légitime. Côté foot, je tape dans un ballon depuis que j’ai 5 ans, j’avais moins ce sentiment.

Romane Enguehard

La carte de presse, ça représenterait quelque chose pour toi ?

Oui, j’aimerais bien l’avoir ! Ce serait une forme d’aboutissement. J’aimerais vraiment couvrir des grands événements, des Jeux olympiques. C’est évidemment le rêve.

Quelle a été ta première expérience journalistique ?

Correspondante chez Ouest-France, quand j’étais à Saint-Malo. Je suivais l’actualité sportive, les matchs des garçons de l’US Saint-Malo.

C’est plus impressionnant d’arriver dans un vestiaire pro ou dans une rédaction comme Ouest-France ?

Plus le fait d’arriver dans une rédaction. Je n’ai pas eu de formation de journaliste, donc au début, je ne me sentais pas forcément légitime. Finalement, des personnes m’ont aiguillée, m’ont fait des retours, et j’ai pu progresser. Aujourd’hui, je travaille pour le site de la FIFA et je fais des piges pour Foot Normand, je ne me demande plus si je suis à ma place. Côté foot, je tape dans un ballon depuis que j’ai 5 ans, donc j’avais moins ce sentiment.

 

Pour Foot Normand, tu écris surtout des portraits de tes coéquipières. Comment tu négocies les demandes d’interviews ?

Franchement, il n’y a pas trop de négociations. Elles se sentent en confiance avec moi. J’en parle un peu au club, mais ils me font entièrement confiance sur ce que j’écris. J’adore faire ces portraits, ça me permet de passer un petit moment avec chacune de mes coéquipières, j’en apprends un peu plus sur elles et j’aime bien les mettre en valeur à travers ces articles. Parler de la joueuse, mais aussi de la femme qu’il y a derrière.

Comment l’opportunité d’écrire pour le site de la FIFA s’est présentée à toi ?

C’est venu grâce à Aurélien Renault, qui travaille chez Foot Normand aussi, et qui m’a parlé de la possibilité d’avoir des petits contrats pour la Coupe du monde des clubs. Je me suis dit que ce serait une belle expérience. Je partais pour un one shot sur la compétition, et finalement, un poste s’est libéré et j’ai été embauchée pour un contrat à mi-temps. J’écris des contenus en lien avec toutes les compétitions FIFA, je fais des interviews avec les joueurs concernés. Dernièrement, j’ai eu Lionel Mpasi pour parler de la RD Congo. Pendant la Coupe du monde, je serai à distance pour écrire sur tout ce qui se passera, faire des traductions, etc. Dans tous les cas, je sais que je risque de la regarder, donc si je peux travailler autour, c’est encore mieux.

Je n’ai pas spécialement l’impression de travailler quand je commente les matchs.

Romane Enguehard

C’est gérable, un contrat à mi-temps, en plus des entraînements et des matchs ?

Ça me prend entre 10 et 15 heures par semaine. Je m’organise, je profite du temps que j’ai quand je suis dans le train ou quand on a notre jour off le mercredi. C’est important pour mon équilibre, même si j’adore mon quotidien de footballeuse.

Tu aurais du mal à ne faire que du foot ?

Oui, franchement, ce serait compliqué. Je l’ai fait, mais j’ai ce besoin de penser à autre chose quand je sors de l’entraînement. C’est enrichissant de rencontrer d’autres personnes, qui ont d’autres expériences.

Tu ne le paies pas en matière de fatigue physique ou mentale ? Mi-janvier, le samedi, tu jouais contre le PSG au Havre, et le lendemain, tu étais à Rennes pour commenter le match de l’équipe masculine sur Ici Normandie.

Non, je n’ai pas ce sentiment. Quand je vois que c’est trop, je m’écoute. J’ai envie de donner la priorité au foot le temps que je suis encore en jambes. Je n’ai pas spécialement l’impression de travailler quand je commente les matchs. Quand j’étais petite et que je regardais les matchs chez mes grands-parents, je faisais les commentaires en direct. Je vis ma passion, c’est trop cool ! Je couvre tous les matchs à domicile sur Ici Normandie, donc c’est fréquent que je joue le samedi et que je couvre un match à la radio le dimanche. En revanche, les déplacements, c’est exceptionnel. Là, je l’avais fait parce que je supporte le Stade rennais depuis toute petite et que mes parents habitent à côté de Rennes, donc j’étais restée en famille après.

 

Tu as déjà pu toucher à pas mal de choses. Qu’est-ce qui te plaît le plus ?

Commenter, je trouve ça hyper cool. Je me découvre là-dedans cette saison, je me vois faire ça dans les années qui viennent. Je ne ferme pas de portes, car tout m’intéresse du moment que ça tourne autour du journalisme.

Il y a une interview que tu rêverais de faire ?

Franchement, il y en a deux. J’ai tellement été fan de Lionel Messi que je rêverais de l’interviewer. Zidane aussi, il m’a marquée quand j’étais petite. Ce serait pas mal !

Le suspense à son comble en Première Ligue

Propos recueillis par Quentin Ballue

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