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C’est quoi cette mode de retirer les maillots ?

Par Ugo Bocchi
3' 3 minutes
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C’est quoi cette mode de retirer les maillots ?

Michael Jordan, Wayne Gretzky, Johan Cruijff, Diego Maradona... et Souleymane Diawara et Mathieu Valbuena. En retirant le même été les numéros 21 et 28, l'Olympique de Marseille rend un hommage sans précédent à deux bons joueurs. Une pratique difficilement compréhensible, sauf à considérer l'aspect communicationnel et commercial.

6 championnats NBA et 14 années de loyaux services aux Chicago Bulls. 4 Coupes Stanley et 9 fois meilleurs joueurs de NHL. Les États-Unis ont inventé le respect du numéro. Et pour le 23 de Jordan et le 99 de Gretzky, jamais personne n’a crié au scandale. La pratique a même plu au football européen. Il fallait trouver un moyen de sanctifier des demi-dieux : Baggio, Cruijff, Maradona, Maldini, etc. Des emblèmes sur lesquels repose l’histoire d’un club. Retirer leur numéro, c’est éviter à la relève de détruire un héritage, mais c’est surtout le regarder comme un objectif.

Des hommes et des dieux

C’est pour ça que ça pique à Marseille. Quand on glorifie Valbuena et Diawara, de quelle histoire parle-t-on ? L’OM n’a-t-il pas mieux à revendiquer qu’un championnat et trois Coupes de la ligue ? Éric Di Meco prend donc son élan et tacle sur RMC : « Labrune piétine l’histoire du club. » Quand on regarde le palmarès de l’OM, le Roc et le P’tit vélo passerait donc (pour ne citer que lui) avant le coup de boule de Boli ? Alors comment expliquer ce retrait du 21 et du 28 ? « Ils sont simplement des exemples, tente d’expliquer Paul Dietschy, historien du football. Valbuena est un homme qui reflète bien les valeurs du club. Il s’est battu malgré sa petite taille. Il est allé jusqu’en équipe de France. C’est énorme. C’est bien de lui rendre hommage après 8 ans à l’OM. » Oui, mais : « Il n’a pas l’aura de Francescoli ni les stats de Papin. »

Manœuvre commerciale ?

La seule explication possible, c’est donc le coup marketing. Nul ne l’ignore, le football est un commerce. L’équipe marketing du Stade rennais explique la manœuvre : « Financièrement parlant, on ne gagne rien à retirer le numéro d’un joueur. C’est au niveau de l’image que cela compte. » L’OM se (re)crée une histoire et les supporters ont besoin de sentir qu’ils en font partie : « C’est une grande marque de respect pour le joueur lorsqu’un club prend la décision de ne plus attribuer un numéro. Le joueur devient une icône pour ce qu’il a réalisé au sein du club, pour ce qu’il a donné à ses couleurs. » Respect, histoire et vente de maillots donc. Paul Dietschy : « En plus, ça permettra de faire des maillots vintage dans 10 ans… Même si on ne comprendra pas pourquoi le numéro 28 et qu’on se demandera à quel poste jouait Valbuena. »

Les mauvais numéros

Voilà aussi pourquoi il faut relativiser, le 28 de Valbuena, ce n’est pas non plus le 10 de Maradona : « C’est juste le reflet du football actuel. Avant, on ne pouvait pas le faire parce que les numéros étaient limités de 1 à 11. Ce n’est qu’à partir des années 90 que la pratique est devenue possible. La limitation a sauté et le numéro est devenu le symbole de l’individualité. Il n’y a plus de poste, on ne dit plus d’un attaquant droit que c’est un bon 7. Il n’y a plus que des joueurs qui choisissent leur numéro. » À écouter Paul Dietschy, on en ferait donc un peu trop sur ces numéros : « Franchement, qui voudra du numéro 28 ? À part un natif de l’Eure-et-Loir, je ne vois pas. »

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Par Ugo Bocchi

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