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Nahir : « Je kiffais bien Cristian Rodríguez »

Un an après son dernier projet, Nahir revient avec l’EP Mission : Impossible. L’occasion pour le rappeur de Bobigny d’évoquer ce retour, son flirt avec le hors-jeu et son amour du PSG des années sombres.
C’était une volonté de revenir avec un EP ?
Ce n’était pas forcément voulu de sortir un EP. J’étais parti sur mon prochain album, mais j’ai remarqué que plusieurs morceaux marchaient bien ensemble, et de là est venu l’EP. En voyant la couleur que ça prenait, je me suis dit que je ne voulais pas forcément faire tout un album avec ce type de sons, mais ça pouvait bien se prêter à un EP.
Pourquoi l’avoir appelé Mission : Impossible ?
C’est le premier projet que je sors sous mon propre label, je voulais donc savoir si j’étais capable d’entreprendre ce genre de choses et ça m’a donné cette idée de « Mission : Impossible ». Avec des sons un peu sombres, c’est ce qui a nourri le concept.
Dans le titre « Parc des Princes », tu dis : « J’arrive à un stade mais ce n’est pas le Parc des Princes. » Tu estimes en être où dans ta carrière ?
Je pense que j’ai encore des choses à faire. Je n’ai que 27 ans, mais ça fait quasi 18 ans que je fais du rap, ça fait donc un long moment maintenant. Créer mon label, ce n’était pas forcément prévu par exemple. Et ça peut paraître effrayant de fonder sa structure, mais mon équipe n’a pas vraiment bougé depuis le début, j’ai ainsi pu garder la même liberté de création. Je me suis rendu compte que c’était du bon stress.
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Tu as collaboré avec trois rappeurs émergents (BatBat, MIG, 2 Mètres). Tu avais déjà invité des jeunes pour assister à la production de ton précédent album Rien sans lien. Il y a une volonté de transmission ?
Oui, parce que j’aurais aimé bénéficier de cette transmission-là à mes débuts également. Je me situe dans une époque intermédiaire, entre l’ancienne et la nouvelle génération, puis j’aime bien cette idée de faire passerelle. Et aussi une question de sensation. Ce sont des artistes que j’écoute en ce moment, donc je me suis dit qu’il était peut-être temps de me lancer en studio avec eux. On assiste à un retour de sonorité beaucoup plus rap, et je trouve que les morceaux choisis pour ce projet s’y prêtaient bien. D’autant que ça fait un moment que je n’avais pas sorti grand-chose, donc les gens allaient forcément m’attendre avec des sons rap.
J’aurais eu la carrière de Hazard ou Pastore. Je n’aurais pas eu de grands succès, mais j’aurais marqué les gens.
Les footballeurs parlent souvent de « sacrifices » pour évoquer leur arrivée chez les professionnels. Quels sont les sacrifices d’un rappeur ?
Notre plus gros sacrifice, c’est le temps. C’est-à-dire, la motivation que tu puises pour aller presque chaque jour au studio, à écrire, à trouver l’inspiration. Par exemple, j’ai un paquet de sons prêts, mais jamais sortis parce que je n’arrête quasiment pas de produire. J’aime la musique, donc j’essaye de toujours garder cette motivation. Même si à terme, il y aura forcément une usure naturelle.
Dix-huit ans de carrière, c’est long. Quelle carrière de footballeur aurais-tu aimé emprunter ?
Alors là ! C’est une question que je ne me suis jamais posée… J’aurais eu la carrière de Hazard ou Pastore. Je n’aurais pas eu de grands succès, mais j’aurais marqué les gens. Je reste dans l’histoire mais les gens se seraient dit : « Dommage, ça aurait pu être mieux. » Ils restent surtout dans nos mémoires pour leurs gestes, leur côté artistique. Il y a un fond de nostalgie que j’aime bien chez ces mecs-là, ils ont procuré des émotions aux gens.

Ta carrière de footeux, elle, s’est arrêtée au club de Saint-Leu (95).
Attention, j’étais un buteur redoutable. (Rires.) J’y ai joué jusqu’à mes 17 ans, et j’ai arrêté un peu par la force des choses. À l’école ça n’allait plus trop, donc ma mère a décidé de me restreindre au niveau du football, et j’ai fini par lâcher. Mais au stade des Diablots, j’ai marqué plein de beaux buts. Bon, mon pire souvenir, ça reste le quart de finale d’un tournoi de province. J’ai raté mon tir au but. J’ai frappé au milieu…
Quel type de joueur tu es, ou tu étais ?
Je jouais avec la ligne du hors-jeu. (Rires.) J’aimais un peu dribbler, mais je n’étais quasiment attiré que par le but, en finisseur. L’inverse de mon parcours de rappeur finalement, où je suis un 10. En studio, je distribue, je régale.
Tu as des amis dans le football ?
Je suis très proche de Moussa Dembélé, avec qui j’ai grandi à Cergy. On a même joué ensemble, et très vite, j’ai compris qu’il était un cran au-dessus de nous tous. Je suis très content de sa carrière, il a joué dans de grands clubs et aurait même pu, peut-être, gratter une petite place en équipe de France quand il était deuxième meilleur buteur de Ligue 1 avec Lyon. Sinon, je suis aussi pote avec Odsonne Édouard et Billal Brahimi.
Je dirais même que ce n’est pas “grave” de laisser filer le championnat. Maintenant qu’on a goûté à la C1, on est beaucoup plus focus sur ça.
Et comment le PSG est arrivé dans ta vie ?
Par le biais de mon père, qui en était déjà un grand supporter. Je suis de la génération Ronaldinho, donc mes premiers souvenirs c’est 2002, 2003. Et depuis je n’ai plus lâché. Mon premier match au Parc des Princes, c’est vers 2011, contre Montpellier où Giroud jouait encore. Un nul 2-2, avec Mevlüt Erding en attaque je crois (13 mars 2011, 27e journée de Ligue 1). Le fait d’avoir ensuite pu chanter au Parc des années plus tard (lors d’un avant-match contre Saint-Étienne en janvier 2025, NDLR) est une immense fierté. Bizarrement, je n’ai pas été intimidé, j’ai savouré le moment. Surtout devant mon père, qui n’était même pas au courant de ce mini-concert au départ.
🎶 | Nahir qui interprète "Tom Sawyer" en direct au Parc des Princes ça donne ça ! 🤩🔥 #PSGASSE pic.twitter.com/ayKhktI11k
— DAZN France (@DAZN_FR) January 12, 2025
Ronaldinho est à la plus haute place dans ton estime ?
Ronnie est le meilleur de l’histoire pour moi. Il n’y en aura pas d’autres.
Quels autres joueurs ont eu ton affection ?
Je pense aux années compliquées. Nos saisons à jouer le maintien, je les ai bien mangées… Le PSG-Sochaux, je l’ai vu ! À l’époque, je kiffais bien Cristian Rodríguez, Je ne sais pas trop pourquoi ,mais j’ai bien aimé son passage. Un peu après il y a eu Nenê. Ah, et Marcelo Gallardo aussi ces années-là ! J’ai vraiment bien aimé.

T’étais où le 31 mai 2025 ?
Au Parc. Quelle soirée incroyable… jamais de la vie tu te dis pouvoir gagner une finale 5-0. Et je pense qu’on peut la chercher encore cette saison, parce qu’en Ligue des champions, on a une équipe qui se transforme. Je dirais même que ce n’est pas « grave » de laisser filer le championnat. Maintenant qu’on a goûté à la C1, on est beaucoup plus focus sur ça.
Tu consommes toujours autant de football qu’auparavant ?
Je regarde tout ce que je peux. Le week-end, c’est football. Bon, je regarde surtout les grosses équipes, un peu comme tout le monde. Je me mets les matchs du PSG, du Barça, et Lyon aussi parfois. D’ailleurs, j’ai vu qu’ils supprimaient Téléfoot, je suis dégoûté.
On dit que le football est devenu lassant.
Le problème du football actuel, c’est que le terrain ne prime plus vraiment. On est sans cesse dans le débat, savoir si untel est sous ou surcoté. L’influence des réseaux sociaux a aussi pris une ampleur folle. Mais je pense que c’est cyclique. Le football n’est peut-être pas dans son âge d’or, mais la bulle finira par exploser et on aura un renouveau.
Sache que la sortie de ton EP est un 27 mars, date de naissance de Manuel Neuer.
Oh, Manu ! Bon, j’espère que ce sera un projet solide alors.
La date à cocher pour Lens-PSG et Brest-Strasbourg est connuePropos recueillis par Adel Bentaha et Hugo Geraldo














































